mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2209504 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | IBANEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2022, M. B A et Mme C A, représentés par Me Caviglioli, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le permis de construire tacite par lequel le maire de Marseille a autorisé la SNC Cogédim à construire un immeuble de 26 logements sur une parcelle cadastrée A n°42 située traverse Le Mée ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux du 19 juillet 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- le certificat de permis tacite est illégal en ce qu'il comporte des prescriptions ;
- la demande d'autorisation est incomplète en ce qu'elle ne comporte ni l'étude géotechnique ni la destination de la construction ;
- le projet méconnait l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme ;
- il ne respecte pas l'article DG 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;
- il ne respecte par l'article UC 4 du règlement du PLUi ;
- il ne respecte pas l'article UC 7 du même règlement ;
- il ne respecte par l'article UC 11 du même règlement ;
- il ne respecte par l'article UC 12 du même règlement ;
- il ne respecte pas l'article UC 13 du même règlement ;
- il ne respecte pas l'OAP QAFU.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2023, la SNC Cogédim Provence, représentée par Me Ibanez, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et, en toutes hypothèses, demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir,
- la requête est tardive,
- la décision contestée n'est pas produite,
- les moyens invoqués par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2024, la commune de Marseille conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et à titre subsidiaire à son rejet.
Elle fait valoir que :
- la décision attaquée n'est pas produite ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 mars 2024, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 13 mars 2022, la SNC Cogedim Provence a tacitement obtenu un permis de construire un immeuble de 26 logements sur une parcelle cadastrée A n°42 située traverse Le Mée à Marseille. Le 23 mai 2022, le maire de Marseille lui a délivré un certificat de permis tacite. Le 19 juillet 2022, les époux A ont déposé auprès du maire un recours gracieux qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par la présente requête, ils demandent l'annulation du permis de construite tacite.
Sur les fins de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".
3. Il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.
4. M. et Mme A, voisins immédiats du terrain d'assiette de l'opération litigieuse, font valoir de manière pertinente des troubles obérant la jouissance de leur bien du fait du projet prévu, qui va notamment générer une perte d'ensoleillement et d'intimité avec l'abattage de deux arbres. Dans ces conditions, ils justifient d'un intérêt à agir à l'encontre de la décision contestée. Par conséquent, la fin de non-recevoir opposant le défaut d'intérêt à agir doit être rejetée.
5. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée, ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant du dépôt de la réclamation. Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie ".
6. Les conclusions présentées par M. et Mme A comportent des erreurs de plume quant à l'acte attaqué et l'auteur de cet acte. Toutefois, au regard des pièces versées au dossier et du rappel des faits mentionnés dans les écritures des requérants qui sont concordants, ces derniers doivent être regardés comme demandant l'annulation du permis de construire tacite né le 13 mars 2022 qui a donné lieu au certificat d'attestation du 23 mai 2022 produit au dossier.
7. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre [] d'un permis de construire [] court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. Le délai dans lequel un demandeur doit introduire un recours contentieux peut être prorogé par un recours administratif formé dans ce délai.
8. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, le pétitionnaire a procédé, à compter du 25 mai 2022, à l'affichage du permis attaqué. Les requérants ont adressé au maire un recours gracieux reçu le 19 juillet 2022, soit dans le délai de deux mois prévu par l'article R. 600-2 précité du code de l'urbanisme. D'autre part, les requérants ont déposé leur recours contentieux au tribunal le 15 novembre 2022, soit dans le délai de deux mois à compter de la décision implicite de rejet dudit recours gracieux. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
9. En premier lieu, aux termes de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme : " En cas de permis tacite ou de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants droit. Ce certificat mentionne la date d'affichage en mairie ou la date de publication par voie électronique de l'avis de dépôt prévu à l'article R. * 423-6. En cas de permis tacite, ce certificat indique la date à laquelle le dossier a été transmis au préfet ou à son délégué dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales. ".
10. Il ressort de la lecture du certificat de permis de construire tacite que le maire a rappelé des informations à caractères techniques et des obligations à caractère légal qui ne peuvent être regardées comme des prescriptions et n'ont pas à être motivées.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-5 e) du code de l'urbanisme : " la demande de permis de construire précise : [] e) La destination des constructions, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R 151-27 et R 151-28 ". Aux termes de l'article 12 n°2015-1783 du 28 décembre 2015 relatif à la partie règlementaire du livre 1er du code de l'urbanisme et à la modernisation du contenu du PLU : " Les dispositions des articles R. 123-1 à R. 123-14 du code de l'urbanisme dans leur rédaction en vigueur au 31 décembre 2015 restent applicables aux plans locaux d'urbanisme dont l'élaboration, la révision, la modification ou la mise en compatibilité a été engagée avant le 1er janvier 2016. () Les dispositions des articles R. 151-1 à R. 151-55 du code de l'urbanisme dans leur rédaction en vigueur à compter du 1er janvier 2016 sont applicables aux plans locaux d'urbanisme qui font l'objet d'une procédure d'élaboration ou de révision sur le fondement de l'article L. 153-31 lorsque cette procédure a été prescrite après le 1er janvier 2016. ".
12. La circonstance que le formulaire Cerfa du dossier de demande ferait apparaitre l'ancienne liste des destinations et sous destinations et non celle entrée en vigueur en 2015 est sans incidence sur la régularité de la demande qui indique que le projet est destiné à l'habitation et plus précisément au logement, destination au demeurant non modifiées par l'article R. 151-28 du code de l'urbanisme. Le moyen doit être écarté.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ;(..) ".
14. Il ne résulte pas de ses prescriptions réglementaires du plan de prévention des risques approuvé le 27 juin 2012 que le terrain, situé en zone B3 " faible à moyennement exposée ", qu'une étude géotechnique serait obligatoire dès lors que ce document se borne à " recommander " cette étude. En tout état de cause, une pièce PC13 " attestation de respect des règles du PPRN " est jointe au dossier de demande d'autorisation. Par suite, le moyen ne saurait être accueilli.
15. En quatrième lieu, Aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés. Lorsqu'un projet fait l'objet d'une déclaration préalable, l'autorité compétente doit s'opposer à sa réalisation lorsque les conditions mentionnées au premier alinéa ne sont pas réunies. Les deux premiers alinéas s'appliquent aux demandes d'autorisation concernant les terrains aménagés pour permettre l'installation de résidences démontables constituant l'habitat permanent de leurs utilisateurs. Un décret en Conseil d'Etat définit pour ces projets les conditions dans lesquelles le demandeur s'engage, dans le dossier de demande d'autorisation, sur le respect des conditions d'hygiène et de sécurité ainsi que les conditions de satisfaction des besoins en eau, assainissement et électricité des habitants, le cas échéant, fixées par le plan local d'urbanisme. ".
16. Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'un permis de construire doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.
17. En l'espèce, il ressort des avis d'Enedis du 19 novembre 2021, que le terrain nécessite une extension de 260 m en dehors du terrain d'assiette de l'opération sur le domaine public et précise que le délai des travaux est de 4 à 6mois après accord de la CCU et du client. Dans ces conditions, la commune doit être regardée comme ayant donné un accord tacite à la prise en charge financière de l'extension de réseau induite par le projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article DG6.1 du règlement du PLUi : " Les autorisations d'occupation du sol concernant les terrains* riverains des voies inondables figurées sur le règlement graphique du PLUi peuvent faire l'objet de prescriptions spéciales de la part des services compétents ; en particulier, il peut être imposé un rehaussement des accès piétons et véhicules ". Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
19. Afin de tenir compte de l'avis de la direction de l'eau, de l'assainissement et du pluvial du 22 avril 2022 qui a indiqué que la traverse le Mée ainsi que la traverse Floralia sont des voies inondables, le pétitionnaire a prévu la création d'un batardeau à l'entrée de la rampe d'accès du futur bâtiment, ce qui est suffisant au regard dudit avis qui ne propose la création d'un seuil que comme une alternative au batardeau. En outre, l'insuffisance du système envisagé de batardeau n'est pas sérieusement contestée par les requérants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
20. En sixième lieu, aux termes de l'article UC4 du PLUi : " En l'absence de polygone constructible sur le règlement graphique, l'emprise au sol au sens du présent PLUi* de la totalité des constructions est inférieure ou égale à : ' en UCt1, 20 % de la surface du terrain* ; ' dans les autres zones, 30 % de la surface du terrain*. ".
21. La rampe d'accès du parking situé sous l'immeuble est située sous le niveau du sol et de ce fait, n'est pas comptabilisée dans le calcul de l'emprise au sol. Par suite, le moyen tiré du caractère erroné des calcul d'emprise au sol doit être écarté.
22. En septième lieu, aux termes de l'article UC7 du Plui : " La distance (d) mesurée horizontalement entre tout point d'une construction et le point le plus proche d'une limite séparative* est supérieure ou égale à la moitié de la différence d'altitude (DA) entre ces deux points sans être inférieure à 3 mètres (). "
23. Il n'est pas établi que l'implantation en R+5 du projet méconnaitrait les dispositions précitées qui autorisent un recul de 7, 15 m en bas du garde-corps et de 7, 52 m en haut de celui-ci. Par suite, le moyen doit être écarté.
24. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut ne pas imposer la réalisation d'aires de stationnement lors de la construction : / 1° De logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat ; / () ". Aux termes de l'article UC 11a) du règlement de la zone, il est exigé la réalisation : - " Pour les résidents : Minimum : 1 place par tranche de 40 m² de surface de plancher créées, sans être inférieur à 1 place par logement créé. Toutefois, pour les résidents, il n'est pas exigé plus de 2 places par logement créé () " ; - " Pour les visiteurs : Minimum : 1 place pour 3 logements créés lorsque la totalité des constructions dépasse 200 m² de surface de plancher créées ou en cas d'opération d'ensemble* ()". Aux termes de l'article 3.6 des dispositions générales du Plui " les articles 11a des règlements de chaque zone ne s'appliquent pas pour les constructions destinées à des logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'État. ". Pour ces logements bénéficiant d'un prêt aidé, ce même article impose en dehors de la zone de desserte où se trouve le projet 1 place par logement créé et 1 place pour deux-roues pour 6 voitures exigées.
25. Il ressort du formulaire Cerfa que le projet prévoit la construction de 26 logements dont 7 seulement font l'objet de prêts aidés de la part de l'Etat. En vertu des règles précitées, le projet devait ainsi prévoir 32 places de stationnement correspondant aux 19 logements comprenant une surface de plancher de 1 266 m² et 7 place de stationnement correspondant aux logements bénéficiant d'un prêt aidé. Le projet ne prévoyant que 26 places de stationnement, il ne respecte pas les dispositions précitées. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit ainsi être accueilli.
26. En neuvième lieu, aux termes de l'article UC12 a), du Plui " Pour accueillir une construction nouvelle, un terrain* doit être desservi par une emprise publique* ou une voie*, existante [] dont les caractéristiques permettent de satisfaire aux besoins des constructions et aménagements et aux exigences de sécurité routière, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des ordures ménagères ". Aux termes de l'article UC12 e) du même règlement " Les accès* :' sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ;' présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; ' prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic); ' permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès ". L'OAP multi site " QAFU " indique que " Pour pouvoir accueillir des constructions, le terrain* doit être desservi par [] une voie* [] d'une largeur de chaussée supérieure à 5 mètres pour les voiries à double sens ". Enfin, aux termes de l'article R. 111-2 : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
27. S'il est vrai que la traverse Le Mée dessert un nombre significatif d'habitations et est étroite dans sa deuxième portion, il ressort des extraits géo portail accessibles par internet que la voie s'élargit à plus de 4 m au droit de l'accès de l'immeuble à construire et que les véhicules n'ont pas à se déporter sur la voie de circulation inverse pour entrer dans le terrain d'assiette. Par suite, le moyen doit être écarté.
28. En dixième lieu, aux termes de l'article UC13g) " L'infiltration doit être la technique à privilégier pour la vidange du volume de rétention si elle est techniquement réalisable. ".
29. Si le projet ne prévoit pas un mécanisme d'infiltration des eaux de pluie sur la parcelle mais un bassin de rétention, il est toutefois précisé que les techniques d'infiltration ne sont pas obligatoires mais seulement recommandées et que l'avis de la direction de l'eau, de l'assainissement et du pluvial du 26 avril 2020 indique que le système de bassin d'infiltration prévu est conforme au PLUI et que l'étude de perméabilité devra être réalisée avant le début des travaux. Par suite, le requérant ne contestant pas par ailleurs la capacité du réseau des eaux de pluie, le moyen doit être écarté.
30. En dernier lieu, l'OAP QAFU indique que " définir les implantations et hauteurs façades* des constructions de façon à insérer le projet dans son environnement urbain et paysager (préservation de composantes végétales, épanelages en articulation avec le voisinage, etc.) "
31. Il ressort des plans photographiques joints au projet qu'un immeuble en R+5 ne porte pas atteinte ni par sa hauteur ni par son volume à son environnement proche composé de maisons individuelles et d'immeubles de différentes hauteurs assurant ainsi des transitions. Les façades de l'immeuble présentent des retraits suffisants de 2 mètres sans que l'OAP ne soit méconnues et il ressort des notices complémentaires au dossier que les deux micocouliers ne seront pas abattus. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet serait compatible avec l'OAP ne peut qu'être écarté.
32. Il résulte de tout ce qui précède que le permis de construire délivré doit être annulé en tant qu'il méconnait l'article UC 11a) du règlement du PLUi.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
33. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".
34. En l'espèce, la méconnaissance de l'article UC 11 du règlement du PLUi relatif au nombre de places de stationnement permet la réalisation du projet, sous réserve de sa régularisation, dès lors que l'illégalité constatée affecte une partie identifiable de celui-ci. En conséquence, il peut être fait application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme.
Sur les frais liés au litige :
35. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme A, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par la SNC Cogedim sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la SNC Cogédim une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme A sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Le permis de construire tacitement délivré le 13 mars 2022 est annulé en tant qu'il prévoit 26 places de stationnement seulement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La SNC Cogédim versera à M. et Mme A une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et Mme C A, à la SNC Cogédim et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Houvet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
F. FOURRIER
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026