LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2301012

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2301012

lundi 6 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2301012
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationR
Avocat requérantMAZEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er février 2023, complétée par des pièces produites le 3 février 2023, la société à responsabilité limitée Plein Sud, représentée par Me Burtez-Doucède, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône d'interrompre immédiatement tout passage et tous travaux d'aménagement sur la parcelle HL 151 à détacher de la parcelle AD 151, sous astreinte de 50 000 euros par jour de retard à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les travaux en cours, outre l'établissement d'une voie de circulation provisoire, tendent à déplacer définitivement le passage de la voie départementale sur la parcelle dont elle est propriétaire ;

- par ordonnance du 16 janvier 2023, le juge des référés du tribunal judiciaire de Marseille s'est déclaré incompétent en l'absence de dépossession définitive constitutive d'une voie de fait ;

- la condition d'urgence doit être présumée remplie dès lors que le comportement de l'administration entraîne des conséquences irrémédiables ;

- le comportement manifestement illégal du département porte atteinte au droit de propriété et au droit au recours effectif protégé par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 février 2023, le département des Bouches-du-Rhône, représenté par Me Mazel, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Plein Sud en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le droit à un recours effectif ne peut être utilement invoqué à l'appui d'une demande d'interruption des travaux ;

- l'atteinte alléguée au droit de propriété, qui consiste en la suppression partielle et temporaire de zébras implantés sur la parcelle AD 151, n'a pas de caractère de gravité ;

- la société requérante reconnaît que les travaux ne sont pas constitutifs d'une voie de fait mais d'une emprise irrégulière ;

- la société Plein Sud ou ses associés pourraient avoir intérêt à retarder, en contestant ces travaux, la commercialisation du projet immobilier qui nécessite la sécurisation du carrefour sur la RD 560 ;

- il n'est pas justifié d'une extrême urgence à interrompre les travaux, dès lors que les zébras pourront être rétablis après travaux, et qu'à supposer même qu'ils ne puissent pas l'être, la situation pourrait être régularisée par voie d'expropriation ;

- il existe en revanche un intérêt public à la poursuite des travaux d'aménagement du carrefour entre la RD 560 et le chemin du pont de Saint-Claude pour la sécurité des usagers, ces travaux étant impliqués par la réalisation d'un programme immobilier comprenant notamment cinquante logements sociaux ;

- la mesure sollicitée, qui consiste à interrompre la construction d'ouvrages hors de la parcelle AD 151, n'est pas de nature à sauvegarder le droit de propriété de la société Plein Sud ;

- le montant de l'astreinte demandée est excessif.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Hameline, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 3 février 2023 à 14 heures en présence de Mme Sibille, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de Mme Hameline, juge des référés ;

- les observations de Me Claveau représentant la société Plein Sud, qui persiste dans les fins et moyens de sa requête, qu'elle développe ;

- et les observations de Me Mazel représentant le département des Bouches-du-Rhône.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

2. Pour l'application de ces dispositions, les conditions relatives, d'une part, à l'urgence, et d'autre part, à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, présentent un caractère cumulatif. Il appartient ainsi au requérant, qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de justifier, dans tous les cas, des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

3. La société Plein Sud est propriétaire d'un terrain qu'elle donne à bail pour l'exploitation d'une carrière, incluant une parcelle cadastrée AD 151 que borde la route départementale 560, sur le territoire de la commune d'Auriol. La partie de la parcelle AD 151 longeant la route départementale a été bitumée par l'exploitant et a fait l'objet de marquages au sol de type " zébras ". Par un courrier du 25 mai 2021, le département des Bouches-du-Rhône a informé la société Plein Sud que des travaux d'aménagement du carrefour entre la RD 560 et le chemin du Pont de Saint-Claude, prescrits dans le cadre de la réalisation d'un important projet immobilier à proximité et confiés à la société Sam Immo, nécessitaient un empiètement sur la parcelle AD 151, et lui a proposé d'en acquérir une partie. Le 30 mars 2022, le département des Bouches-du-Rhône a fait à la société une offre d'acquisition d'une bande de terrain de 352 mètres carrés à détacher de la parcelle AD 151 pour un prix de 204,16 euros, offre à laquelle la société Plein Sud n'a pas donné suite. Le 21 novembre 2022, le département des Bouches-du-Rhône a autorisé la mise en œuvre des travaux d'aménagement sur la RD 560. Ceux-ci ont entraîné, ainsi qu'il résulte du constat d'huissier réalisé le 6 janvier 2023, un déplacement de l'assiette de la voie de circulation empiétant sur la propriété de la société, après suppression d'une partie des marquages au sol antérieurement réalisés sur la parcelle AD 151 et matérialisation du tracé d'une voie provisoire. La société Plein Sud, après avoir saisi en vain le juge des référés du tribunal judiciaire de Marseille, qui s'est déclaré incompétent par ordonnance du 16 janvier 2023 en l'absence d'extinction définitive du droit de propriété caractérisant une voie de fait, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône d'interrompre immédiatement tout passage et tous travaux d'aménagement sur la partie concernée de la parcelle AD 151.

4. Sous réserve que la condition d'urgence soit remplie, il appartient au juge administratif des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'administration de faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale au droit de propriété, lequel a le caractère d'une liberté fondamentale, quand bien même cette atteinte aurait le caractère d'une voie de fait.

5. Il résulte de l'instruction, et il n'est au demeurant pas contesté par le département des Bouches-du-Rhône, que la réalisation des travaux d'aménagement en cours sur la RD 560 entraîne un empiètement de la voie de circulation des véhicules sur la parcelle cadastrée AD 151 appartenant à la société requérante. Il est également constant que ces travaux ont débuté en l'absence de toute autorisation d'occupation provisoire donnée par la société Plein Sud et, à plus forte raison, de toute mise en œuvre d'une procédure d'expropriation pour utilité publique. Dès lors, la parcelle appartenant à la société requérante fait l'objet d'une emprise irrégulière et le département porte à son droit de propriété une atteinte manifestement illégale. Toutefois, si la société requérante indique de manière peu circonstanciée que la bande de terrain bordant la route départementale matérialisée par des " zébras " pouvait être utilisée pour le stationnement provisoire de camions avant leur entrée sur le site de la carrière, cette circonstance contestée par le département ne résulte pas des pièces soumises à l'instruction. Il ne résulte pas non plus de l'instruction que l'étroite bande de terrain bitumée longeant la voie ferait l'objet d'une autre exploitation ou utilisation par l'entreprise occupant le site. Enfin, il n'est pas soutenu que les travaux empiétant sur une partie de la parcelle AD 151 auraient une incidence sur l'usage du reste du terrain affecté à l'exploitation de la carrière, alors notamment que n'est caractérisée aucune violation de la liberté d'accès à la voie publique depuis la propriété. Dans ces conditions, et alors que le département des Bouches-du-Rhône indique que l'empiètement de la voie de circulation sur la parcelle AD 151 doit cesser à l'achèvement des travaux dans un délai d'un mois sans qu'y fasse obstacle l'édification d'un muret séparatif du côté opposé de la route, un tracé définitif de la RD 560 sur une plus grande largeur étant subordonné à un transfert de propriété préalable, la société Plein Sud n'apporte pas d'élément concret de nature à établir que les atteintes ainsi portées à son droit de propriété présentent un caractère de gravité justifiant que soit ordonnée en référé, sur le fondement des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'injonction sollicitée.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par la société Plein Sud en application de ces dispositions doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le département, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, soit condamné à payer à la société Plein Sud la somme que celle-ci demande sur ce fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Plein Sud le versement au département des Bouches-du-Rhône d'une somme au titre des mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Plein Sud est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le département des Bouches-du-Rhône en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée Plein Sud et au département des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 6 février 2023.

La juge des référés,

Signé

M.-L. Hameline

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière en chef

La greffière

N°230101

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions