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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2303561

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2303561

mardi 6 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2303561
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantROBIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a été saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre une décision du CNAPS refusant une autorisation préalable d’accès à une formation en sécurité privée. En cours d’instance, le CNAPS a délivré l’autorisation sollicitée, rendant sans objet les conclusions principales du requérant. Invité à confirmer le maintien de ses conclusions, M. B... n’a maintenu que ses demandes de frais de justice. Par ordonnance, le tribunal a donné acte du désistement des conclusions aux fins d’annulation et d’injonction, et a statué sur les frais sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

La présidente de la 8ème chambreVu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 avril 2023, M. A... B..., représenté par Me Robin, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision n° PRE-S1-2022-11-17-A-00088805 du 17 novembre 2022 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une autorisation préalable d’accès à une formation en vue d’acquérir l’aptitude professionnelle qui lui permettrait d’être employé pour participer à une activité de sécurité privée ;

2°) d’enjoindre au CNAPS de lui délivrer l’autorisation préalable d’accès à une formation aux métiers de la sécurité privée dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du CNAPS le versement à son profit de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Le 14 octobre 2025, le CNAPS a produit la décision n° PRE-S1-2025-10-13-A-00102314 du 13 octobre 2025 par laquelle son directeur a délivré à M. B... une autorisation préalable d’accès à une formation d’« agent de gardiennage, ou de surveillance humaine pouvant inclure l’usage de moyens électroniques ».


Par un courrier du 14 octobre 2025, Me Robin, conseil de M. B..., a été informée qu’à défaut de réception de la confirmation du maintien des conclusions du requérant dans le délai d’un mois, celui-ci serait réputé s’en être désisté en application de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative.


Par un mémoire, enregistré le 12 novembre 2025, M. B..., représenté par Me Robin, déclare maintenir ses conclusions tendant à la mise à la charge du CNAPS du versement à son profit de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 24 février 2023.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements ; / (…) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens (…) ».

Sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction :

2. Aux termes de l’article R. 612-5-1 du même code : « Lorsque l’état du dossier permet de s’interroger sur l’intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement (…) peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l’expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s’être désisté de l’ensemble de ses conclusions ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 de ce code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l’accusé de réception délivré par l’application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l’application, à l’issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l’adresse choisie par elles (…) ».

3. L’état du dossier permettant de s’interroger sur l’intérêt que la requête conservait pour son auteur, eu égard notamment à la décision n° PRE-S1-2025-10-13-A-00102314 du 13 octobre 2025 par laquelle le directeur du CNAPS a délivré à M. B... une autorisation préalable d’accès à une formation d’« agent de gardiennage, ou de surveillance humaine pouvant inclure l’usage de moyens électroniques », Me Robin, conseil de M. B..., a été invitée, en application de l’article R. 612-5-1 précité du code de justice administrative, à confirmer expressément le maintien des conclusions du requérant dans le délai d’un mois par une demande du 14 octobre 2025, qui lui a été notifiée le lendemain, ainsi qu’en atteste l’accusé de réception délivré par l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1 de ce code dite « Télérecours ». Le délai d’un mois imparti étant expiré et le requérant n’ayant pas déclaré, notamment au terme de son mémoire du 12 novembre 2025, maintenir ses conclusions aux fins d’annulation et d’injonction, il est réputé s’être désisté de celles-ci. Il y a lieu, dès lors, de donner acte de ce désistement.

Sur les frais liés au litige :

4. Aux termes du I de l’article 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, codifié à l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent et le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation ». L’article 43 de la même loi autorise le bénéficiaire de l’aide juridictionnelle à demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l’article 75 précité, la partie perdante « au paiement d’une somme au titre des frais qu’il a exposés ». L’article 37 de cette loi dispose que : « Les auxiliaires de justice rémunérés selon un tarif peuvent renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat et poursuivre contre la partie condamnée aux dépens et non bénéficiaire de l’aide juridictionnelle le recouvrement des émoluments auxquels ils peuvent prétendre. / Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l’aide juridictionnelle, à payer à l’avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l’aide juridictionnelle, une somme qu’il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l’Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l’aide aurait exposés s’il n’avait pas eu cette aide. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu’elles demandent et le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation (…) ».

5. Il résulte de ces dispositions que le bénéficiaire de l’aide juridictionnelle ne peut demander au juge de condamner à son profit la partie perdante qu’au paiement des seuls frais qu’il a personnellement exposés, à l’exclusion de la somme correspondant à la part contributive de l’Etat à la mission d’aide juridictionnelle confiée à son avocat. Mais l’avocat de ce bénéficiaire peut demander au juge de condamner la partie perdante à lui verser la somme correspondant à celle qu’il aurait réclamée à son client, si ce dernier n’avait eu l’aide juridictionnelle, à charge pour l’avocat qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement à son profit de la somme qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat à la mission d’aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

6. D’une part, M. B... n’allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D’autre part, Me Robin, avocate de M. B..., n’a pas demandé la condamnation du CNAPS à lui verser la somme correspondant aux frais exposés qu’elle aurait réclamée à son client si ce dernier n’avait bénéficié d’une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête de M. B... tendant à la condamnation du CNAPS sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent être accueillies.


O R D O N N E :


Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d’annulation et d’injonction de la requête de M. B....

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au conseil national des activités privées de sécurité.



Fait à Marseille, le 6 janvier 2026.



La présidente de la 8ème chambre,


Signé


E. Felmy





La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière

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