mercredi 26 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2210502 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CARLINI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 décembre 2022, M. C H, représenté par Me Maury, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les conditions dans lesquelles il a été pris en charge à compter du 9 juillet 2013 au centre hospitalier d'Arles pour des difficultés respiratoires et une douleur dorsale avec irradiation de l'épaule droite.
Il soutient que, suite à son hospitalisation au centre hospitalier d'Arles, une thrombose lui a été diagnostiquée, nécessitant une prise en charge à la clinique de Marignane et à l'AP-HM pour une thrombose veineuse et une embolie pulmonaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 janvier 2013, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes Alpes, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise et informe que M. H a été pris en charge au titre du risque maladie.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2023, le centre hospitalier Joseph Imbert d'Arles, représenté par Me Carlini, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise, sous ses plus expresses protestations et réserves de responsabilité et demande au juge des référés :
1°) de compléter la mission de l'expert ;
2°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre de tout sapiteur de son choix ;
3°) d'ordonner le dépôt d'un pré-rapport ;
4°) de mettre à la charge de M. H les frais d'expertise ;
5°) de rejeter tout autre demande ;
6°) de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2023, l'AP-HM, intervenante volontaire, et le docteur I D, représentée par Me Deguitre, déclarent ne pas s'opposer à la demande d'expertise, sous leur plus expresses protestations et réserves et demandent au juge des référés :
1°) de mettre hors de cause le docteur I D ;
2°) d'admettre l'intervention volontaire de l'AP-HM ;
3°) de compléter la mission d'expertise ;
4°) de réserver les dépens.
Ils soutiennent que le docteur I D doit être mise hors de de cause puisque M. H n'invoque pas une faute détachable du service.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2023, la clinique générale de Marignane, représentée Zandotti, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise, sous ses plus expresses protestations et réserves de responsabilité et demande au juge des référés :
1°) d'ordonner que l'expert pourra s'adjoindre de tout spécialiste de son choix ;
2°) de rejeter tout autre demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme E, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'expertise :
1.Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2.Il résulte de l'instruction que l'expertise sollicitée par M. H porte sur les conditions dans lesquelles il a été pris en charge à compter du 9 juillet 2013 au centre hospitalier d'Arles pour une douleur dorsale avec irradiation de l'épaule droite. La demande d'expertise sollicitée par M. H, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
3. Par ailleurs, il y a lieu de déclarer, pour une bonne administration de la justice, l'expertise contradictoire à la clinique de Marignane et au docteur F, quand bien même les litiges opposant des patients à cet établissement et à ce praticien relèvent du droit privé et de la compétence exclusive du juge judiciaire.
Sur la mise hors de cause du docteur I D et l'intervention volontaire de l'APHM :
4.Le centre hospitalier d'Arles demande que le docteur I D, praticien hospitalier qui l'a pris en charge à l'APHM, soit mis en cause. Toutefois, les fautes commises par les agents publics dans l'exercice de leurs fonctions peuvent constituer des fautes de service de nature à engager la responsabilité de l'administration et, dans cette mesure, la juridiction administrative est compétente pour apprécier la gravité de telles fautes et condamner la puissance publique. Par suite, dans la mesure ou aucune faute détachable du service n'est invoquée à l'encontre du docteur D, il n'est pas utile de la mettre en cause personnellement dans les opérations d'expertise. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions du centre hospitalier d'Arles en tant qu'elles sont dirigées contre le docteur D . Ces circonstances ne font cependant pas obstacle à ce que l'expert l'entende, s'il l'estime utile, à titre de sachant.
5. En outre, il y a lieu de faire droit à la demande d'intervention volontaire de l'AP-HM.
Sur le pré-rapport :
6. Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de la mesure qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du caractère contradictoire de la procédure. L'établissement d'un pré-rapport ne constitue qu'une modalité opérationnelle de l'expertise. Il appartient donc à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Les conclusions du centre hospitalier Joseph Imbert Arles, tendant à ce que l'expert dépose un pré-rapport, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur le concours d'un sapiteur :
7. Il ressort des dispositions de l'article R. 621-2 alinéa 2 du code de justice administrative qu'il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité de faire appel à un sapiteur et que l'autorisation d'y recourir est subordonnée à l'autorisation du président du tribunal. Par suite, les conclusions du centre hospitalier Joseph Imbert Arles et la clinique générale de Marignane tendant à ce que le juge des référés dise que l'expert devra se faire assister d'un spécialiste de son choix ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'expertise :
8. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par le centre hospitalier Joseph Imbert Arles, relatives aux dépens, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur I D est mise hors de cause.
Article 2 : L'intervention volontaire de l'AP-HM est admise.
Article 3 : Le docteur B G, exerçant au CHU Caremeau, service Pneumologie, 30000 Nîmes, est désigné, pour procéder, en présence des parties à l'instance, à une expertise médicale avec la mission suivante :
1°) examiner M. H et se faire communiquer son entier dossier médical et plus généralement tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
2°) procéder à l'examen médical de M. H, décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur à son admission à compter du 9 juillet 2013 au centre hospitalier d'Arles pour des difficultés respiratoires et une douleur dorsale avec irradiation de l'épaule droite, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien avec les soins dispensés ;
3°) décrire les conditions dans lesquelles M. H a été pris en charge dans les services du centre hospitalier d'Arles , à compter du 9 juillet 2013 ; et préciser, notamment, les examens pratiqués, le traitement entrepris et les soins reçus ; rechercher si les traitements administrés étaient adaptés à l'état du patient ;
4°) Distinguer expressément les soins apportés au sein du centre hospitalier d'Arles de ceux apportés par d'autres intervenants et préciser les conséquences respectives de ces soins ;
5°) rechercher si M. H a bénéficié d'une information suffisante, si les soins prodigués ont été attentifs, diligents, conformes aux données acquises de la science médicale et, dans la négative, analyser de façon détaillée et motivée la nature des fautes médicales, de soins, dans l'organisation ou le fonctionnement du service, erreurs, imprudences, manquements aux précautions nécessaires, négligences, maladresses ou autres défaillances afin d'éclairer le tribunal sur l'engagement, éventuel, de la responsabilité du centre hospitalier d'Arles, en les distinguant des fautes éventuellement commises par d'autres intervenants ; enfin, le cas échéant, en cas d'erreur de diagnostic imputable au centre hospitalier d'Arles, dire si le retard a été à l'origine des préjudices subis et si oui dans quel pourcentage ;
6°) dans l'hypothèse où des manquements du centre hospitalier d'Arles seraient relevés, indiquer précisément les séquelles en relation directe et exclusive avec chacun de ces manquements, déterminer, dans le cas où ces manquements ne seraient pas la cause directe des préjudices subis mais auraient fait perdre à M. H des chances de les éviter, l'importance de cette perte de chance, en pourcentage ; en cas de pluralité de causes, indiquer les conséquences de chacune et, le cas échéant, proposer au tribunal, un partage en termes de pourcentages ;
7°) en cas d'infection, préciser si les mesures d'asepsie ont été correctement respectées par le centre hospitalier d'Arles et dire si l'infection peut être qualifiée de nosocomiale et si elle pouvait être raisonnablement évitée ;
8°) préciser, la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total ;
9°) indiquer à quelle date l'état de M. H peut être considérée comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux, en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;
10°) indiquer le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de M. H, notamment, le cas échéant, sur le plan professionnel, l'importance des souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément et le préjudice sexuel, ainsi que tout autre élément de nature à permettre au tribunal de se prononcer sur les préjudices subis par M. H en distinguant la part imputable au manquement éventuellement constaté au centre hospitalier d'Arles de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie, eu égard, notamment aux antécédents médicaux de l'intéressée et à l'intervention d'autres praticiens ;
11°) en l'absence de responsabilité du centre hospitalier d'Arles, dire si les préjudices subis sont directement imputables à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins, si cet accident médical non fautif a entraîné des conséquences anormales à l'aune de la probabilité (à définir précisément en pourcentage) habituelle de réalisation de l'un des risques lié à l'intervention, de l'exposition particulière du patient en raison de son état de santé initial comme de son évolution prévisible, du caractère incontournable ou non de l'intervention, enfin évaluer précisément le niveau de gravité des séquelles présentées, en relation directe et exclusive avec un acte de prévention, de diagnostic ou de soins prodigués au centre hospitalier d'Arles ;
12°) dégager en les spécifiant tous les éléments de préjudices, notamment ceux propres à justifier une indemnisation; le cas échéant, donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par M. H notamment du fait de la cessation d'activité, qu'elle soit temporaire ou définitive ; s'il y a lieu, dire si malgré ses séquelles, M. H est au plan médical, physiquement et intellectuellement, apte à reprendre dans les conditions antérieures ou autres, l'activité exercée auparavant ; s'il y a lieu, évaluer le besoin d'assistance à une tierce personne et dans l'affirmative en définir les conditions, décrire les soins futurs et les aides compensatoires au handicap de la victime (dépenses de santé, logement adapté, frais divers, appareillage spécifique, véhicule adapté), en précisant la fréquence de leur renouvellement ;
13°) dire si l'état de M. H est susceptible de modifications en aggravation ou en amélioration, et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen lui apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;
14°) d'indiquer, dans sa conclusion, de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l'étendue des préjudices subis par la victime.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.
Article 6 : Le surplus des conclusions des du centre hospitalier Joseph Imbert D'alres, e t de la clinique générale de Marignane est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C H, au docteur I D, au centre hospitalier d'Arles, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes Alpes, au docteur A F, à la clinique Marignane et à l'assistance publique hôpitaux de Marseille et à l'expert, le docteur B G.
Fait à Marseille, le 26 avril 2023.
La juge des référés,
Signé
M. E
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026