vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2303922 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI-HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 avril et 22 mai 2023, M. E et Mme D C, représentés par Me Susini, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution des effets de l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le maire de la commune d'Aix-en-Provence a accordé un permis de construire à Mme F A B ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence et de Mme A B, chacune, la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir, dès lors que leur propriété est mitoyenne du projet, que ce projet emportera une perte totale de vue et une perte de valeur vénale de leur bien et que la construction sera implantée en limite séparative ;
- la condition d'urgence est satisfaite : cette condition est présumée en vertu de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; il n'existe aucun intérêt public à mettre en œuvre l'opération en litige, à caractère privé ; aucune circonstance particulière ne justifie la poursuite des travaux ; des travaux étant en cours d'exécution ;
- l'arrêté a été pris en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration en l'absence de mention indiquant la qualité de son signataire et d'une délégation régulière ;
- il méconnaît l'article UD7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, le projet ne répondant à aucun des cas de dérogation autorisant les constructions en limite séparative : elle n'est pas située intégralement en limite séparative, aucun bâtiment n'étant déjà implanté ; par ailleurs, ni la construction existante ni la construction projetée ne prévoient une hauteur de faîtage de 4 mètres sur une bande de 4 mètres depuis la limite séparative, alors qu'en tout état de cause, la hauteur du faîtage est bien supérieure à 4 mètres ; le bâtiment en cause n'a pas fait l'objet d'un sinistre ; la preuve de son édification régulière n'a pas été apportée ;
- l'augmentation de l'emprise au sol a pour effet d'aggraver la méconnaissance de la règle du prospect en ajoutant du bâti à une distance inférieure à la distance minimale imposée de 4 mètres ;
- le projet méconnaît l'article UD6 du même plan local d'urbanisme communal, une importante partie de la construction étant implantée à une distance inférieure à 5 mètres de la voie publique ;
- il aggrave par ailleurs la méconnaissance de cet article UD6.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2023, la commune d'Aix-en-Provence représentée par Me Andreani conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite, les travaux ayant été interrompus depuis l'arrêté interruptif de travaux du 22 septembre 2021 ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ;
Par des mémoires en défense enregistrés les 20 et 22 mai 2023, Mme F A B, représentée par Me Ibanez, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite, les travaux étant achevés pour l'essentiel ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête au fond enregistrée sous le n° 2303921.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du Tribunal a désigné Mme Hogedez, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique du 23 mai 2023, qui s'est tenue en présence de M. Brémond, greffier d'audience :
-le rapport de Mme Hogedez ;
-les observations de Me Susini, pour M. et Mme C ;
-celles de Me Andreani, pour la commune d'Aix-en-Provence ;
- et celles de Me Ibanez, pour Mme A B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins de suspension :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une ordonnance de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion cumulative de l'existence d'une situation d'urgence et d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
En ce qui concerne l'urgence :
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. M. et Mme C, propriétaires de la parcelle contigüe à celle de Mme A B et de son compagnon, demandent au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution des effets de l'arrêté de permis de construire délivré le 7 mars 2023 par le maire de la commune d'Aix-en-Provence. Toutefois, il ressort du procès-verbal établi par un commissaire de justice le 22 mai 2023, veille de l'audience de référé, et des photos qui l'accompagnent, que le local d'habitation édifié en exécution de ce permis de construire est désormais hors d'eau et hors d'air, que les menuiseries ont été posées et que les murs de façade sont enduits de sorte que la construction peut être regardée comme étant pour l'essentiel achevée. Il s'ensuit que la suspension sollicitée serait sans effet sur la situation du bâtiment, au regard notamment de sa hauteur et de son implantation, éléments particulièrement contestés au cas d'espèce. Il en résulte que la condition d'urgence ne peut plus être regardée comme satisfaite et que l'une des deux conditions posées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative faisant défaut, les conclusions aux fins de suspension présentées par M. et Mme C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. M. et Mme C étant la partie perdante dans la présente instance, les conclusions qu'ils présentent sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées tant par la commune d'Aix-en-Provence que par Mme A B sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Aix-en-Provence et par Mme A B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E et Mme D C, à Mme F A B et à la commune d'Aix-en-Provence.
Fait à Marseille, le 26 mai 2023.
La présidente de la 2ème chambre,
juge des référés,
Signé
I. Hogedez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour La greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026