lundi 20 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2300364 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | YOUCHENKO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2023, M. B F, représenté par Me Youchenko, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2023 par lequel le préfet des Hautes-Alpes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
3°) d'annuler l'inscription au fichier SIS ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- l'arrêté est signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé.
En ce qui concerne plus précisément l'obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnait les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
- il ne représente pas une menace à l'ordre public.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2023, le préfet des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Marseille a désigné M. C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours e l'audience publique :
- le rapport de M. Terras, magistrat désigné ;
- les observations de Me Teysseyré, substituant Me Youchenko, représentant le requérant qui conclut aux mêmes fins que ses écritures et soulève à la barre le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet des Hautes-Alpes n'était ni présent ni représenté.
En présence de Mme E, interprète en langue arménienne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F, ressortissant arménien né le 12 avril 1974, a été interpellé le
11 janvier 2023 pour des faits de dégradations aggravées sur les locaux de la préfecture des Hautes-Alpes. Constatant qu'il a déjà fait l'objet de mesures d'éloignement et qu'il ne faisait pas état d'une insertion importante malgré ses 14 ans de présence sur le territoire français, le préfet des Hautes-Alpes l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans et a fixé le pays de destination. Par sa requête, M. F en demande l'annulation.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. F de prononcer son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation
En ce qui concerne les moyens soulevés contre l'arrêté dans son ensemble :
3. L'arrêté litigieux est signé par M. D A, directeur des services du cabinet du préfet des Hautes-Alpes, qui a reçu délégation de signature par un arrêté du 23 août 2022 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
4. L'arrêté en litige vise les stipulations et dispositions dont il fait application et notamment du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il rappelle la situation personnelle de l'intéressé en relevant notamment qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Il fait ainsi apparaître de façon suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivé et ne révèle pas un défaut d'examen de la situation personnelle du requérant.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui est repris dans les mêmes termes par l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si M. F soutient qu'il a quitté l'Arménie " vis-à-vis des risques qu'il y encourait " et qu'il craint pour sa vie s'il y retourne, il ne peut l'établir par aucune pièce versée au dossier. Le moyen doit être écarté.
6. Si M. F soutient qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public, il ressort des pièces du dossier qu'il s'est soustrait à plusieurs obligations de quitter le territoire français prises par le préfet des Hautes-Alpes en 2018 et 2020 qu'il n'a volontairement pas exécutées et une autre en 2021 prise par le préfet de l'Ardèche et qu'il est très défavorablement connu des services de police pour différents faits depuis 2009 (port ou transport illégale d'arme, exhibition sexuelle à proximité d'un établissement scolaire en 2010 ; conduite d'un véhicule sans permis ni assurance, vol simple, vol à l'étalage, etc) ayant fait l'objet de condamnations. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public.
7. Enfin si M. F soutient à la barre qu'il est malade et qu'il ne peut de ce fait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, il ne l'établit pas alors qu'il n'a jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour " étranger malade ", qu'il a déclaré lors de sa garde à vue qu'il n'avait plus de suivi médical et qu'il a refusé d'être examiné par un médecin au cours de cette même garde à vue comme en atteste le procès-verbal. Le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Dès lors, le moyen doit être écarté.
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
10. Ainsi qu'il a été dit précédemment, au vu de la gravité et du caractère répété des agissements du requérant ayant entrainé des condamnations, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet des Hautes-Alpes a considéré que le comportement de M. F représentait une menace pour l'ordre public.
11. Enfin s'il est constant que l'intéressé justifie d'une durée de présence en France de plus de dix ans, il ne fait toutefois pas état d'une insertion dans la société française, ayant fait de surcroit l'objet de deux mesures d'éloignement non exécutées en 2018 et 2020. Dans ces conditions, le préfet des Hautes-Alpes n'a commis aucune erreur d'appréciation en prenant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
En ce qui concerne l'inscription au fichier SIS :
12. Lorsqu'elle prend, à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions tendant à son annulation sont irrecevables et doivent être rejetées.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. F doivent être rejetées.
Sur les conclusions accessoires :
14. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1err : M. F est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et au préfet des
Hautes-Alpes.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
F. CLe greffier,
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026