vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2306193 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | VINCENSINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juin 2023, M. A B, représenté par Me Vincensini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 19 avril 2023, portant refus d'admission au séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours à compter de la notification de l'arrêté et fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de séjour méconnaît les stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien dès lors qu'il justifie résider en France depuis plus de dix années ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant délai de départ volontaire est illégale dès lors que sa situation personnelle justifie l'attribution d'un délai de départ supérieur à 30 jours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 16 juin 2023, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Brossier.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité algérienne, né le 23 mai 1973, déclare être entré en France le 19 novembre 1999 muni d'un visa de court séjour d'une validité de 30 jours. Il a sollicité, le 8 mars 2000, la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d'asile a été rejetée le 17 avril 2000 par l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), dont la décision a été confirmée par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 20 septembre 2000. Il a par suite sollicité l'asile territorial le 9 janvier 2001, qui lui a été refusé et a fait l'objet d'un premier refus de séjour en date du 18 juillet 2002. Le requérant a fait l'objet de deux arrêtés de reconduite à la frontière en date des 30 octobre 2009 et 20 novembre 2013 et d'une obligation de quitter le territoire par arrêté du 21 juillet 2015. Il a ensuite fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire en date des 9 novembre 2017 et 14 janvier 2022 suite au rejet de ses demandes d'admission au séjour au titre de sa " vie privée et familiale ", dont la légalité de la première a été confirmée par le tribunal administratif de Marseille par jugement du 16 mai 2018. Enfin, le 30 janvier 2023, il a de nouveau sollicité son admission au séjour, au titre de ses dix ans de résidence sur le territoire, sur le fondement du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 19 avril 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande, assorti ce refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours suivant la notification de cet arrêté, fixé le pays de destination et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".
3. Pour justifier de sa résidence en France depuis dix ans à compter de sa demande, M. B produit pour chaque année, à compter du mois d'avril 2013 pour l'essentiel des documents d'ordre médical, des factures et courriers, pour partie manuscrits, ainsi que des quittances de loyers et fiches d'impôt sur le revenu ne révélant la perception d'aucun salaire. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, si certaines de ces pièces sont de nature à attester d'une présence ponctuelle du requérant sur le territoire français, elles ne permettent pas de démontrer une résidence du requérant en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté en litige, notamment en ce qui concerne les années 2013, 2014 et 2015, et ce d'autant que ce dernier ne justifie, ni de son lieu de résidence habituel, ni de ses moyens d'existence durant la période en cause. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas méconnu les stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé en estimant que le requérant ne justifiait pas d'une résidence en France depuis plus de dix ans et en refusant de lui délivrer le certificat de résidence algérien correspondant.
4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Si M. B fait valoir qu'il est établi en France depuis plus de dix ans, il ne justifie toutefois pas d'une résidence de cette durée, ainsi qu'il a été exposé précédemment. Le requérant, célibataire et sans enfant, ne se prévaut par ailleurs de la présence en France d'aucun membre de sa famille ni ne fait valoir autre élément permettant de démontrer l'existence d'une vie privée et familiale particulière sur le territoire. Dans ces conditions, la décision en litige ne peut être regardée comme ayant porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () / 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ".
8. Dès lors qu'il n'est pas établi, ainsi qu'il a été dit précédemment, que le requérant réside en France depuis plus de dix ans, le moyen tiré de la violation du 3° de l'article L. 611-3 précité doit être écarté.
Sur la décision portant le délai de départ volontaire à trente jours :
9. L'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision./ L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ".
10. Le préfet des Bouches du Rhône a motivé le choix de la durée de trente jours dont M. B dispose pour quitter volontairement le territoire français, en estimant notamment que sa situation personnelle, par ailleurs décrite dans l'arrêté contesté, ne justifiait pas qu'à titre exceptionnel un délai supérieur lui soit accordé. Alors qu'il a par ailleurs visé l'article L. 612-1 précité, qu'il a été dit au point 3 que le requérant ne justifiait pas de dix ans de résidence en France, et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait expressément demandé à bénéficier d'un délai supérieur, le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet ne lui a pas accordé un délai de départ volontaire supérieur au délai commun de 30 jours.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 19 avril 2023. Ses conclusions subséquentes aux fins d'injonction et de remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens doivent par suite être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Vincensini.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Charpy, conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
C. Charpy
Le président,
Signé
J.B. Brossier
La greffière,
Signé
D. Dan
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026