vendredi 15 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2305533 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CLEMENT-LACROIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2023, Mme A C, représentée par la SELARL Grimaldi Molina et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 avril 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier Buech Durance (CHBD) a refusé de l'intégrer dans le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière de catégorie A ;
2°) d'enjoindre au CHBD de la reclasser dans le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière de catégorie A dans un délai de 5 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et ce, sous peine d'astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHBD une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision en litige est entachée d'erreur de droit dès lors que ayant été titularisée dans le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière au 1er avril 2018, elle aurait dû bénéficier du reclassement statutaire dans le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière désormais de catégorie A en application du décret du 24 janvier 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, le CHBD, représenté par Me Clément-Lacroix, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que Mme C ne pouvait pas bénéficier du reclassement statutaire dès lors qu'elle n'a pas satisfait à l'obtention du diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière dans les deux ans de sa titularisation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2011-748 du 27 juin 2011 ;
- le décret n°2022-54 du 24 janvier 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme B, magistrate rapporteure,
-et les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C alors préparatrice en pharmacie hospitalière de classe normale a été titularisé dans le corps correspondant de catégorie B à compter du 1er avril 2018 au sein du CH Buech Durance (CHBD). Par une décision du 24 avril 2023 dont elle demande l'annulation, le CHBD par l'intermédiaire d'un courrier de son avocat, a refusé de faire droit à sa demande de reclassement statutaire au sein du même corps de catégorie A.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu des articles 9 et 28 du décret du 24 janvier 2022 portant dispositions statutaires relatives à des corps médico-techniques et de rééducation de la catégorie A de la fonction publique hospitalière, le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière est classé dans la catégorie A de la fonction publique hospitalière. Il résulte de ces dispositions que l'administration hospitalière était tenue de reclasser les préparateurs en pharmacie dans la catégorie A dès la date de parution de ce décret et ce, indépendamment du niveau de diplôme de l'agent d'ores et déjà titularisé dans le corps des préparateurs en pharmacie
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 25 juin 2018 devenue définitive, le CHBD a titularisé Mme C dans le grade des préparateurs en pharmacie hospitalière de classe normale à compter du 1er avril 2018 ainsi qu'il a été dit au point 1. Contrairement à ce que soutient l'établissement en défense, la circonstance que la décision de titularisation du 25 juin 2018 prévoyait dans son article 4 que " conformément à l'avis de la CAPL du 19 juin 2018, Mme C devra, dans les deux ans à venir, préparer le diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière, soit par la validation des acquis de l'expérience (VAE), soit dans le cadre d'une formation en présentiel. " est sans incidence sur le fait que la requérante était définitivement titularisée dans le grade des préparateurs en pharmacie hospitalière de classe normale et qu'elle devait bénéficier du reclassement statutaire induit par les dispositions de l'article 9 du décret du 24 janvier 2022, indépendamment de l'obtention du diplôme de préparateur en pharmacie hospitalière. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que le CHBD a commis une erreur de droit en refusant de procéder à son reclassement en catégorie A par la décision en litige et à en obtenir pas voie de conséquence l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Et aux termes de l'article L. 911-3 du même code : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ".
5. L'annulation de la décision attaquée implique, eu égard au motif qui en constitue le fondement et en l'absence de changement de circonstances de fait et de droit, d'enjoindre au directeur du CHBD de reclasser Mme C dans le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière de catégorie A à compter du 26 janvier 2022, date d'entrée en vigueur du décret du 24 janvier 2022 précité et de procéder à la reconstitution de sa carrière et de ses droits sociaux afférents dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu à ce stade d'assortir le prononcé de cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme C, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, verse au CHBD la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de ce centre hospitalier une somme de 1 500 euros au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 24 avril 2023 par laquelle le directeur du CHBD a refusé de reclasser Mme C dans le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière de catégorie A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du CHBD de reclasser Mme C dans le corps des préparateurs en pharmacie hospitalière de catégorie A à compter du 26 janvier 2022, dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : Le CHBD versera une somme de 1 500 euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au centre hospitalier Buech Durance.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.
La rapporteure,
signé
L. B
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
N°2305533
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026