lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2301791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SEBAN AUVERGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2023, Mme D B C, représentée par Me Ladouari, demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures:
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 10 novembre 2022 par laquelle la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers de Digne-les-Bains (IFSI) a prononcé son exclusion définitive de la formation ;
2°) d'enjoindre à l'institut de formation en soins infirmiers de Digne-les-Bains de procéder à sa réintégration dans un délai de 8 jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'IFSI une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige porte une atteinte immédiate à ses intérêts personnels en la privant d'une formation au métier d'infirmière et d'une part importante de ses revenus et que sa suspension présente donc un caractère urgent ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision qui est dépourvue de motivation en fait, entachée de vices de procédure lors de la consultation obligatoire de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles, elle repose sur des faits matériellement inexacts et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2023, le centre hospitalier de Digne-les-Bains, représenté par la SELAS d'avocats Seban Auvergne, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre des frais d'instance.
Il fait valoir que les conditions de la suspension ne sont pas réunies, en l'absence d'urgence et de doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 décembre 2022 sous le n° 2210201 par laquelle Mme B C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- l'arrêté du 21 avril 2017 ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 20 mars 2023 en présence de Mme Ibram, greffier d'audience, M. A a lu son rapport, et a entendu les observations de :
- Me Daimallah substituant Me Ladouari pour Mme B C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens ;
- Me Cheramy pour le Centre hospitalier de Digne-les-Bains, qui a maintenu les termes de son mémoire en défense.
Une note en délibéré présentée pour Mme B C a été enregistrée le 22 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C demande la suspension de la décision du 10 novembre 2022 par laquelle la directrice de l'IFSI de Digne-les-Bains, qui dépend du Centre hospitalier de Digne-les-Bains, a décidé de prononcer son exclusion définitive de la formation à laquelle elle était inscrite dans cet établissement.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
3. Il résulte de l'instruction qu'aucun des moyens de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, la requête tendant à la suspension de la décision du 10 novembre 2022 ne peut qu'être rejetée dans toutes ses conclusions.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du Centre hospitalier de Digne-les-Bains au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du Centre hospitalier de Digne-les-Bains au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B C, à l'institut de formation en soins infirmiers de Digne-les-Bains et au Centre hospitalier de Digne-les-Bains.
Fait à Marseille, le 27 mars 2023.
Le juge des référés,
signé
G. A
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière
1
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