mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2304041 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BATAILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 avril et 2 mai 2023, M. E B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 26 avril 2023 par lesquels le préfet des Bouches-du-Rhône a ordonné son transfert aux autorités croates responsables de l'examen de sa demande d'asile et son assignation à résidence dans le département des Bouches-du-Rhône ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile en procédure normale, dans un délai de deux mois et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés attaqués ont été signés par une autorité qui n'avait pas compétence pour ce faire ;
- il n'a pas eu communication des informations prévues par l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, et les brochures d'information lui ont été transmises en langue turque qu'il ne sait pas lire ;
- il n'est pas justifié de la qualification de l'agent préfectoral ayant mené son entretien ;
- l'arrêté de transfert est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il est entaché d'erreur de droit dans la mesure où les pièces du dossier mentionnent deux fiches Eurodac concomitantes.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er mai 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Des pièces complémentaires ont été produites pour M. B le 3 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 mai 2023, à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Bataillé pour M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- et les observations de M. B, assisté de Mme F, interprète assermentée en langue turque intervenant par téléphone, qui expose qu'il est entré en France le 28 février 2023, qu'il dispose sur ce territoire d'un cousin qui peut l'héberger et d'un oncle également titulaire d'un titre de séjour, qu'en Turquie sa famille vit à Bursa, qu'il a été scolarisé jusqu'en deuxième année de lycée puis a poursuivi ses études par correspondance, qu'il a réussi l'examen d'entrée à l'université mais ne s'y est pas inscrit, et qu'il a été en mesure de prendre connaissance des brochures relatives à la procédure Dublin qui lui ont été délivrées en préfecture mais qu'il ne veut pas retourner en Croatie où ses empreintes ont été recueillies contre sa volonté, son souhait étant de s'installer en France et d'y exercer sa profession de menuisier et d'y vivre normalement.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. E B, ressortissant turc né le 16 juillet 1997 à Erzurum, demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 26 avril 2023 par lesquels le préfet des Bouches-du-Rhône a ordonné son transfert aux autorités croates responsables de l'examen de sa demande d'asile et son assignation à résidence dans le département des Bouches-du-Rhône pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur la demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose que : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. La requête n'est ni manifestement irrecevable, ni manifestement dénuée de fondement. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, les arrêtés en litige ont été signés par M. C D, adjoint au chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile à qui le préfet des Bouches-du-Rhône a régulièrement délégué sa signature, par un arrêté du 7 février 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit par conséquent être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été informé de ses droits au moyen des brochures A et B, respectivement intitulées " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' " et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " en langue turque qu'il comprend à l'oral et à l'écrit comme il le confirme à l'audience. Ces brochures, qu'il a signées lorsqu'elles lui ont été remises au guichet le 9 mars 2023, comprennent l'ensemble des informations nécessaires aux demandeurs d'une protection internationale en vertu de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Le moyen invoqué à ce titre doit donc être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié d'un entretien, assisté par un interprète en langue turque employé par l'organisme ISM Interprétariat, langue qu'il a déclaré comprendre, auprès des services de la préfecture des Bouches-du-Rhône, le 9 mars 2023. Il n'est pas établi que cet entretien, mené par un agent qualifié de la préfecture des Bouches-du-Rhône selon les mentions de son résumé qui font foi en l'absence de preuve contraire, n'aurait pas été réalisé selon les formes et les conditions posées par les dispositions de l'article 5 du règlement (UE) 604/2013 du 26 juin 2013 alors qu'il ressort des pièces versées au dossier et notamment de ce résumé signé par l'intéressé, que M. B reconnaît avoir bénéficié d'un entretien individuel au cours duquel il a été informé de la procédure engagée à son encontre et qu'il a pu faire valoir tout élément utile à l'examen de sa demande. Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.
7. En quatrième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que les autorités croates ont enregistré M. B au fichier Eurodac, le 3 août 2022, successivement au regard du franchissement d'une frontière puis en qualité de demandeur d'asile, cette seule circonstance n'est pas de nature à entacher l'arrêté de transfert attaqué d'erreur de droit, alors qu'il ressort par ailleurs des pièces du dossier que ces autorités ont expressément exprimé leur accord à la reprise en charge de l'intéressé sur le fondement de l'article 18 (1 b) du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, soit en sa qualité de demandeur d'asile. Le moyen doit donc être écarté.
8. En dernier lieu, en se bornant à faire état de la présence en France d'un cousin et d'un oncle, dont le premier est titulaire d'un titre de séjour et atteste s'engager à le soutenir en France, et de la circonstance qu'il n'aurait pas demandé l'asile en Croatie où ses empreintes auraient été relevées contre sa volonté et où il ne dispose d'aucune attache, M. B, qui n'allègue pas sa vulnérabilité, n'établit pas que l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône ordonnant son transfert aux autorités croates responsables de l'examen de sa demande d'asile serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation ou d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Les moyens ainsi invoqués doivent donc être écartés.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté de transfert du 26 avril 2023 doivent être rejetées. Il en résulte que, même à considérer un tel moyen soulevé, ses conclusions présentées par voie de conséquence, tendant à l'annulation de l'arrêté du même jour ordonnant son assignation à résidence, ne peuvent qu'être rejetées, ainsi par suite que ses conclusions à fins d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet des
Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
M. A
La greffière,
Signé
S. BoislardLa République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026