jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2306049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CARMIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 29 juin et le 11 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Carmier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite résultant du silence gardé par le préfet des Bouches-du-Rhône sur sa demande, présentée le 28 février 2021, et tendant au renouvellement de son titre de séjour avec changement de statut, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à payer à Me Carmier qui renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle conformément à la combinaison des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
- une décision implicite de rejet de sa demande est bien intervenue en dépit de la délivrance, postérieure, de récépissés ;
- sa requête n'est pas tardive ;
- les motifs du refus contesté n'ont pas été portés à sa connaissance ;
- ce refus méconnaît l'article L. 23-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ce refus porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale alors qu'elle est mère d'enfants français qu'elle élève depuis leur naissance sur le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 10 juillet 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et au rejet du surplus de la requête.
Il fait valoir qu'aucune décision implicite de rejet de la demande de la requérante n'a pu intervenir dès lors que cette demande est toujours en cours d'instruction.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 juin 2023 sous le numéro 2306048 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 juin 2023.
La présidente du tribunal a désigné Mme Menasseyre, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Menasseyre a été lu au cours de l'audience publique tenue le 18 juillet 2023 à 9 heures 30 en présence de Mme Martinez, greffière d'audience.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a bénéficié de deux titres de séjour en qualité d'étudiante, valables du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2020. Elle indique avoir demandé, deux mois avant l'expiration de son dernier titre, son renouvellement avec changement de statut dès lors qu'elle était, entre temps, devenue mère d'un enfant français. Elle s'est vu, à compter du 16 décembre 2020, délivrer des récépissés qui ont été régulièrement renouvelés depuis. Elle a demandé au tribunal d'annuler le refus implicite résultant du silence gardé par le préfet des Bouches-du-Rhône sur sa demande de titre de séjour et demande au juge des référés d'en suspendre l'exécution jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de sa demande.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Si cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, il peut en aller différemment en cas de circonstances particulières. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
4. Aux termes de l'article R. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais repris à l'article R. 432-1 de ce code : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 311-12-1 de ce code désormais repris à l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R.* 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois. ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour présentée par Mme A, qui ne justifie pas de la date du dépôt de cette demande, est intervenue au plus tard quatre mois après la délivrance à l'intéressée de son premier récépissé, soit en avril 2021. Il suit de là que, ainsi que le soutient la requérante, l'exception de non-lieu soulevé par le préfet en défense ne peut qu'être écartée, la délivrance de nouveaux récépissés postérieurement étant sans influence sur la naissance de ce refus implicite.
5. Il apparaît toutefois qu'au cas d'espèce, la situation que dénonce Mme A qui, titulaire d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, ne se trouve pas en situation irrégulière sur le sol français, perdure depuis plus de deux ans. L'intéressée, qui n'était autorisée à séjourner en France qu'en tant qu'étudiante alors que sa demande ne tend pas au renouvellement de ce titre, mais à un changement de statut, n'a envisagé de contester cette situation qu'après avoir laissé s'écouler un délai dont la longueur n'apparaît pas corroborer la situation d'urgence qu'elle invoque. Pour justifier de l'existence d'une telle situation, elle se borne à indiquer qu'elle ne peut voyager, de peur de recevoir une décision de refus alors qu'elle serait à l'étranger, qui l'empêcherait de revenir sur le territoire français et à relever que le récépissé qu'elle détient peut être abrogé à tout moment par l'édiction d'une décision explicite de refus de séjour. Pour incompréhensibles que soient les délais d'instruction de la demande de titre de séjour de Mme A, les circonstances dont elle fait état, alors que le récépissé de renouvellement qu'elle détient lui permet de voyager, qu'elle ne fait état d'aucun projet de voyage à brève échéance et qu'elle a attendu plus de deux ans avant d'envisager de contester le refus implicite dont la suspension est demandée, ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision contestée.
6. Il suit de là que, la condition tenant à l'urgence ne pouvant être regardée comme satisfaite, la requête de Mme A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 20 juillet 2023.
La juge des référés,
Signé
A. Menasseyre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026