samedi 17 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2305468 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GILBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2023, M. C B, représenté par Me Gilbert, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :,
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (A) de lui accorder le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, soit un hébergement et le versement de l'allocation pour demandeur d'asile, à compter de la notification de l'ordonnance et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de A la somme de 1 500 euros à vers à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est caractérisée au regard de la précarité de sa situation, étant dépourvu de toute ressource, alors même qu'il est accompagné de son enfant âgé d'un an et de sa femme et qu'il n'a pu trouver qu'un hébergement d'urgence qui va se terminer dans quelques jours et qu'il doit recourir à des associations caritatives pour obtenir une aide alimentaire ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit constitutionnel d'asile, au droit à l'accueil du demandeur d'asile et au principe de dignité ; A s'est fondé sur le motif tiré de ce qu'il n'avait pas répondu à une proposition d'hébergement via la SPADA, d'une part, qu'il n'a pas reçu cette proposition d'hébergement et n'a pas reçu de délai suffisant pour y répondre, ; la décision du 7 mars 2023 de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, qui emporte cessation totale ne tient pas compte de sa vulnérabilité et présente un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2023, l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (A) conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant s'est placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque, puisque le requérant n'a pas répondu à la proposition de logement qui lui a été faite et ne s'est pas rendu à la SPADA pour récupérer ses courriers et il ne démontre pas sa situation de vulnérabilité ;
- aucune atteinte grave et manifestement illégale n'a été porté au droit au respect du droit d'asile ;
- A est confronté à une saturation du dispositif national d'accueil ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Josset pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue, le 15 juin 2023, à 15h, en présence de M. Machado, greffier d'audience, Mme Josset a lu son rapport et entendu :
Me Gilbert et Mme Gicquel avocate stagiaire, représentant M. B, qui concluent aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et insistent sur le fait que A n'a pas respecté le délai de réponse laissé à M. B pour répondre à l'offre de logement qui lui était proposée et sur la situation particulièrement précaire de M. B et sa famille ;
A n'était ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique: " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. M. B, ressortissant russe né le17 décembre 1996, a présenté une demande d'asile enregistrée le 12 janvier 2023 et a accepté à cette même date le bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (A). Par une décision du 7 mars 2023, la directrice territoriale de A a prononcé la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que M. B n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en ne répondant pas à la proposition d'hébergement de A. Par la présente requête, le requérant demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la directrice territoriale de A de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
5. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes (). / () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ". Aux termes de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Cette décision prend effet à compter de sa signature () ".
6. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et de la situation du demandeur. Ainsi, le juge des référés, qui apprécie si les conditions prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont remplies à la date à laquelle il se prononce, ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de cet article en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation de famille.
7. Il résulte de l'instruction que M. B n'a donné aucune suite, à la solution d'hébergement qui lui a été proposée, qui est restée valable entre le 23 janvier et 26 janvier 2023, malgré les appels téléphoniques et les SMS envoyés sur son portable, et en ne retirant pas ses courriers au SPADA. Si M. B en s'abstenant de répondre à la solution d'hébergement que lui a proposée A, s'est placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque, il résulte toutefois de cette même instruction que le requérant et son épouse sont sans aucune ressource avec un enfant d'un an et demi, et ne disposent d'aucun hébergement pérenne alors que M. B a droit en sa qualité de demandeur d'asile à être hébergé durant toute la période nécessaire à l'instruction de sa demande d'asile. Le recours au dispositif d'urgence du 115 ou aux services d'associations caritatives ne saurait dispenser A, d'assurer le respect de ses obligations en matière d'hébergement pérenne des demandeurs d'asile particulièrement lorsqu'il s'agit d'enfant en bas âge. Dans ces conditions et eu égard à la vulnérabilité de cette famille, A a porté une atteinte manifestement illégale au droit d'asile des requérants, en les privant totalement des conditions matérielles d'accueil.
8. En conséquence, il y a lieu d'enjoindre au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'attribuer un hébergement pour demandeurs d'asile à M. B et à sa famille et de lui ouvrir droit aux conditions matérielles d'accueil dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
9. M. B est admis par la présente ordonnance au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de A la somme de 800 euros à verser au conseil des requérants dans l'hypothèse où il serait admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif, sous réserve de la renonciation de Me Gilbert au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission de l'aide juridictionnelle qui lui a été confiée, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.
O R D O N N E:
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'accorder les conditions matérielles d'accueil, dont l'attribution d'un hébergement, à M. B dans un délai de 48 heures suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : A versera à Me Gilbert, une somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridique, et sous réserve de l'admission définitive des requérants à celle-ci.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Gilbert et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Marseille, le 17 juin 2023.
La juge des référés,
Signé
M. Josset
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outres-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026