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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2210751

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2210751

lundi 12 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2210751
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 décembre 2022 et le 13 janvier 2023, M. C E, Mme D E et M. G E, représentés par Me Guillermou, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les conditions dans lesquelles M. C E a été pris en charge pour une infection de la prothèse de son genou entre 1993 et 2014 à l'AP-HM à l'assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM) et entre 2008 et 2019 au centre hospitalier universitaire de Montpellier ;

2°) d'ordonner le dépôt d'un pré-rapport ;

3°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre de tout spécialiste de son choix ;

4°) de condamner l'ONIAM au versement de la somme de 50 000 euros à M. C E, la somme de 6 500 euros à M. G E et la somme de 25 00 euros à Mme D E à titre de provision ;

5°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à M. C E et la somme de 1 500 euros au profit de chaque victime indirecte, ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que M. C E a fait l'objet d'une amputation malgré de nombreuses interventions dans le but d'éradiquer l'infection dont il a fait l'objet.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2023, l'ONIAM, représenté par Me Fitoussi, demande au juge des référés :

1°) de lui donner acte qu'il formule ses plus expresses protestations et réserves ;

2°) de désigner les docteurs Rigal et Sauteron en qualité d'experts ;

3°) de rejeter la demande de désignation d'un expert spécialisé en infectiologie tropicale pour défaut d'utilité ;

4°) de dire que l'expert pourra s'adjoindre d'un sapiteur en ergothérapie ;

5°) de compléter la mission d'expertise ;

6°) dire que l'expert pourra déposer un pré-rapport ;

7°) de rejeter les demandes de provision ;

8°) de rejeter les demandes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

9°) de rejeter tout autre demande.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 janvier 2023, le centre hospitalier universitaire de Montpellier, représenté par Me Armandet, demande au juge des référés :

1°) à titre principal de rejeter la demande d'expertise ;

2°) à titre subsidiaire, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise sollicitée, sous ses plus expresses protestations et réserves ;

3°) à titre subsidiaire, de compléter la mission de l'expert ;

4°) à titre subsidiaire, d'ordonner à l'organisme de sécurité sociale de produire un le montant détaillé de ses frais et débours ;

5°) à titre subsidiaire, de rejeter la désignation d'un expert spécialiste en maladie infectieuse, et un ergothérapeute pour défaut d'utilité ;

6°) de rejeter tout autre demande.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que celle-ci comporte deux fondements distincts qui ne peuvent être présentées simultanément dans la même requête ;

- cette demande d'expertise ne sert qu'à appliquer une ordonnance du juge judicaire au contradictoire de l'AP-HM et du centre hospitalier de Montpellier.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2023, l'assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM), représenté par Me Deguitre, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise, sous toutes protestations et réserves de responsabilité et demande au juge des référés :

1°) de préciser la mission de l'expert ;

2°) de réserver les dépens.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. M. C E a subi un remplacement de sa prothèse du genou droit le 2 mai 2007 à la clinique Saint Roch. Suite à la découverte d'une infection à l'institut Héliomarin de la Côte d'Azur le 15 mai 2007, il fera l'objet de nombreuses hospitalisations et interventions chirurgicales afin de combattre cette infection, lesquelles échoueront, conduisant M. E à être amputé du membre infecté le 23 février 2018. Par une ordonnance du 20 octobre 2020 le tribunal judiciaire de Lyon a ordonné une expertise médicale confiée au docteur B et le docteur F. Par une lettre du 19 novembre 2020 les experts ont sollicité l'intervention aux opérations expertales de l'AP-HM et du centre hospitalier universitaire de Montpellier. Dès lors, M. E demande une expertise portant sur les conditions de sa prise en charge entre 1993 et 2014 à l'AP-HM et entre 2008 et 2019 au centre hospitalier universitaire de Montpellier.

Sur l'exception d'incompétence opposée par le centre hospitalier de Montpellier :

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription.

4. Le centre hospitalier universitaire de Montpellier soutient que le tribunal administratif est incompétent en raison de l'existence d'une première expertise devant le tribunal judiciaire. Toutefois, dès lors, que le fond du litige relève au moins partiellement de la compétence de la juridiction administrative et à la condition qu'aucune action n'ait été engagée contre eux devant le juge judiciaire, ce qui ne résulte pas de l'instruction, le juge des référés du tribunal administratif peut être saisi de conclusions tendant à ce que l'expertise qu'il lui est demandé de prescrire soit réalisée au contradictoire tant de l'AP-HM que du centre hospitalier universitaire de Montpellier.

Sur la recevabilité de la mesure d'expertise :

5. Il résulte des termes mêmes de l'article R. 532-1 précité du code de justice administrative, qu'une expertise peut être ordonnée avant toute décision administrative préalable. Par suite, la circonstance qu'à la date de la présente ordonnance, les requérants n'auraient pas présenté, au préalable de demande indemnitaire, ne fait pas obstacle à ce qu'il soit fait droit à leur demande d'expertise.

Sur les conclusions à fin d'expertise :

6. D'une part, aucune disposition législative ou réglementaire, ni aucun principe, ne s'oppose à ce qu'une demande d'expertise soit jointe à une demande de provision. Par suite, cette demande d'expertise st recevable.

7. D'autre part, il résulte de l'instruction que l'expertise sollicitée par M. E porte sur les conditions dans lesquelles M. C E a été pris en charge pour une infection de la prothèse de son genou droit entre 1993 et 2014 à l'AP-HM à l'assistance publique-hôpitaux de Marseille et entre 2008 et 2019 au centre hospitalier universitaire de Montpellier. Cette demande, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur la demande de provision :

8. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

9. Il résulte de ces dispositions, que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

10. M. C E, Mme D E et M. G E sollicitent la condamnation de l'ONIAM au versement d'une provision. Toutefois, en l'état de l'instruction, tant le principe que l'étendue d'une éventuelle responsabilité de l'ONIAM ne sont pas suffisamment établis. Dès lors, l'existence de l'obligation dont les intéressés se prévalent ne présente pas le caractère non sérieusement contestable exigé par les dispositions de l'article R.541-1 du code de justice administrative précitées. Par suite, les conclusions de M. C E, Mme D E et M. G E tendant au versement d'une provision, sans qu'il ne soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, doivent être rejetées.

Sur le pré-rapport :

11. Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de la mesure qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du caractère contradictoire de la procédure. L'établissement d'un pré-rapport ne constitue qu'une modalité opérationnelle de l'expertise. Il appartient donc à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Les conclusions de M. C E, Mme D E et M. G E et de l'ONIAM tendant à ce que l'expert dépose un pré-rapport, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur le concours d'un sapiteur :

12. Il ressort des dispositions de l'article R. 621-2 alinéa 2 du code de justice administrative qu'il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité de faire appel à un sapiteur et que l'autorisation d'y recourir est subordonnée à l'autorisation du président du tribunal. Par suite, les conclusions de M. C E, Mme D E et M. G E et de l'ONIAM tendant à ce que le juge des référés dise que l'expert devra se faire assister d'un spécialiste de son choix ne peuvent qu'être rejetées.

Sur la demande de production du relevé des frais et débours de l'organisme de santé:

13. En l'état de l'instruction, la production du relevé détaillé des débours et frais médicaux de l'organisme de santé ne présente pas un caractère d'utilité eu égard à la mission de l'expert telle que fixée par la présente ordonnance. Il appartiendra à l'expert de la solliciter, s'il l'estime nécessaire. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions tendant à la communication de ce relevé.

Sur les frais et dépens :

14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. C E, Mme D E et M. G E relatives à l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Les docteurs Sauteron et Rigal exerçant respectivement au centre hospitalier, BP 118 à Salanches cedex (74703) et 4 chemin de Chantemerle à Saint Didier mont d'Or (69370) sont désignés pour procéder, en présence des parties à l'instance, à une expertise médicale avec la mission suivante :

1°) examiner M. C E et se faire communiquer son entier dossier médical et plus généralement tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) procéder à l'examen médical de M. E, décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur à son admission à l'APHM entre 1993 et 2014 et au centre hospitalier universitaire de Montpellier à l'assistance publique-hôpitaux de Marseille entre 2008 et 2019 au centre hospitalier universitaire de Montpellier, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien avec les soins dispensés ;

3°) décrire les conditions dans lesquelles M. E a été pris en charge dans les services de l'APHM et du centre hospitalier de Montpellier, pour une infection de la prothèse de son genou droit; et préciser, notamment, les examens pratiqués, le traitement entrepris et les soins reçus ; rechercher si les traitements administrés étaient adaptés à l'état du patient ;

4°) déterminer, en cas d'infection nosocomiale survenus dans ces établissements hospitaliers, l'origine et les causes possibles de cette infection, si l'intéressé présentait des facteurs favorisant la survenue et le développement de cette infection, dire si elle serait survenue de toute façon en dehors de tout séjour hospitalier et dire, notamment, si l'enquête médicale, paramédicale et bactériologique démontre de façon certaine et exclusive que l'infection est d'origine nosocomiale et donner, le cas échéant, tous éléments permettant au tribunal de se prononcer sur l'existence d'une éventuelle cause étrangère ;

5°) préciser les germes en cause ; déterminer la porte d'entrée de cette infection en précisant quel acte médical ou paramédical a été rapporté comme étant à l'origine de cette infection et par qui et dans quel établissement pratiqué ;

6°) dire si un manquement aux obligations posées par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales peut être relevé et si l'ensemble des mesures de prévention ont été appliquées conformément aux règles de l'art. Dans la négative, analyser la nature des erreurs, manque de précautions, négligences ou autres défaillances relevées ;

7°) rechercher si M. E a bénéficié d'une information suffisante, si les soins prodigués ont été attentifs, diligents, conformes aux données acquises de la science médicale et, dans la négative, analyser de façon détaillée et motivée la nature des fautes médicales, de soins, dans l'organisation ou le fonctionnement du service, erreurs, imprudences, manquements aux précautions nécessaires, négligences, maladresses ou autres défaillances afin d'éclairer le tribunal sur l'engagement, éventuel, de la responsabilité de l'AP-HM et du centre hospitalier de Montpellier, enfin, le cas échéant, en cas d'erreur de diagnostic dire si le retard a été à l'origine des préjudices subis et si oui dans quel pourcentage ;

8°) préciser, la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total ;

9°) fixer la date de consolidation ;

10°) indiquer le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de M. E, notamment, le cas échéant, sur le plan professionnel, l'importance des souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément et le préjudice sexuel, ainsi que tout autre élément de nature à permettre au tribunal de se prononcer sur les préjudices subis par M. E du fait desdits manquements en ne s'attachant qu'à la seule part directement imputable aux manquements des deux centres hospitaliers, en excluant les éléments du préjudice corporel imputables soit aux suites normales des soins qui auraient été nécessaires, soit à l'état antérieur, soit aux soins pratiqués par d'autres praticiens ;

11°) dans l'hypothèse où des manquements des services hospitaliers mis en cause seraient relevés, indiquer précisément les séquelles en relation directe et exclusive avec chacun de ces manquements, déterminer, dans le cas où ces manquements ne seraient pas la cause directe des préjudices subis mais auraient fait perdre à M. E des chances de les éviter, l'importance de cette perte de chance, en pourcentage ;

12°) en l'absence de responsabilité de l'établissement de santé, dire si les préjudices subis sont directement imputables à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins, si cet accident médical non fautif a entraîné des conséquences anormales à l'aune de la probabilité (à définir précisément en pourcentage) habituelle de réalisation de l'un des risques lié à l'intervention, de l'exposition particulière du patient en raison de son état de santé initial comme de son évolution prévisible, du caractère incontournable ou non de l'intervention, enfin évaluer précisément le niveau de gravité des séquelles présentées ;

13°) dégager en les spécifiant tous les éléments de préjudice, notamment ceux propres à justifier une indemnisation ; le cas échéant, donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par M. E notamment du fait de la cessation d'activité, qu'elle soit temporaire ou définitive ; s'il y a lieu, dire si malgré ses séquelles, M. E est au plan médical, physiquement et intellectuellement, apte à reprendre dans les conditions antérieures ou autres, l'activité exercée auparavant ; s'il y a lieu, évaluer le besoin d'assistance à une tierce personne et dans l'affirmative en définir les conditions, décrire les soins futurs et les aides compensatoires au handicap de la victime (dépenses de santé, logement adapté, frais divers, appareillage spécifique, véhicule adapté), en précisant la fréquence de leur renouvellement ;

14°) dire si l'état de M. E est susceptible de modifications en aggravation ou en amélioration, et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen lui apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;

15°) d'indiquer, dans sa conclusion, de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l'étendue des dommages subis par la victime.

Article 2 : Les experts qui pourront, avec l'autorisation du président du tribunal, se faire assister par tout sapiteur de son choix, se feront communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission.

Article 3 : Les experts accompliront leur mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 4 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, les experts déposeront leur rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Ils notifieront une copie de leur rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 5 : Le surplus des conclusions de M. C E, Mme D E et M. G E, de l'ONIAM et du centre hospitalier de Montpellier est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C E, Mme D E et M. G E, à l'assistance publique hôpitaux de Marseille, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, au Centre hospitalier régional de Montpellier et aux experts, les docteurs Sauteron et Rigal.

Fait à Marseille, le 12 juin 2023.

La juge des référés,

signé

M. A

La République mande et ordonne au ministre de la santé et des préventions en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

Le greffier

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