mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2209767 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BARTOLOMEI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 novembre 2022 et 13 avril 2023, M. A B, représenté par Me Bartolomei, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a expulsé du territoire ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 15 novembre 2022 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé d'abroger cet arrêté et enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône d'abroger cet arrêté ;
3°) à titre encore subsidiaire, d'annuler la décision du 15 novembre 2022 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de l'assigner à résidence et d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de l'assigner à résidence ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure au terme de laquelle la décision a été prise est irrégulière dès lors que ses observations devant la commission d'expulsion n'ont pas été enregistrées et n'ont pas été transmises au préfet, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 632-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision de refus d'assignation à résidence n'est pas motivée ;
- il ne représente pas une menace grave pour l'ordre public dès lors que les faits pour lesquels il a été condamné sont de nature économique ;
- il ne représente pas une menace actuelle pour l'ordre public au regard de ses efforts sérieux de réinsertion et du bénéfice d'une mesure de semi-liberté ;
- la décision est privée de base légale et entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il est le père d'un enfant français et qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'expulsion fondée sur les dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'elle entrainera une séparation avec son enfant français et mettra fin à sa relation avec une ressortissante française ;
- la décision méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant ;
- la décision de refus d'assignation à résidence est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 janvier et 18 avril 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône sollicite le rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gonneau, président-rapporteur
- les conclusions de Mme Simeray, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bartolomei pour M. B.
Une note en délibéré, présentée par M. B, a été enregistrée le 13 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 septembre 2022 le préfet des Bouches-du-Rhône a expulsé du territoire M. B sur le fondement de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dès lors qu'il constituerait une menace grave pour l'ordre public au motif qu'il s'était rendu coupable en 2016, 2018, 2019 et 2021 de faits de contrebande de tabac. M. B demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 631-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion que si elle constitue une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'Etat ou la sécurité publique et sous réserve que l'article L. 631-3 n'y fasse pas obstacle : 1° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins un an () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est le père d'un enfant français né le 1er septembre 2016. S'il peut être regardé comme justifiant sa contribution à l'entretien et à l'éducation de cet enfant depuis sa naissance jusqu'en 2019, il n'en justifie plus ensuite, ce jusqu'à la date de la décision attaquée. Par suite M. B n'entrait pas dans la catégorie visée par les dispositions précitées.
4. Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".
5. Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure d'expulsion et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace grave pour l'ordre public. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une telle menace pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
6. Si M. B s'est rendu coupable de contrebande et de revente irrégulière de tabac et a été condamné à trois reprises pour ces faits, et a été aussi reconnu coupable de rébellion et de menaces de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique en 2016, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il a été admis au bénéfice de la semi-liberté par un jugement du 22 juin 2022 au regard de sa volonté et des efforts et garanties de réinsertion montrés, tant d'un point de vue familial que professionnel. Le rapport du service pénitentiaire d'insertion et de probation du 17 août 2022 confirme les efforts d'insertion constatés et le souci de la part de M. B de respecter le cadre et les obligations de la mesure de semi-liberté. À la date de la décision attaquée M. B travaillait à temps plein et avait entamé les démarches judiciaires relatives à la garde et à l'entretien de son enfant français. Ainsi, en se fondant sur les seules infractions pénales commises par M. B, et en alléguant, dans son mémoire en défense, qu'une récidive serait fort probable, en contradiction avec les constatations du service pénitentiaire d'insertion et de probation et les motifs adoptés par le juge de l'application des peines du tribunal judiciaire de Marseille, le préfet des Bouches-du-Rhône ne justifie pas que M. B représentait, à la date de la décision en litige, une menace grave pour l'ordre public. Par suite l'arrêté du 30 septembre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a expulsé du territoire M. B doit être annulé, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 30 septembre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a expulsé du territoire M. B est annulé.
Article 2 : L'État versera à une somme de 1 200 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mis à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
Le président - rapporteur,
Signé
P-Y. GonneauL'assesseure la plus ancienne,
Signé
É. Fabre
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026