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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2305858

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2305858

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2305858
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBATAILLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 24 et 29 juin 2023,

M. B C, retenu au centre de rétention administrative de Marseille, représenté par Me Bataillé, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans assortie d'un signalement dans le système d'information Schengen (SIS) ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil qui renonce dans ce cas à percevoir la part contributive de l'État due au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine préalable du médecin de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) s'agissant de son état de santé ;

- elle est entaché d'erreur de droit dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L.611-3 alinéa 9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'alinéa 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision portant refus de délai de départ de volontaire :

- la décision est insuffisamment motivée et méconnait les dispositions de l'article L.612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'un défaut d'examen et d'une insuffisance de motivation dès lors qu'elle méconnait les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre ;

- la décision présente un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle en méconnaissance des dispositions des articles L.612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace actuelle pour l'ordre public ;

Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu la prestation de serment de M. A, interprète en langue arabe.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Journoud pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Journoud, magistrate désignée,

- les observations de Me Bataillé pour M. C, présent et assisté de M. A, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête et le mémoire complémentaire, par les mêmes moyens et qui fait valoir en outre, que son client aurait déposé une demande d'asile, sans pouvoir l'établir toutefois.

Le préfet des Bouches-du-Rhône n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, né le 8 août 1999, de nationalité algérienne, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Marseille, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

3. Contrairement à ce que soutient le requérant, les décisions en litige comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, par suite, suffisamment motivées. Le moyen, dirigé à l'encontre de l'ensemble des décisions, doit être écarté comme manquant en fait.

4. Par ailleurs, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté en litige ni d'aucune pièce du dossier que le préfet se soit abstenu de procéder à un examen de la situation personnelle du requérant. Ce moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Toutefois, lorsque l'étranger est assigné à résidence aux fins d'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français ou placé ou maintenu en rétention administrative en application du titre IV du livre VII, l'avis est émis par un médecin de l'office et transmis sans délai au préfet territorialement compétent ". Aux termes de l'article R. 611-2 du même code : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () " En vertu des dispositions des articles R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, seules applicables dans un tel cas, lorsqu'elle envisage de prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger, l'autorité préfectorale n'est tenue de recueillir préalablement l'avis du collège de médecins de l'OFII que si elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis et circonstanciés permettant d'établir que l'intéressé présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une telle mesure d'éloignement, et ce alors même que l'intéressé n'a pas sollicité le bénéfice d'une admission au séjour en France sur le fondement de son état de santé.

6. M. C fait état de ce qu'il aurait fait l'objet de violences en Algérie, lui ayant causé un traumatisme crânien et une triple fracture de la cheville gauche. Il précise qu'il aurait été mal opéré dans son pays d'origine et qu'il doit faire l'objet d'une nouvelle opération en France, et que faute d'avis préalable du médecin de l'OFII, la décision en litige est irrégulière. Toutefois, si le requérant a fait valoir ces éléments dans le cadre de son audition le 23 juin 2023, il ne ressort pas des pièces du dossier que celui-ci aurait introduit une demande de titre de séjour au regard de son état de santé depuis son arrivée sur le territoire français ni qu'il justifie de ses allégations par la production d'éléments médicaux. Par ailleurs, M. C a indiqué ne pas souhaiter être examiné par un médecin dans le cadre de sa retenue. Dans ces conditions, l'intéressé ne peut être regardé comme établissant que le préfet des Bouches-du-Rhône disposait d'éléments suffisamment précis et circonstanciés permettant de justifier qu'il présentait un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Le préfet n'était ainsi pas tenu de recueillir l'avis du collège des médecins ou du médecin désigné par le directeur général de l'OFII avant de prendre l'arrêté contesté. Par suite, les moyens tirés du vice de procédure et de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

7. Par ailleurs, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".

8. Compte-tenu de ce qui a été dit au point 6, M. C se borne à alléguer qu'il présente une triple fracture à la cheville gauche qui nécessite une nouvelle opération en France et qu'il aurait un rendez-vous médical début juillet. Toutefois, ces éléments, au demeurant justifiés par aucune pièce, ne suffisent pas à établir qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Algérie. Le préfet des Bouches-du-Rhône n'a donc pas méconnu les stipulations précitées de l'alinéa 7 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le moyen doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 23 juin 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

10. La décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, permettant au requérant de la contester utilement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

11. Aux termes de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L.612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ;

12. Il ressort des pièces du dossier que M. C qui est entré irrégulièrement en France il y a deux ans selon ses propres déclarations, n'a jamais cherché à régulariser sa situation au regard du droit au séjour. Par suite, il se trouvait dans la situation où en application du 1° de l'article

L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet pouvait refuser pour ce seul motif un délai de départ volontaire. Par ailleurs, le requérant ne dispose d'aucun document de voyage en cours de validité et d'aucune circonstance particulière tenant à sa situation personnelle, propre à justifier qu'un délai lui soit accordé à titre exceptionnel pour quitter volontairement le territoire français. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en ne lui accordant pas un délai de départ volontaire.

13. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 23 juin 2023 fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. La décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, permettant au requérant de la contester utilement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

15. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

16. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C serait exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 23 juin 2023 fixant le pays à destination duquel il sera éloigné d'office.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français.

19. Aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L.612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

20. Pour prononcer à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet des Bouches-du-Rhône a indiqué que le requérant, qui ne justifie pas de circonstances humanitaires, ne justifie pas non plus de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il ne dispose d'aucune attache familiale en France dès lors qu'il déclare être célibataire et sans enfant et que ses parents résident en Algérie. Par suite, M. C ne justifie pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées devant conduire le préfet à s'abstenir d'assortir l'obligation de quitter le territoire français sans délai d'une interdiction de retour, ainsi que le prévoient l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

21. S'agissant de la durée de ladite interdiction, M. C soutient que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public dès lors que son interpellation le 23 juin 2023 ne résulte que d'un simple contrôle d'identité. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C est défavorablement connu des services de police puisqu'il est identifié à sept reprises au fichier automatisé des empreintes digitales sous des alias multiples pour diverses infractions relatives à la législation sur les stupéfiants, pour des faits de violences et outrage à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique suivis d'incapacité n'excédant pas huit jours ou encore pour des faits de violation de domicile et de dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce tenant à l'existence d'une menace à l'ordre public combinée à l'entrée très récente de M. C sur le territoire français, alors même que ses parents résident en Algérie, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à deux ans, cette durée ne présentant pas le caractère disproportionné invoqué puisqu'elle pouvait aller jusqu'à trois ans, et ce, alors même que l'intéressé n'a pas déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement.

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C à fin d'annulation de l'arrêté du 23 juin 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet des

Bouches-du-Rhône.

Délibéré le 29 juin 2023 et lu en audience publique qui s'est tenue le même jour.

Le magistrat désigné,

Signé

L. Journoud

Le greffier,

Signé

T. Marcon

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier

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