jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2300923 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PARME AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 janvier 2023 et le 4 avril 2023, la société Europe KTP, représentée par Me Molina, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 février 2022 par laquelle le maire de Marseille a préempté l'ensemble immobilier appartenant à la SAS Colas, situé Rue René d'Anjou et 3 Boulevard de la Padouane à Marseille ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision a été prise par une autorité incompétente en l'absence de délégation de la Métropole Aix-Marseille-Provence de son droit de préempter au profit de la ville de Marseille ;
- il n'est pas établi que le maire avait reçu du conseil municipal délégation de l'exercice du droit de préemption ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'est pas établi que la signataire de l'acte bénéficiait d'une délégation de compétence ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que le service des domaines n'a pas été consulté pour avis en méconnaissance des dispositions de l'article R. 213-21 du code de l'urbanisme ;
- elle est tardive en ce qu'elle intervient plus de deux mois après qu'a été prise la décision de renonciation à son droit de préemption de la Métropole Aix-Marseille-Provence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation dès lors qu'elle ne précise pas l'objet pour lequel est exercé le droit de préemption en méconnaissance de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme.
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 1er mars et le 6 avril 2023, la commune de Marseille, représentée par Me Cuzzi, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de
1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est tardive et, par suite, irrecevable.
Un mémoire, présenté pour la société Europe KTP, a été enregistré le 12 avril 2023 après la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure civile ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- les observations de Me Delille pour la commune de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 10 février 2022, le maire de Marseille a préempté l'ensemble immobilier appartenant à la société Colas, cadastré section 897 D n°13 et 31 et situé
Rue René d'Anjou et 3 Boulevard de la Padouane à Marseille, pour l'acquisition duquel la société Europe KTP avait conclu une promesse de vente le 20 octobre 2021. Par sa requête, la société Europe KTP en demande l'annulation.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " L'article R. 421-5 du même code dispose que " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". L'acquéreur évincé étant au nombre des personnes, destinataires de la décision de préemption, auxquelles cette décision doit être notifiée, il résulte de ces dispositions que ce délai ne lui est pas opposable si elle ne lui a pas été notifiée avec l'indication des voies et délais de recours.
3. D'autre part, l'article R. 213-25 du code de l'urbanisme dispose que les décisions du titulaire du droit de préemption sont " notifiées par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, par acte d'huissier, par dépôt contre décharge ou par voie électronique () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 654 du code de procédure civile, " la signification à une personne morale est faite à personne lorsque l'acte est délivré à son représentant légal, à un fondé de pouvoir de ce dernier ou à toute autre personne habilitée à cet effet ", l'article 656 de ce même code disposant : " Si personne ne peut ou ne veut recevoir la copie de l'acte et s'il résulte des vérifications faites par l'huissier de justice, dont il sera fait mention dans l'acte de signification, que le destinataire demeure bien à l'adresse indiquée, la signification est faite à domicile () ". Aux termes de l'article 664-1 du même code : " La date de la signification d'un acte d'huissier de justice () est celle du jour où elle est faite à personne, à domicile, à résidence ou, dans le cas mentionné à l'article 659, celle de l'établissement du procès-verbal () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision de préemption en litige et le courrier de la ville de Marseille daté du 14 février 2023 l'accompagnant et indiquant notamment les voies et délais de recours contre la décision de préemption ont été signifiés le 16 février 2022 par un huissier de justice mandaté par la commune à cet effet. Celui-ci a remis les documents sus-évoqués à M. B A, responsable d'exploitation de la société Europe KTP, qui a affirmé à l'huissier être habilité à recevoir copie des documents. Cette signification a par ailleurs eu lieu à l'adresse du siège social de la société Europe KTP telle que connue et renseignée au registre du commerce et des sociétés et ressortant aussi des renseignements recueillis par l'huissier et consignés par lui dans la signification. Dans ces conditions, la requérante doit être regardée comme ayant pu prendre régulièrement connaissance le 16 février 2022 de la décision contestée, par ailleurs assortie des voies et délais de recours. Par suite, la présente requête, enregistrée au greffe du tribunal au-delà du délai de recours contentieux fixé par les dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, est tardive et doit être rejetée pour ce motif, comme le soutient la commune de Marseille.
Sur les frais relatifs au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marseille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Europe KTP au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, et sur le fondement des mêmes dispositions, il y a lieu de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Marseille.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Europe KTP est rejetée.
Article 2 : La société Europe KTP versera à la commune de Marseille la somme de
1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Europe KTP et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Hogedez, présidente,
- Mme Busidan, première conseillère,
- M. Peyrot, premier conseiller.
Assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
La rapporteure,
signé
H. BusidanLa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
7
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026