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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2303916

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2303916

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2303916
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMAGNAN DE MARGERIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 avril 2023, la commune de Rognac, représentée par Me Bouteiller, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les désordres affectant " le Château de la Plantade " situés Monté du belvédère à Rognac, faisant suite à des travaux de rénovation et de réhabilitation ;

2°) de réserver les dépens.

Elle soutient que de nombreuses fissures ont été constatées sur la partie nord de la terrasse et sur le mur de soutènement.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2023, la société Innovations Sports Développement Durable, représentée par Me Romilly, formule ses plus expresses protestations et réserves d'usage et demande au juge des référés de mettre provisoirement la charge des dépens à la commune de Rognac.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2023, la société Archetop, représentée par Me Guillemette, formule ses plus expresses protestations et réserves d'usage et demande au juge des référés :

1°) de limiter la mission d'expertise aux seuls désordres constatés par la commune de Rognac ;

2°) de mettre en cause aux opérations d'expertise la société I2C en qualité de sous-traitante des études techniques de structures et gros-œuvre, la société QBE Insurance Europe en qualité d'assureur de la société I2C et la société Geotech en qualité de géotechnicienne.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 mai 2023, la société SA Swisslife Assurances, représentée par le cabinet d'avocats SCP de Angelis -Semidei -Vuillquez-Habart-Meli-Bardon-de Angelis, formule ses plus expresses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 juin 2023, la société Qualiconsult, représentée par Me Launey, formule ses plus expresses protestations et réserves d'usage et demande au juge des référés de réserver les dépens.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2023, la société SA Gan Assurances, en qualité d'assureur de la société Pierre Design, représentée par Me Drujon d'Astros, formule ses plus expresses protestations et réserves d'usage et demande au juge des référés de mettre à la charge de la commune de Rognac les dépens et les frais de consignation des honoraires d'expertise.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2023, la société SMABTP, en qualité d'assureur de la société Actisols, représentée par Me Bouty-Duparc, formule ses plus expresses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2023, la société Actisols Provence, représentée par Me Bouty-Duparc, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 août 2023, la société QBE Insurance Europe Limited, et la société QBE Europe SA/NV, intervenante volontaire, représentées par Me Tertian, demandent au juge des référés :

1°) de mettre hors de cause la société QBE Insurance Europe Limited ;

2°) d'admettre l'intervention volontaire de la société QBE Europe SA/NV en qualité d'assureur de la société I2C ;

3°) de rejeter le surplus des demandes ;

4°) de réserver les dépens.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 août 2023, la société Geotech, représentée par Me Tailan, déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise et demande au juge des référés de réserver les frais en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La procédure a régulièrement été communiquée à la mutuelle des architectes français assurances, à la société Pierre Design, à la société Calvin Frères, à la société I2C, qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Josset, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

2. Il résulte de l'instruction que l'expertise sollicitée par la commune de Rognac porte sur les désordres affectant le mur de soutènement et la nouvelle terrasse créée en surplomb du Château de la Plantade " situé Montée du belvédère à Rognac, faisant suite à des travaux de rénovation et de réhabilitation. Cette demande, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 3 de la présente ordonnance.

3. En revanche, les conclusions de la commune de Rognac tendant à ce que l'expert l'autorise à réaliser les premiers travaux urgents excèdent le champ de ce que permettent les dispositions ci-dessus et ne peuvent donc qu'être rejetées.

Sur les demandes de mises en cause et de mises hors de cause :

4. La société Archetop demande la mise en cause de la société I2C en qualité de sous-traitante des travaux réalisés, de la société QBE Europe SA/NV en qualité d'assureur de la société I2C et de la société Geotech en qualité de géotechnicienne. Cette demande présente un caractère d'utilité. Par suite il y a lieu d'y faire droit.

5. De plus, la société QBE Insurance Europe Limited, et la société QBE Europe SA/NV demandent au juge des référés de mettre hors de cause la société QBE Insurance Europe Limited dès lors qu'elle n'est pas l'assureur de la société I2C et d'admettre l'intervention volontaire de la société QBE Europe SA/NV en qualité d'assureur de la société 2IC. En conséquence, il y a lieu de mettre hors de cause la société QBE Insurance Europe Limited et de mettre en cause la société QBE Europe SA/NV.

Sur les frais de justice :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur la demande relative à la consignation :

7. L'expertise demandée par la requérante sur le fondement de l'article L. 532-1 du code de justice administrative n'est pas soumise à la procédure de consignation préalable d'une provision. La demande de la société Gan Assurances présentée à ce titre ne peut, dès lors, qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : Les sociétés I2C, QBE Europe SA/NV, et Geotech sont mises en cause.

Article 2 : La société QBE Insurance Europe Limited est mise hors de cause.

Article 3 : M. A B, exerçant 92 rue Saint Jacques à Marseille (13006) est désigné pour procéder, en présence de la société I2C, de la société QBE Europe SA/NV, de la société Geotech, de la commune de Rognac, de la Société EURL Archetop, de la Mutuelle des Architectes Français Assurances, de la société Pierre Design, de la société Gan Assurance, de la société Qualiconsult, de la société Innovations Sports Développement Durable, de la société Calvin Frères, de la société Swisslife assurances, de la société Actisol, et de la société SMABTP, à une expertise avec la mission suivante :

1°) convoquer les parties, se rendre au " Château de la Plantade ", Montée du Belvédère à Rognac ;

2°) se faire communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; entendre tout sachant ;

3°) de décrire les désordres constatés sur le mur de soutènement et la terrasse créée en surplomb du Château de la Plantade, de définir leur nature, leur date d'apparition, leur importance et leur éventuel caractère évolutif ;

4°) donner un avis motivé sur la ou les causes et origines de ces désordres dont il s'agit en précisant si, et dans quelle mesure, ils sont imputables à un vice de conception, à un vice des matériaux mis en œuvre, à des fautes d'exécution, à des manquements aux règles de l'art des entreprises ou à leur obligation de conseil, insuffisance d'entretien ou à toute autre cause ; dans le cas où plusieurs causes auraient concouru à la réalisation des désordres, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;

5°) préciser si les désordres étaient apparents lors de la réception ou de la prise de possession de l'ouvrage ou s'ils sont apparus postérieurement et s'ils pouvaient être décelés par un maître d'ouvrage profane et si celui-ci pouvait en apprécier la portée ;

6°) formuler les solutions techniques permettant de faire cesser les désordres et indiquer les travaux nécessaires à la réparation ; en évaluer le coût et la durée ;

7°) donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;

8°) donner son avis sur les conséquences des désordres, notamment s'ils risquent de porter atteinte à la solidité de l'immeuble ou de le rendre impropre à sa destination ;

9°) dans le cas où des travaux d'urgence seraient nécessaires, de donner son avis sur les travaux à réaliser et en fixer le coût ;

10°) fournir tous éléments utiles permettant au juge d'apprécier l'étendue des préjudices subis par la commune de Rognac du fait de ces désordres et de l'exécution des réparations ;

11°) de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 5 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, cette notification peut s'opérer dans les conditions prévues par l'article R. 621-7-3.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Rognac,à la Société EURL Archetop, à la Mutuelle des Architectes Français Assurances, à la société Pierre Design, à la société Gan Assurance, à la société Qualiconsult, à la société Innovations Sports Développement Durable, à la société Calvin Frères, à la société Swisslife assurances, à la société Actisol, à la société SMABTP, à la sociétés I2C, à la société QBE Europe SA/NV, à la société QBE Insurance Europe Limited et à la société Geotec et à l'expert, M. A B.

Fait à Marseille, le 31 octobre 2023.

La juge des référés,

Signé

M. JOSSET

La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

Le greffier

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