mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2300374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | COTTÉ & FRANCOIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 13 janvier 2023 et le 17 février 2023, le Grand Port Maritime de Marseille Fos (GPMM), représentée par Me Boiton, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise sur l'origine de ruptures sur des rails sur le quai à conteneurs de Fos dit quai de la " Rotule " au sein du Grand Port Maritime de Marseille Fos;
2°) de mettre à la charge du groupement Soletanche Bachy France - Eurovia - Menard - Buesa les frais d'expertise ;
3°) de mettre à la charge du groupement Soletanche Bachy France - Eurovia - Menard - Buesa la somme de 2000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les ruptures sur les rails du quai " de la Rotule " sont dues à un défaut dans le soudage à la suite de travaux d'extension ;
- les chefs de mission sollicités par la société Eurofos doivent être écartés ;
Par un mémoire enregistré le 27 janvier 2023, la société Pandrol, représentée par Me Mel ne s'oppose pas à la demande d'expertise sous ses plus expresses protestations et réserves d'usages et demande au juge des référés de réserver les dépens.
Par un mémoire enregistré le 1 février 2023, la société Eurofos représentée par Me Marcouyeux ne s'oppose pas à la demande d'expertise sous ses plus expresses protestations et réserves d'usages et demande au juge des référés :
1°) de constater que la société Eurofos est exploitante du quai de la Rotule ;
2°) de constater que les désordres invoqués sont de nature à constituer une entrave à l'exploitation du terminal par la société Eurofos ;
3°) d'étendre les missions d'expertise ;
4°) de réserver les dépens.
Par un mémoire enregistré le 3 février 2023, la société Allianz Iard, en qualité d'ancien assureur de la société Buesa, représentée par Me Carillo ne s'oppose pas à la demande d'expertise sous ses plus expresses protestations et réserves d'usages et demande au juge des référés :
1. de rejeter la demande du Grand Port Maritime de Marseille Fos tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2. de rejeter la demande du Grand Port Maritime de Marseille Fos tendant à mettre à la charge du Groupement Soletanche Bachy France Eurovia Menard Buesa l'ensemble des frais d'expertise et des dépens.
Par un mémoire enregistré le 15 février 2023, la société Soletanche Bachy France, représentée par Me François demande de rejeter les conclusions de la requête tendant aux frais d'expertises et aux frais présentés sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 16 mars 2023, la société Bues, représentée par Me Phare, formule ses plus expresses protestations et réserves de responsabilité et conclut au rejet des frais d'expertise, des frais d'instance que sollicitent le GPMM.
Par un mémoire, enregistré le 17 mars 2023, la société ASCI Defense-Inframétal, la société QBE Insurance Europe Limited et la société QBE Europe SA/NV, représentée par Me Tertian, demandent la mise hors de cause de la QBE Insurance Europe Limited dont le portefeuille a été intégralement transféré à la société QBE Europe SA/NV, l'admission de l'intervention volontaire de la société QBE Europe SA/NV, en qualité d'assureur de la société SEI, le rejet des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que les frais d'expertise soit mis à la charge de la société requérante.
La requête a été régulièrement communiquée à la société Eurovia Provence-Alpes-Côte d'Azur, la société Ménard, la société SMA SA, la Société XL Insurance Company SE, qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C, première vice-présidente pour statuer sur les demandes en référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. La demande d'expertise sollicitée par le Grand Port Maritime de Marseille Fos (GPMM), susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la mise hors de cause de la société QBE Insurance Europe Limited et à l'intervention volontaire de la société QBE Europe SA/NV :
3. Les sociétés QBE Insurance Europe Limited et QBE Europe SA/NV font valoir qu'à la suite d'un transfert de portefeuille la société QBE Europe SA/NV vient désormais aux droits de la société QBE Insurance Europe. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre la société QBE Insurance Europe Limited hors de cause et d'admettre l'intervention volontaire de la société QBE Europe SA/NV.
Sur la demande d'extension de mission de la société Eurofos :
4. La société Eurofos, en qualité d'exploitante du site faisant l'objet de désordres, demande que les missions de l'expert soient complétées afin que celui-ci détermine si les travaux de remise en état sont de nature à entraver l'exploitation du terminal et qu'il définisse et chiffre les différents préjudices qu'elle subit du fait de ces désordres et de la durée des travaux de remise en état du site. La présente demande d'expertise du Grand Port Maritime de Marseille Fos a pour objet d'éclairer l'action en responsabilité que ce dernier est susceptible d'engager, en sa qualité de maître d'ouvrage, à l'encontre des constructeurs. Les conséquences dommageables que la société Eurofos aurait elle-même subis du fait des désordres affectant le site qu'elle exploite, qui relèvent des relations contractuelles qu'elle entretient, à ce titre, avec le maître d'ouvrage, ne sont pas susceptibles de se rattacher à une telle action. Par suite, l'extension de mission qu'elle sollicite ne présente pas un caractère d'utilité, au sens des dispositions l'article R. 532-1 du code de justice administrative, et doit ainsi être rejetée.
Sur les frais d'expertise :
5. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par le Grand Port Maritime de Marseille Fos, la société ASCI Defense-Inframétal, la société QBE Insurance Europe Limited et la société QBE Europe SA/NV relatives à la mise à la charge des dépens, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
6. Le Grand Port Maritime de Marseille Fos demande au juge des référés de mettre à la charge du groupement Soletanche Bachy France - Eurovia - Menard - Buesa la somme de 2000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, de laisser à chacune des parties, la charge des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1 : La société QBE Insurance Europe Limited est mise hors de cause.
Article 2 : L'intervention volontaire de la société QBE Europe SA/NV est admise.
Article 3 : M. B A, exerçant 300 rue du Général De Gaulle à Lançon-Provence, est désigné pour procéder, en présence des parties à l'instance, à une expertise avec la mission suivante :
1°) se rendre sur les lieux litigieux, terminal à conteneurs de FOS 2XL Bassins Ouest du Grand Port Maritime de Marseille Fos sur le quai dit de la " Rotule " situé à Fos-sur-Mer ; visiter les lieux, entendre tous sachants, et procéder à la constatation et aux relevés détaillés des désordres et malfaçons qui affectent l'ouvrage ;
2°) se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera nécessaire à l'accomplissement de sa mission dont notamment les documents contractuels et techniques relatifs aux travaux d'extension du quai à conteneurs de Fos " Rotule " ; établir tous plans, croquis, schémas, produire toutes photographies utiles à la compréhension des faits ;
3°) décrire les désordres et malfaçons ; dire s'ils sont de nature à rendre l'immeuble impropre à sa destination ou à sa destination ;
4°) donner son avis sur la ou les origines et les causes de chaque désordre, dysfonctionnement ou dommage en précisant s'ils sont imputables à un vice de construction ou de conception, défaut de surveillance des travaux, défaut d'exécution, manquements aux règles de l'art, défaut de qualité des matériaux mis en œuvre, non-conformité aux stipulations du marché ou toutes autres causes ; et donner son avis sur le point de savoir à qui, parmi les intervenants mis en cause, ils peuvent, le cas échéant, être imputés et dans quelle proportion, exprimée en pourcentage, en justifiant ses propositions ;
5°) indiquer la nature et le coût de l'ensemble des travaux nécessaires pour remédier définitivement aux désordres constatés, en éviter le renouvellement et rendre l'ouvrage conforme aux normes en vigueur ; préciser la durée des travaux de remise en état ;
6°) décrire les préjudices subis par le Grand Port Maritime de Marseille Fos, les chiffrer et définir leur imputabilité ;
7°) d'une façon générale, donner au tribunal toute information ou appréciation qui lui paraîtrait utile pour la solution d'un éventuel litige au fond, plus particulièrement quant aux causes des désordres, aux responsabilités encourues et aux préjudices subis par le Grand Port Maritime de Marseille Fos.
Article 4 : L'expert accomplira ses missions dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du Tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires
(1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Un exemplaire de ces rapports sera notifié par l'expert au demandeur et la seule partie des rapports le concernant à chacun des défendeurs. Avec leur accord, ces notifications peuvent s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée au Grand Port Maritime de Marseille Fos, à la société Pandrol, à la société Eurofos, à la société QBE Insurance Europe Limited, à la société QBE Europe SA/NV à la société Allianz Iard, à la société XL Insurance Company SE, à la société SMA SA, à la société ASCI Defense/Inframetal, à la société Buesa, à la société Menard, à la société Eurovia Provence Alpes Côte d'Azur, à la société Soletranche Bachy France et à l'expert, M. B A.
Fait à Marseille, le 11 avril 2023.
La juge des référés,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous les commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026