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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2305406

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2305406

lundi 16 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2305406
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL ABEILLE & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juin 2023, Mme B D, représentée par Me Costecale-Bossy, demande au juge des référés :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande d'indemnisation adressée à la métropole Aix-Marseille-Provence des préjudices subis des suites d'une chute sur la voie publique dont elle expose avoir été victime, le 19 septembre 2021, alors qu'elle circulait à pied au niveau du Fort Saint Nicolas à Marseille et qu'elle impute à un poteau mal fixé

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices qu'elle a ainsi subit ;

3°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille Provence à verser la somme de 2 500 euros à titre de provision à valoir sur l'indemnisation définitive de ses préjudices ;

4°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille Provence à verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le descellement du poteau provient d'une défaut d'entretien normal de l'ouvrage public.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 août 2023, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes Alpes, informe que la victime a été prise en charge au titre du risque maladie.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2023, la métropole Aix-Marseille Provence, représentée par Me Pontier, formule ses plus expresses protestations et réserves de responsabilité et demande au juge des référés :

1°) à titre principal, de rejeter la demande de provision ;

2°) de mettre à la charge de Mme D les frais d'expertise.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C, première vice-présidente pour statuer sur les demandes en référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1.Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

2.Il résulte de l'instruction que l'expertise sollicitée par Mme D, porte sur portant sur les préjudices qu'elle subit des suites d'une chute sur la voie publique dont elle expose avoir été victime, le 19 septembre 2021, alors qu'elle circulait à pied au niveau du Fort Saint Nicolas à Marseille et qu'elle impute à un poteau de pierre mal fixé. Cette demande, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

Sur la demande d'annulation de la décision de rejet implicite de la demande d'indemnisation :

3. Il n'appartient pas au juge des référés, d'annuler une décision. Par suite, la demande de Mme D tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande d'indemnisation doit être, en tout de cause, rejetée.

Sur la demande provision :

4.Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

5.Il résulte de ces dispositions, que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

6.Mme D sollicite la condamnation de la métropole-Aix-Marseille Provence au versement d'une provision. Toutefois, en l'état de l'instruction, tant le principe que l'étendue d'une éventuelle responsabilité de métropole-Aix-Marseille Provence n'est suffisamment établie. Dès lors, l'existence de l'obligation dont l'intéressée se prévaut ne présente pas le caractère non sérieusement contestable exigé par les dispositions de l'article R.541-1 du code de justice administrative précitées. Par suite, les conclusions de Mme D, tendant au versement d'une provision, doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

7Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les frais d'expertise :

8. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille Provence, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Le docteur E A, exerçant l'Oplontine, 229 avenue François Nardi, 83000 Toulon, est désigné pour procéder, en présence des parties à l'instance à une expertise avec la mission suivante :

1°) examiner Mme D et se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) décrire l'état de santé de Mme D, les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ; dire si chacune des lésions constatées est la conséquence de l'accident survenu le 19 septembre 2021, ou d'un état antérieur ou postérieur ; se prononcer sur les origines des complications survenues, en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable à la chute du 19 septembre 2021;

3°) évaluer les préjudices corporels de Mme D qui sont directement imputables à l'accident en cause en précisant le déficit fonctionnel temporaire partiel ou total ;

4°) dire si l'état de santé de Mme D est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où l'état de santé de la requérante ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressé devra à nouveau être examiné ;

5°) indiquer le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de Mme D, l'importance des souffrances physiques et psychiques endurées, le préjudice esthétique et le préjudice d'agrément ;

6°) donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par Mme D, en particulier les dépenses de santé actuelles, les frais divers, les dépenses de santé futures, évaluer le besoin de véhicule adapté ou d'assistance à tierce personne ;

7°) dire si l'état de Mme D est susceptible de modifications, en aggravation ou en amélioration : dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, ainsi que sur la nature des soins, traitements et interventions éventuellement nécessaires dont le coût prévisionnel sera alors chiffré et les délais dans lesquels il devra y être procédé ;

8°) d'une façon générale, fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer les préjudices subis.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, cette notification peut s'opérer dans les conditions prévues par l'article R. 621-7-3.

Article 4 : Le surplus des conclusions de Mme D et de la métropole Aix-Marseille Provence est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, à la Metropole-Aix-Marseille Provence, à la Caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes (CPAM05) et à l'expert, le docteur A.

Fait à Marseille, le 16 octobre 2023.

La juge des référés,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

Le greffier

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