LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2209479

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2209479

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2209479
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9è ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantBAUTES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I/ Par une requête n°2209559, enregistrée le 14 novembre 2022 et un mémoire enregistré le 28 mars 2024 M. C A, représenté par Me Bautes, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 25 mai 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge la somme totale de 8 871,59 euros correspondant à un indu d'allocation de logement social et à un indu de revenu de solidarité active constituée sur la période du 1er juin 2020 au 31 décembre 2021 ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Bouches-du-Rhône a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 25 mai 2022 ;

3°) à titre principal, de lui accorder une décharge totale de sa dette ou, à titre subsidiaire, de lui accorder une décharge partielle de sa dette ;

4°) de lui accorder une remise de sa dette ;

5°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les décisions sont entachées d'un défaut de motivation ;

- les aides financières versées par ses parents entrent dans le cadre des aides et secours financiers du 14° de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles ;

- il est dans une situation précaire ;

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 décembre 2022.

Le département des Bouches-du-Rhône a produit l'entier dossier en vertu de l'article R. 772-8 du code de justice administrative, le 29 mars 2024.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2024, le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Par une note en délibérée enregistrée le 10 avril 2024 et qui n'a pas été communiquée, M. A indique qu'il est recevable à solliciter une remise partielle de sa dette dès lors qu'il a au préalable effectué une demande en ce sens auprès de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône les 10 octobre 2022 et 27 juillet 2023.

II/ Par une requête n°2209479, enregistrée le 14 novembre 2022 et des mémoires enregistrés le 10 octobre 2023 et le 28 mars 2024, M. C A, représenté par Me Bautes, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 25 mai 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge la somme totale de 8 871,59 euros correspondant à un indu d'allocation de logement social et à un indu de revenu de solidarité active constituée sur la période du 1er juin 2020 au 31 décembre 2021 ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 25 mai 2022 ;

3°) de lui accorder à titre principal, la décharge totale de sa dette et de lui accorder à titre subsidiaire, une décharge partielle de sa dette ;

4°) de lui accorder une remise de sa dette ;

5°) de condamner la caisse d'allocations familiales à lui verser la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions sont insuffisamment motivées de sorte qu'il n'a pas été en mesure de comprendre l'indu mis à sa charge ;

- la décision implicite est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation ;

- en rejetant son recours, le département des Bouches-du-Rhône a commis une erreur de droit ;

- les aides financières versées par ses parents entrent dans le cadre des aides et secours financiers du 14° de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles ;

- il est de bonne foi et ignorait qu'il était tenu de déclarer les aides versées par ses parents ;

- sa situation précaire ne lui permet pas de rembourser sa dette.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 décembre 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 avril 2024, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Par une note en délibérée enregistrée le 10 avril 2024 et qui n'a pas été communiquée, M. A indique qu'il est recevable à solliciter une remise partielle de sa dette dès lors qu'il a au préalable effectué une demande en ce sens auprès de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône les 10 octobre 2022 et 27 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'action sociale et des familles ;

-le code des relations entre le public et l'administration ;

-le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Fédi, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fédi, rapporteur ;

- les observations de Me Jacquot, représentant M. A, et substituant Me Bautes, et les observations de Mme B, représentant le département des Bouches-du-Rhône.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est bénéficiaire du revenu de solidarité active dans le département des Bouches-du-Rhône. A la suite d'un contrôle effectué le 23 mai 2022, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a, par une décision du 25 mai 2022, mis à la charge de M. A la somme totale de 8 871,59 euros correspondant à un indu d'allocation de logement social et de revenu de solidarité active constitués sur la période du 1er juin 2020 au 31 décembre 2021. M. A a formé le 12 juillet 2022, contre cette décision, deux recours administratifs préalables obligatoires auprès du département des Bouches-du-Rhône et de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, sur lesquelles sont nées deux décisions implicites de rejet.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n° 2209559 et 2209479 présentées par M. A présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur les conclusions présentées à l'encontre de la décision implicite du département des Bouches-du-Rhône :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de remise de dette :

3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ()La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

4. M. A n'ayant pas, à l'occasion de son recours administratif préalable obligatoire présenté le 12 juillet 2022, sollicité de remise de sa dette, il n'est donc pas recevable à solliciter devant le tribunal qu'elle lui soit accordée. Ainsi, et comme le soutient à bon droit en défense le département des Bouches-du-Rhône, les conclusions tendant à ce que lui soit accordée une remise de sa dette sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles.

En ce qui concerne l'étendue du litige :

5. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité. Toutefois, lorsqu'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant lui qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant justifie avoir exercé ce recours, le juge administratif doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.

6. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 25 mai 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à la charge de M. A un indu de revenu de solidarité active, doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la décision implicite de rejet née du silence gardé par la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône à la suite du recours administratif préalable obligatoire formé par l'intéressé le 12 juillet 2022.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :

7. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Enfin, aux termes de l'article 5 de la loi du 11 juillet 1979 codifié depuis le 1er janvier 2016 à l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans des cas où une décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais de recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve entachée d'illégalité.

8. Il ne résulte pas de l'instruction que M. A aurait sollicité auprès du département des Bouches-du-Rhône la communication des motifs de la décision implicite rejetant le recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 25 mai 2022 mettant à sa charge un indu d'allocation de logement social et de revenu de solidarité active. Par suite, le requérant n'est par conséquent pas fondé à soutenir que la décision implicite serait entachée d'un défaut de motivation.

9. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. "

10. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

11. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active contesté a pour origine la révision des droits de M. A suite à un contrôle effectué le 23 mai 2022. Le rapport d'enquête, établi le jour même par un agent assermenté et qui fait foi en l'absence de preuve contraire, indique qu'entre le mois d'août 2015 et février 2022, le loyer du requérant était payé par ses parents à hauteur de 750 euros par mois et qu'il percevait également de leur part une pension alimentaire. Il ressort du même rapport d'enquête que l'intéressé a perçu au total une pension alimentaire de 5 947 euros en 2019 et de 5 959 euros en 2020, soit une moyenne de 495 euros par mois. En outre, le rapport d'enquête précise que l'intéressé n'a jamais déclaré à la caisse d'allocations familiales la prise en charge de son loyer par ses parents durant cette période. Dans ces circonstances, eu égard au caractère des aides perçues, à leur montant, à leur régularité et à la durée de l'omission, M. A, ne pouvait légitimement ignorer qu'il était tenu déclarer l'ensemble de ces aides au titre des ressources lors de ses déclarations trimestrielles. Par suite, l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. A doit être regardé comme fondé.

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge :

12. Eu égard à ce qui a été dit au point 11, l'omission de déclaration de M. A de la pension alimentaire versée par ses parents et de la prise en charge par eux de son loyer entre août 2015 et février 2022, caractérise une fraude faisant ainsi obstacle à une quelconque décharge de sa dette. Il s'ensuit que les conclusions à fin de décharge présentées par la requête de M. A doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

13. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône une quelconque somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions présentées contre la décision implicite de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de remise de dette :

14. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ()La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

15. M. A n'ayant pas, à l'occasion de son recours administratif préalable obligatoire présenté le 12 juillet 2022, sollicité de remise de sa dette, il n'est donc pas recevable à solliciter devant le tribunal qu'elle lui soit accordée. Ainsi, et comme le soutient à bon droit en défense le département des Bouches-du-Rhône, les conclusions tendant à ce que lui soit accordée une remise de sa dette sont irrecevables et doivent être rejetées comme telles.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :

16. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". Enfin, aux termes de l'article 5 de la loi du 11 juillet 1979 codifié depuis le 1er janvier 2016 à l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans des cas où une décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais de recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve entachée d'illégalité.

17. Il résulte de l'instruction, que par un courrier du 10 octobre 2022, adressé à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, M. A a sollicité la communication des motifs juridiques sur le fondement desquels il lui est demandé le remboursement des indus d'allocation de logement social et de revenu de solidarité active. La caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a alors répondu à l'intéressé, par un courrier du 26 décembre 2022, en lui indiquant que son dossier est en cours d'examen auprès de la commission des fraudes. Cependant, en dépit de la demande formulée en ce sens, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône n'a pas communiqué au requérant les motifs de la décision implicite née à la suite du recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé. Ainsi, et comme le soutient M. A, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a entaché sa décision implicite d'un défaut de motivation et ce, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ces conditions et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, la décision implicite en litige émanant de la caisse d'allocations familiales doit être annulée.

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge :

18. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 17, le présent jugement implique seulement à ce qu'il enjoint à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement.

En ce qui concerne les frais du litige :

19. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les conditions de l'espèce, et sous réserve que Me Bautes, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône le versement de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La requête n°2209559 de M. A est rejetée.

Article 2 : La décision implicite, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 25 mai 2022, est annulée.

Article 3 : Il y a lieu d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. A, eu égard au motif retenu au point 17, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : La caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône versera à Me Bautes la somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bautes renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête n°2209479 est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au département des Bouches-du-Rhône et à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

G. Fédi

Le greffier,

Signé

D. Griziot

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

N° 2209559, 2209479

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions