lundi 16 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2210270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BATAILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 décembre 2022, M. A B, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours en fixant le pays de sa destination.
Il soutient que :
- il est objecteur de conscience ;
- retourner en Turquie n'est pas une option en raison du danger qu'il court pour sa vie et pour sa sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, le préfet des
Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par décision du 20 septembre 2022, la présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Bataillé, avocat, représentant M. B, présent et assisté de Mme C interprète en langue kurde kurmanji, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient que le requérant vient d'apprendre de son père qu'il fait l'objet d'un mandat d'arrêt dans son pays et risque une peine d'emprisonnement s'il rentre en Turquie ; qu'il a tous ses oncles paternels et maternels en France et que l'arrêté est contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
M. B a produit des pièces, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc, né le 10 septembre 2001 à Mus, serait entré en France le 25 juin 2021, selon ses déclarations, dans des circonstances indéterminées. Par une décision du 15 septembre 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile. La Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours tendant à l'annulation de cette décision, le 17 août 2022. M. B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.
2. Aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "
3. M. B fait valoir qu'il a refusé d'effectuer son service militaire en Turquie en raison de ses opinions politiques, de son refus de porter une arme, de servir un Etat qui coopère avec l'Etat islamique et parce que beaucoup de ses amis ont été torturés pendant leur service militaire. Le requérant soutient que, soupçonné par le gouvernement turc d'appartenir au parti PKK, il encourt des risques de persécutions dans son pays d'origine. M. B produit, postérieurement à la clôture d'instruction, une convocation du 21 mai 2021 à se rendre dans un bureau militaire, un acte d'accusation du 16 mars 2022 pour des faits de désertion, un jugement du tribunal de simple police de Varto, daté du 13 septembre 2022, faisant droit à la demande de perquisition du Procureur général de la République du parquet de Varto ainsi qu'un mandat d'arrêt prononcé à son encontre le 27 septembre 2022 pour des faits de propagande au profit d'une organisation terroriste. Toutefois, d'une part, M. B ne précise pas comment son père, qui lui aurait transmis ce document peu de temps avant l'audience, aurait obtenu ce document, qui n'avait pas vocation à être communiqué à l'intéressé mais est uniquement destiné au parquet du Procureur général de la République de Varto, ce qui est de nature à créer un doute quant à son authenticité. D'autre part, s'il est constant que le jugement autorisant la perquisition et le mandat d'arrêt, postérieurs au rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile, n'ont pas pu être présentés dans le cadre de sa demande initiale, ils ne mentionnent ni les peines que les autorités poursuivantes pourrait requérir à l'encontre du requérant ni même celles susceptibles d'être prononcées sur le fondement du droit pénal turc. En outre, le requérant n'apporte aucun élément relatif aux suites que les autorités judiciaires turques pourraient donner à cet acte d'accusation. Par suite, ces documents ne sont pas suffisants pour considérer que M. B serait personnellement exposé à des risques en cas de retour dans son pays d'origine à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
4. La circonstance que les oncles paternels et maternels du requérant résident en France, ce qui au demeurant n'est pas établi par ce dernier, est sans incidence sur l'arrêté attaqué, à l'encontre duquel n'a été soulevé aucun moyen tiré de la méconnaissance du droit au respect de la vie privée et familiale de M. B.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2022 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des
Bouches-du-Rhône.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 16 janvier 2023.
La magistrate désignée,
Signé
G. DLe greffier,
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026