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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2210611

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2210611

mardi 23 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2210611
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLEXCASE SOCIETE D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2022, la métropole Aix-Marseille-Provence, représenté par Me Foglia, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les désordres affectant le tunnel du Vieux-Port, plus précisément concernant le système de protection cathodique par courant imposé du tunnel ;

2°) de réserves les dépens.

Elle soutient qu'un phénomène corrosif est susceptible d'être observé au niveau du tunnel du Vieux-Port.

Par un mémoire enregistré le 6 janvier 2023, la société Eiffage génie civil, représentée par le cabinet d'avocats SCP de Angelis- Semidei- Vuillquez-Habart Melki-Bardon- de Angelis, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise sollicitée, sous ses plus expresses protestations et réserves et demande au juge des référés de mettre en cause la société Axa France Iard en qualité d'assureur de la société Corexco.

Par deux mémoires enregistrés le 18 janvier 2023 et le 8 mars 2023, la société BG ingénieurs conseils (BGI), représentée par Me Nguyen Ngoc, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de la mettre hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire de donner acte qu'elle ne s'oppose pas à la demande d'expertise sollicitée, sous ses plus expresses protestations et réserves ;

3°) de compléter la mission d'expertise.

Elle soutient que les désordres allégués ne relèvent pas du périmètre de son intervention.

Par un mémoire enregistré le 19 janvier 2023, la société MMA Iard et la société MMA Iard assurances mutuelles, représentées par Me Stalla, déclarent ne pas s'opposer à la demande d'expertise sollicitée, sous leurs plus expresses protestations et réserves.

Par deux mémoires enregistrés le 24 janvier 2023 et le 13 février 2023, la société Sixense engineering, représentée Me Claudon, demande au juge des référés de la mettre hors de cause et de réserver les dépens.

Elle soutient que son rôle s'est limité à un suivi de contrôle de la protection cathodique, réalisés plus de 4 ans après la réception du tunnel.

Par un mémoire enregistré le 1er février 2023, la société Arcadis ESG, représentée par Me Büsch, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise sollicitée, sous ses plus expresses protestations et réserves et demande au juge des référés :

1°) de modifier le 4ème alinéa des chefs de mission sollicitée par la métropole Aix-Marseille-Provence ;

2°) de rejeter la demande de mise hors de cause présentée par la société Sixense engineering ;

3°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence les frais d'expertise.

Elle soutient que la société Sixense Engineering a non seulement réalisé le diagnostic du système de PCCI en 2021 mais a également été sous-traitante du groupement de maitrise d'œuvre à l'époque de l'opération.

Par un mémoire, enregistré le 2 mars 2023, la société Eiffage Energie Systèmes -Clemessy, représentée par Me Tertian, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise sollicitée, sous ses plus expresses protestations et réserves et demande au juge des référés :

1°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, les frais d'expertise ;

2°) de réserver les dépens.

Par un mémoire enregistré le 23 mars 2023, la société Axima concept, venant aux droits de la société Axima Seitha, représentée par Me Lacroix, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise sollicitée, sous ses plus expresses protestations et réserves et demande au juge des référés :

1°) de préciser la mission d'expertise ;

2°) de rejeter la demande de mise hors de cause de la société Sixense.

Par un mémoire enregistré le 27 mars 2023, la société SMABTP, et la société SMA SA, intervenante volontaire, demande au juge des référés :

1°) de mettre hors de cause la société SMABTP ;

2°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;

3°) d'admettre la SMA SA en qualité d'intervenante volontaire.

Par un mémoire enregistré le 23 mai 2023, la société Eiffage Energies Systèmes Méditerranée déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise sollicitée, sous ses plus expresses protestations et réserves et demande au juge des référés de réserver les dépens.

La procédure a régulièrement été communiquée à la société Axa France Iard et à la société corporation d'experts en corrosion, qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Josset, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

2. Il résulte de l'instruction que l'expertise sollicitée par la métropole Aix Marseille Provence porte sur les désordres affectant le tunnel du Vieux-Port, et notamment le système de protection cathodique par courant imposé du tunnel. Cette demande, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 5 de la présente ordonnance.

Sur les demandes de mise hors de cause et sur la demande d'intervention volontaire :

3. La société BGI conclut à sa mise hors de cause en soutenant que les désordres allégués ne relèvent pas du périmètre de son intervention et qu'il n'y a, dès lors, aucun lien entre ses missions d'ingénierie-équipement-ventilation-dossier de sécurité, la société Sixense engineering, conclut également à se mise hors de cause en précisant que son rôle s'est limité à un suivi de contrôle de la protection cathodique, réalisés plus de quatre ans après la réception du tunnel. Toutefois, il résulte de l'instruction que leur présence, aux opérations d'expertise, est de nature à éclairer les travaux de l'expert. En outre, l'organisation d'une mesure d'expertise ne préjuge pas de la responsabilité éventuelle des parties appelées en la cause, tous droits et moyens des parties étant expressément réservés. Ainsi, en l'état de l'instruction, rien ne s'oppose à ce que les opérations d'expertise aient lieu contradictoirement en la présence de la société BGI et de la société Sixense Engineering.

4. De plus, la société SMABTP demande sa mise hors de cause en soutenant qu'elle n'est pas l'assureur de la société Axima concept dès lors que la société SMA SA est l'assureur de ladite société. Dès lors, il y a lieu de faire droit à la demande de mise hors de cause de la société SMABTP et d'admettre l'intervention volontaire de la société SMA SA.

Sur la demande de mise en cause de la société Axa France Iard :

5. La société Eiffage génie civil demande de mettre au contradictoire des opérations d'expertise la société Axa France Iard en qualité d'assureur de la société Corexco. Cette demande, présente un caractère d'utilité. Par suite, il y a lieu d'y faire droit.

Sur les frais d'expertise :

6. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par la société Arcadis ESG et la société Eiffage énergies systèmes, relatives aux dépens, doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les dépens :

8. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure qu'il ordonne, laquelle relève de la compétence du président du Tribunal, en application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions présentées sur ce point doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : L'intervention volontaire de le société SMA SA est admise.

Article 2 : La société Axa France Iard est mise en cause.

Article 3 : La société SMABTP est mise hors de cause.

Article 4 : Les demandes de mises hors de cause de la société Sixence Engineering et de la société BGI sont rejetées.

Article 5 : M. B A, exerçant 15 rue de Verdun, Marseille (13005), est désigné pour procéder, en présence des parties à l'instance à une expertise avec la mission suivante :

1°) convoquer les parties, se rendre sur les lieux litigieux situés au niveau du tunnel du Vieux-Port à Marseille ;

2°) se faire communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; entendre tout sachant ;

3°) examiner et décrire les désordres, dysfonctionnements et les dommages constatés affectant notamment le système de protection cathodique par courant imposé du tunnel du Vieux-Port ; définir leur nature, leur date d'apparition, leur importance et leur éventuel caractère évolutif ;

4°) donner un avis motivé sur la ou les causes et origines des désordres dont il s'agit, en précisant pour chaque désordre, s'il provient d'un défaut de conception, d'un défaut d'exécution, non-conformité contractuelles, défaut d'exploitation ou d'entretien et de maintenance de l'installation ou de toute autre cause ; en cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;

5°) fournir tous les éléments techniques et de fait permettant à la juridiction de déterminer les responsabilités encourues et en cas de partage de responsabilité, de proposer les parts d'imputabilité ;

6°) formuler les solutions techniques permettant de faire cesser les désordres et indiquer les travaux nécessaires à la réparation ; en évaluer le coût et la durée ;

7°) donner son avis sur les conséquences des désordres, notamment s'ils risquent de porter atteinte à la solidité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination ;

8°) fournir tous éléments utiles permettant au juge d'apprécier l'étendue des préjudices subis par la métropole Aix-marseille-Provence du fait de ces désordres et de l'exécution des réparations et les chiffrer ;

9°) d'une manière générale, fournir tous éléments susceptibles de concourir à l'information de la juridiction qui serait saisie pour se prononcer sur les responsabilités encourues et l'imputabilité des désordres constatés.

Article 6 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 7 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du Tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 8 : Le surplus des conclusions de la société SMABTP, de la société SMA SA, de la société Eiffage énergies systèmes, de la société Arcadis ESG est rejeté.

Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la métropole Aix Marseille Provence, à la société Eiffage génie civil, à la société Eiffage Energie Systèmes-Clemessy, à la société Eiffage Energie Systèmes Méditerranée, à la société Axima Concept, à la société Arcadis ESG, à la société BGI, à la société Sixense Engineering, à la société Corporation d'Experts en Corrosion (Coporex), à la SMABTP, à la Société MMA Iard, à la société MMA Iard Assurances Mutuelles, à la société Axa France Iard, à la société SMA et à M. B A, expert.

Fait à Marseille, le 23 mai 2023.

La juge des référés,

Signé

M. Josset

La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous les commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

Le greffier

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