jeudi 18 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2305678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SASSATELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juin 2023, Mme E F, représentée par Me Sassatelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 mai 2023 par laquelle la présidente du département des Alpes-de-Haute-Provence a suspendu son agrément d'assistante maternelle ;
2°) de mettre à la charge du département des Alpes-de-Haute-Provence une somme de 5000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est signée par un auteur qui n'est pas habilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2023, le département des Alpes-de-Haute-Provence a conclu au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par Mme F ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en application des articles R.613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative, au 22 juillet 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu:
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, rapporteure,
- les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F a été recrutée par le département des Alpes-de-Haute-Provence le 15 novembre 2007 en qualité d'assistante maternelle et a obtenu le renouvellement de son agrément pour l'accueil de quatre enfants le 24 septembre 2019. Le 16 avril 2023, le conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence a été informé par la mère d'un jeune enfant de deux ans, habituellement gardé par l'intéressée, que le père de la requérante avait tenu des propos de nature sexuelle inappropriés pour son âge et avait mis en cause ce dernier. Le 17 avril 2023, la mère de l'enfant a déposé plainte au commissariat de police. Le 27 avril 2023, les services de police ont informé le service territorial d'action sociale sud du conseil départemental de l'ouverture d'une enquête judiciaire à l'encontre du père de Mme F. Le 4 mai 2023, la présidente du conseil départemental a décidé de suspendre son agrément pour une durée de quatre mois. L'intéressée demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi.
3. Si la présidente du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence a maintenu par courrier du 25 juillet 2023 l'agrément de Mme F et a levé la mesure de suspension à la date de réception dudit courrier, cette circonstance n'a pas eu pour effet de retirer la décision attaquée du 4 mai 2023 qui a ainsi produit des effets. Dans ces conditions, les conclusions de la requête n'étant pas devenues sans objet, l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C A, signataire de la décision attaquée, disposait, en sa qualité de médecin coordinateur du service Protection maternelle et infantile du département des Alpes-de-Haute-Provence, d'une délégation de signature en vertu de l'arrêté du 26 avril 2023 de la présidente du conseil départemental, à l'effet de signer " tout documents, notamment arrêtés, titres, autorisations agréments et décisions afférents aux divers droit, prestations et prises en charge individuelles délivrées et notifiés dans le cadre légal et réglementaire fixant les compétences du département en matière d'action sociale et de santé " en cas d'absence ou d'empêchement simultané de M. D B, directeur général adjoint du pôle solidarité, collège, culture et sport. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que M. B n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du Conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément () ".
6. Il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis, et de procéder à la suspension ou au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont pas ou plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, de la part du bénéficiaire de l'agrément ou de son entourage, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être. Il peut, en outre, si la première appréciation de ces éléments révèle une situation d'urgence, procéder à la suspension de l'agrément.
7. La présidente du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence a suspendu l'agrément de Mme F en raison d'une suspicion d'un défaut de surveillance grave d'un jeune enfant qui lui était habituellement confié.
8. Pour prendre la décision contestée, l'autorité territoriale s'est fondée sur les informations délivrée par la mère du jeune enfant le 16 avril 2023, son dépôt de plainte auprès du commissariat le 17 avril 2023, et sur l'ouverture d'une enquête judiciaire à l'encontre du père de Mme F par les services de police dont elle a été informée le 27 avril 2023. Il ressort du compte-rendu de la commission consultative paritaire départementale du 11 juillet 2023, qui reprend les faits, que cet enfant avait tenu des propos de nature sexuelle inapproprié pour son âge et qu'il a indiqué que le père de Mme F aurait eu à son égard des gestes déplacés alors qu'il jouait dans son jardin situé à proximité de son lieu de garde. La gravité des faits relatés par l'enfant ainsi que leur caractère concordant, suffisamment précis et vraisemblable permettaient de suspecter que les conditions d'accueil garantissant la sécurité, la santé et l'épanouissement des quatre enfants accueillis par Mme F n'étaient pas remplies en dépit de la présence d'autres assistantes maternelles dans les lieux de garde et justifiait la mise en œuvre immédiate d'une mesure de suspension. Si la requérante soutient que la décision repose uniquement sur les déclarations d'un enfant de deux ans et dix mois qui ne comprend pas nécessairement la portée de ses propos et qu'elle justifie au contraire de très nombreuses attestations de nature à établir la qualité et le sérieux de son travail, cette seule circonstance ne permet pas de remettre en cause la teneur des éléments d'information à disposition du conseil départemental à la date de la décision contestée, dès lors que l'enfant qui a signalé les faits a été examiné par un psychologue judiciaire et l'intervenante sociale du commissariat. Dans ces conditions, la présidente du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence a pu sans commettre d'erreur d'appréciation suspendre son agrément en application de l'article L. 421-6 alinéa 3 du code de l'action sociale et des familles et se devait de mettre en place les mesure de protection nécessaires à la protection de l'enfant.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E F et au département des Alpes-de-Haute-Provence.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Fedi, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Fabre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2025.
La rapporteure,
signé
F. Le Mestric
Le président,
signé
G. Fedi
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026