mercredi 9 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2301643 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AVERSANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés 17 février 2023 et le 31 mai 2023, Mme C A, représentée par Me Bergeot, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les désordres affectant sa propriété située 57 rue du Lavoir, le Mousteiret, sur la commune du Brusquet (04420), d'en rechercher l'origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier.
Elle soutient que de nombreux désordres sont apparus depuis les débuts des travaux de rénovation de la commune du Brusquet de la voirie communale et notamment de la rue Lavoir.
Par deux mémoires enregistrés le 15 mai 2023 et le 19 juin 2023, la commune du Brusquet, représentée par Me Beauvillard, demande au juge des référés :
1°) à titre principal de rejeter la demande d'expertise ;
2°) à titre subsidiaire, de mettre en cause la société Durance travaux, la société Eiffage Route Méditerranée, la société Auxiliaire Mutuelle d'Assurance des Professionnels du BTP, la société SMABTP et la société Orange ;
3°) à titre subsidiaire, de compléter la mission d'expertise ;
4°) de mettre à la charge de Mme A, la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Mme A n'apporte pas la preuve de la matérialité des faits ;
- le lien de causalité entre les infiltrations alléguées et les travaux de voirie n'est nullement démontré ;
- les désordres dont se prévaut Mme A préexistaient à la réalisation des travaux.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2023, la société Orange, représentée par Me Aversano, demande au juge des référés :
1°) de la mettre hors de cause ;
2°) de rejeter la demande d'expertise pour défaut d'utilité ;
3°) de mettre à la charge de tout succombant la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'est pas impliquée dans les travaux litigieux.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 juin 2023, la société Eiffage Route Méditerranée Alpes Vaucluse et la société SMABTP, représentées par Me Boulan, formulent leur plus expresses protestations et réserves de responsabilité et demandent au juge des référés de mettre à la charge de tout succombant les frais et dépens.
La procédure a régulièrement été communiquée à la société Durance travaux et à la société Auxiliaire Mutuelle d'Assurance des Professionnels du BTP, qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Josset, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".
2. L'expertise sollicitée par Mme A porte sur les désordres affectant sa propriété située 57 rue du Lavoir, le Mousteiret, sur la Commune du Brusquet (04420), d'en rechercher l'origine et les causes et de déterminer la nature et le coût des travaux pour y remédier. Si la commune du Brusquet conclut au rejet de la demande d'expertise en soutenant que Mme A ne rapporte pas la preuve de la matérialité des faits et de l'existence d'un lien de causalité entre les infiltrations alléguées et les travaux de voiries, il résulte de l'instruction que Mme A produit un rapport d'expertise du 11 mai 2022 constatant que les travaux réalisés sur la voierie communale devant la propriété de Mme A ne sont pas conformes au cahier des clauses techniques particulières et des photos démontrant l'existence de plusieurs fissures. Dans ces conditions, il ne résulte de l'instruction ni que la matérialité des faits ne serait pas manifestement établie, ni qu'il n'existerait manifestement pas de lien de causalité entre les infiltrations d'eau dans la propriété de Mme A et les travaux de voiries réalisés par la commune du Brusquet. Ainsi, la demande de Mme A qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues et qui est susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 3 de la présente ordonnance.
Sur les conclusions tendant à mettre en cause les sociétés Durance Travaux, Eiffage Route Méditerranée, Auxiliaire Mutuelle d'assurance des Professionnels du BTP, SMABTP et la société Orange :
3. La commune demande la mise en cause de la société Durance travaux, de la société Eiffage Route Méditerranée en ce qu'ils sont intervenus à la réalisation des travaux, et de la société Auxiliaire Mutuelle d'Assurance des Professionnels du BTP et de la SMABTP en tant qu'assurance de ces deux premières sociétés. Dès lors, leur présence aux opérations d'expertise présente un caractère d'utilité. Par suite, il y a lieu d'y faire droit.
Sur la demande de mise hors de cause de la société Orange :
4. Il résulte de l'instruction que la société Orange n'est pas intervenue dans le cadre du marché public de travaux de la commune du Brusquet relatif au profilage des ruelles et des placettes de village et aucun élément ne permet de montrer son éventuel lien avec la demande d'expertise sollicitée par Mme A. Dans ces conditions, il apparait que la demande de mise hors de cause de la société Orange doit être acceptée.
Sur les conclusions tendant à l'extension des missions de l'expert par la commune du Brusquet :
5. Il résulte de l'instruction que la commune du Brusquet a demandé une extension des missions de l'expert afin de déterminer les causes et origines des désordres présents sur les ouvrages, préciser s'ils sont inhérents au marché de travaux de réfection de la voirie passé par la commune du Brusquet et dans l'affirmative de préciser pour chaque désordre s'il provient d'une non-conformité aux documents contractuels, d'un manquement aux règles de l'art ou aux prescriptions d'utilisation des matériaux ou éléments d'ouvrage mis en œuvre, en spécifiant les normes qui n'auraient pas été respectées, d'une exécution défectueuse, d'une négligence dans l'entretien ou l'exploitation des ouvrages ou d'une autre cause; de rechercher la date d'apparition des désordres; de préciser s'ils étaient apparents lors de la réception ou de la prise de possession de l'ouvrage, ou s'ils sont apparus postérieurement ; de préciser s'ils pouvaient être décelés par un maitre d'ouvrage profane, et si celui-ci pouvait en apprécier la portée; d'indiquer si les désordres sont de nature à nuire à la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination; d'évaluer les préjudices de toute nature résultant des désordres notamment le préjudice de jouissance subi ou pouvant résulter des travaux de remise en état et plus généralement, fournir tous éléments techniques ou de fait de nature à permettre le cas échéant à la juridiction compétente sur le fond du litige de déterminer les responsabilités éventuelles encourues. Par suite, l'extension sollicitée, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, présentant un caractère utile, il y a lieu d'y faire droit.
Sur les frais et dépens :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de la commune du Brusquet, de la société Eiffage Route Méditerranée et de la société SMABTP relatives à l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La société Orange est mise hors de cause.
Article 2 : La société Durance Travaux, la société Eiffage Route Méditerranée, la société Auxiliaire Mutuelle d'Assurance des Professionnels du BTP et la SMABTP sont mises en cause.
Article 3 : M. B D, exerçant 83 avenue de Marseille, 13127 Vitrolles, est désigné pour procéder, en présence de Mme A et de de la commune du Brusquet à une expertise avec la mission suivante :
1°) convoquer les parties, se rendre sur le lieu litigieux situé au 57 rue du Lavoir, Hameau le Mousteiret, le Brusquet (04420) ;
2°) se faire communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; entendre tout sachant ;
3°) décrire les désordres, dysfonctionnements et les dommages sur la propriété de Mme A, leur nature, leur date d'apparition, leur importance et leur éventuel caractère évolutif ; préciser s'ils sont inhérents au marché de travaux de réfection de la voirie passé par la commune du Brusquet et dans l'affirmative, préciser pour chaque désordre s'il provient d'une non-conformité aux documents contractuels, d'un manquement aux règles de l'art ou aux prescriptions d'utilisation des matériaux ou éléments d'ouvrage mis en œuvre, en spécifiant les normes qui n'auraient pas été respectées, d'une exécution défectueuse, d'une négligence dans l'entretien ou l'exploitation des ouvrages ou d'une autre cause ;
4°) préciser si les désordres étaient apparents lors de la réception ou de la prise de possession de l'ouvrage ou s'ils sont apparus postérieurement et s'ils pouvaient être décelés par un maître d'ouvrage profane et si celui-ci pouvait en apprécier la portée ;
5°) donner un avis motivé sur la ou les causes et origines des désordres dont il s'agit et, dans le cas où plusieurs causes auraient concouru à la réalisation des désordres, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ; dire s'il existe un danger pour les personnes ou les biens ;
6°) formuler les solutions techniques permettant de faire cesser les désordres et indiquer les travaux nécessaires à la réparation ; en évaluer le coût et la durée ;
7°) donner son avis sur les conséquences des désordres, notamment s'ils risquent de porter atteinte à la solidité de l'immeuble ou de le rendre impropre à sa destination ;
8°) d'évaluer les préjudices de toute nature subis par Mme A résultant des désordres constatés notamment le préjudice de jouissance ou pouvant résulter des travaux de remise en état ; en chiffrer le cout ;
9°) fournir tous éléments utiles permettant au juge d'apprécier l'étendue des préjudices subis par Mme A du fait de ces désordres et de l'exécution des réparations et les chiffrer ;
10°) d'une manière générale, fournir tous éléments susceptibles de concourir à l'information de la juridiction qui serait saisie pour se prononcer sur les responsabilités encourues et l'imputabilité des désordres constatés.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 5 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, cette notification peut s'opérer dans les conditions prévues par l'article R. 621-7-3.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à la commune du Brusquet, à la société Durance Travaux, à la société Eiffage Route Méditerranée, à la société Orange, à la société SMABTP, à la société Auxiliaire Mutuelle d'Assurance des Professionnels du BTP et à l'expert, M. D.
Fait à Marseille, le 9 août 2023.
La juge des référés,
Signé
M. Josset
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026