mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2300054 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP BERENGER BLANC BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2023, le syndicat des copropriétaires Le Rigon, représenté par Me Leccia, demande au juge des référés du tribunal, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution des arrêtés du maire des Pennes-Mirabeau n°s DST28X2022, DST29X2022 et DST30X2022 du 1er octobre 2022 et n°s DST33X2022, DST34X2022 et DST35X2022 du 27 octobre 2022 en tant qu'ils conditionnent la reprise des travaux de réfection de la toiture des bâtiments de la copropriété, d'une part, au dépôt d'un dossier de demande d'autorisation de travaux dans un établissement recevant du public (ERP) et à ce que soit joint au dossier une notice présentant les modalités de réalisation des travaux et, d'autre part, à l'obtention d'une autorisation de travaux délivrée par l'autorité administrative compétente ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat ou, à défaut, de la commune des Pennes-Mirabeau, la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il est responsable de conséquences tirées du défaut d'entretien des parties communes à l'égard des propriétaires et des occupants ; du fait des arrêtés en litige, il est dans l'incapacité de satisfaire à ses obligations alors que les travaux de réfection de la toiture de la copropriété doivent être urgemment réalisés ; les sociétés commerciales, preneuses à bail, subissent des infiltrations d'eau à chaque événement pluvieux ; ces infiltrations ne sont pas imputables à l'accident du 30 septembre 2022 mais résultent du mauvais état de la membrane extérieure qui présente un nombre important de perforations ; le préjudice causé au syndic, au syndicat, aux copropriétaires-bailleurs et aux preneurs à bail n'a cessé d'augmenter du fait de l'écoulement du temps ; la société Rantanplan Jouets, sous l'enseigne commerciale " JouéClub ", subit des infiltrations d'eau à chaque événement pluvieux ; cette société l'a assigné en référé, au titre de sa responsabilité, avec sa bailleresse, du fait du préjudice qu'elle subit, c'est-à-dire le trouble de jouissance et les pertes d'exploitation ; elle est, en outre privée, du parking destiné à sa clientèle jusqu'à temps que les travaux puissent être réalisés ; enfin, le retard pris dans les travaux cause également un préjudice à l'entrepreneur en charge des travaux de réfection de l'étanchéité de l'immeuble qui ne manquera pas d'en demander l'indemnisation.
Sur l'existence d'un doute sérieux :
- en soumettant à autorisation au titre de la police des ERP des travaux non visés par l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation, le maire a excédé l'étendue de sa compétence et a méconnu ces dispositions ; le projet consiste en la réfection à l'identique de l'étanchéité des bâtiments de sorte que les établissements ne seront pas modifiés et qu'aucune autorisation n'est requise à priori.
Par deux mémoires en intervention, enregistrés les 24 et 25 janvier 2023, la société Denis Urvoy Architecte, représentée par Me Demaret, doit être regardée comme concluant au mêmes fins de suspension partielle des arrêtés en litige.
Elle fait valoir que :
- elle a intérêt à intervenir volontairement dans le cadre de la présente instance ;
- les conclusions présentées par la commune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont irrecevables, le maire agissant au nom de l'Etat ;
- les conclusions dirigées contre les arrêtés du 1er octobre 2022 ne sont pas tardives ;
- l'urgence est démontrée ;
- aucune autorisation de travaux n'est requise puisque les travaux envisagés ne sont absolument pas constitutifs d'une modification des ERP existants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2023, la commune des Pennes-Mirabeau, représentée par la SCP Berenger, Blanc, Burtez-Doucede et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du syndicat requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable du fait de la tardiveté des conclusions dirigées contre les arrêtés du 1er octobre 2022 ;
- la condition d'urgence n'est pas caractérisée,
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023 à 9h58, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas caractérisée,
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2210918.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Laso, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 janvier 2023 à 10 heures :
- le rapport de M. Laso, juge des référés ;
- les observations de Me Leccia, représentant le syndicat des copropriétaires Le Rigon ;
- les observations de Me Aldigier, représentant la société Denis Urvoy Architecte ;
- et les observations de Me Claveau, représentant la commune des Pennes-Mirabeau.
La clôture de l'instruction a été différée au 27 janvier 2023 à 16 heures, en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les 26 octobre 2020 et 2 décembre 2021, en raison de dégâts des eaux dans les locaux, l'assemblée générale des copropriétaires de la copropriété Le Rigon a décidé de travaux de réfection de la toiture de l'ensemble immobilier situé dans la zone d'activité commerciale de Plan-de-Campagne, sur le territoire de la commune des Pennes-Mirabeau, parcelles cadastrées section AM n°s 671 et 673, et constitué d'un seul bâtiment exploité par les enseignes " Norauto ", " JouéClub ", " Besson Chaussures " et " Foot.fr ". Le 30 septembre 2022, lors de la phase de préparation du chantier, une surcharge au-dessus du magasin " JouéClub " a conduit à la déformation de la toiture, d'une surface totale de 4 988 m², et à son affaissement partiel sur une zone limitée à quelques mètres carrés au-dessus du magasin " JouéClub ". Par trois arrêtés du 1er octobre 2022, le maire de la commune des Pennes-Mirabeau a fermé au public les établissements précités. Il a également prescrit que la reprise des travaux ne pourra intervenir qu'après avoir notamment obtenu une autorisation de travaux délivrée par l'autorité compétente. Par un arrêté du 7 octobre 2022, le maire a prescrit des mesures de mise en sécurité et ordonné l'évacuation du bâtiment. Puis, le 20 octobre 2022, un arrêté de mainlevée de mise en sécurité a été pris. Enfin, par trois autres arrêtés du 22 octobre 2022, le maire de la commune des Pennes-Mirabeau a autorisé les mêmes établissements à ouvrir au public. La prescription précitée concernant la reprise des travaux a été maintenue. Par la présente requête, le syndicat des copropriétaires Le Rigon, demande au juge des référés de suspendre l'exécution des arrêtés du 1er et 27 octobre 2022 en tant en tant qu'ils conditionnent la reprise des travaux de réfection de la toiture des bâtiments de la copropriété, d'une part, au dépôt d'un dossier de demande d'autorisation de travaux dans un établissement recevant du public et à ce que soit joint au dossier une notice présentant les modalités de réalisation des travaux et, d'autre part, à l'obtention d'une autorisation de travaux délivrée par l'autorité administrative compétente.
Sur l'intervention de la société Denis Urvoy Architecte :
2. En sa qualité de maître d'œuvre des travaux de réfection de l'étanchéité de la toiture terrasse du bâtiment ayant fait l'objet des arrêtés en litige, la société Denis Urvoy Architecte a intérêt à la suspension de l'exécution des décisions en litige. Par suite, son intervention est recevable.
Sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution des arrêtés du 1er octobre et du 27 octobre 2022 du maire des Pennes-Mirabeau en tant qu'ils conditionnent la reprise des travaux de réfection de la toiture, notamment, à l'obtention d'une autorisation de travaux :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une ordonnance de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion cumulative d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée et de l'existence d'une situation d'urgence. A cet égard, l'urgence ne justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif que pour autant que son exécution porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
5. En l'espèce, pour justifier l'urgence qu'il y aurait à suspendre partiellement les décisions en litige des 1er octobre et 22 octobre 2022, le syndicat requérant soutient que les prescriptions opposées lui causent un préjudice qui n'a de cesse d'augmenter du fait de l'écoulement du temps dès lors que les sociétés exploitantes subissent des troubles de jouissance et des pertes d'exploitation provoquées par les infiltrations d'eau dans les magasins, que l'entreprise en charge des travaux fait également état d'un préjudice évolutif et que sa responsabilité sera engagée. Le requérant produit à cet effet un courrier de la société exploitant le magasin " JouéClub " du 28 novembre 2022 indiquant que le magasin est inondé à la suite à de pluies importantes et que le personnel s'emploie à protéger la marchandise. Ce courrier demande en outre au conseil du syndicat des copropriétaires de mettre en œuvre un bâchage en toiture afin de faire cesser ces nuisances. Toutefois, les prescriptions en litige ne font pas obstacle à la mise en œuvre par le syndicat requérant de mesure telle que le bâchage en toiture, qui au demeurant ont été exécutées suite à cet épisode pluvieux comme indiqué à l'audience, pour prévenir les risques d'infiltrations d'eau. Le requérant n'établit donc pas, par le seul courrier du 28 novembre 2022 produit que la dégradation du bâtiment depuis l'intervention des arrêtés litigieux serait telle qu'elle imposerait, de manière impérieuse de prononcer la suspension de l'exécution des prescriptions en litige avant que le juge du fond ne statue. Par ailleurs, si le syndicat des copropriétaires fait état d'un préjudice lié à sa qualité de responsable des parties communes du bâtiment, il n'apporte pas suffisamment d'éléments de nature à apprécier l'étendue du préjudice invoqué au regard des pièces produites et notamment de l'assignation en référé devant le président du tribunal judiciaire d'Aix-en-Provence du 7 décembre 2022 donnée par la société Rantanplan Jouets, en qualité de locataire, aux fins de condamnation de la société Moderne, en qualité de bailleur, au versement d'une somme de 100 000 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnisation de ses préjudices dont son préjudice d'exploitation. Le courriel du 28 novembre 2022 de la société chargée des travaux de réfection qui se borne à informer le syndic qu'elle " loue depuis deux mois un conteneur, WC, bungalow et échafaudage en perte " ne permet pas davantage d'apprécier l'étendue du préjudice résultant des prescriptions en litige. Enfin, le syndicat requérant ne saurait se prévaloir d'une atteinte grave et immédiate à sa situation financière en se bornant à faire état de l'effet même des prescriptions qui empêchent la poursuite des travaux de réfection de la toiture. Dès lors, compte-tenu de l'ensemble de ces éléments, le syndicat des copropriétaires Le Rigon ne peut être regardé comme apportant à l'appui de son argumentation des justifications suffisantes de nature à établir l'existence, à la date la présente ordonnance, d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation pour caractériser une situation d'urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, la mesure de suspension sollicitée soit ordonnée. Par suite, dès lors qu'il n'est pas satisfait à la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, les conclusions aux fins de suspension présentées par le syndicat requérant doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense ni le sérieux des moyens invoqués.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice :
6. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le syndicat des copropriétaires " Le Rigon " demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. D'autre part, en l'espèce, le maire agit au nom de l'Etat, de sorte que la commune des Pennes-Mirabeau n'est pas partie à l'instance au sens des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dès lors, en tout état de cause, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune des Pennes-Mirabeau la somme que le syndicat requérant demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Pour les mêmes raisons, ces dispositions font également obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat requérant la somme que la commune des Pennes-Mirabeau demande au même titre sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de la société Denis Urvoy Architecte est admise.
Article 2 : La requête du syndicat des copropriétaires " Le Rigon " est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune des Pennes-Mirabeau sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires " Le Rigon ", à la société Denis Urvoy Architecte, à la commune des Pennes-Mirabeau et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 31 janvier 2023.
Le vice-président désigné,
Juge des référés
signé
J-M. LASO
Le greffier,
signé
P. GIRAUDLa République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026