vendredi 11 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2306238 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | PUIGRENIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juin 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Il soutient que les motifs de l'arrêté sont erronés.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que l'arrêté en litige est fondé.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, la magistrate désignée a présenté son rapport et entendu :
- les observations de M. B, père du requérant actuellement incarcéré au centre pénitentiaire d'Aix-en-Provence, pour M. A B, qui fait valoir notamment que toute la famille de M. A B réside en France : son père (lui-même), qui réside à Istres, ainsi que sa mère (séparée de son père) et ses deux frères de 16 et 9 ans, qui vivent à Miramas, et avec lesquels M. B avait jusqu'alors vécu, qu'il est arrivé mineur en France en 2013 ; ses oncles et tantes vivent également en France ; que M. A B a été scolarisé à Miramas en classe de troisième en 2021, qu'il est désormais suivi par une éducatrice et a commencé à suivre des formations dans le cadre de l'école de la deuxième chance ; qu'à sa sortie de prison, il souhaite commencer à travailler tout en continuant de se former ; qu'il entend s'insérer, il est jeune, n'a que 18 ans et veut commencer à travailler ; qu'il compte, à sa libération, vivre auprès de son père à Istres afin d'être embauché dans une entreprise dans laquelle travaille également son père ; que les faits qu'il a commis sont graves mais ne nécessitent pas qu'il soit obligé de quitter le territoire français, où il vit, auprès de sa famille,
- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Un mémoire produit pour M. B par Me Puigrenier le 10 août 2023 à 10h11, postérieurement à l'audience tenue à 9h45 et à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant espagnol né en 2005, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 juin 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre [citoyens de l'Union européenne], à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".
3. Pour fonder l'obligation de quitter le territoire français, le préfet des Bouches-du-Rhône a considéré que le comportement de M. B était constitutif d'une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Il ressort effectivement des pièces du dossier que M. B a été condamné à deux reprises, d'une part le 3 octobre 2022 à une peine de deux mois d'emprisonnement pour usage illicite de stupéfiants et transport, détention et acquisition non autorisée de stupéfiants, et d'autre part le 15 février 2023 à une peine d'emprisonnement de dix-huit mois dont douze avec sursis, pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants en récidive, rébellion, violence sur un fonctionnaire de police nationale suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, en récidive. Toutefois, l'intéressé, âgé de 18 ans, fait valoir par l'intermédiaire de son père à l'audience, qu'il n'a pas de connaissances en Espagne, alors que l'intégralité de sa famille nucléaire vit en France, qu'il a été scolarisé à Miramas puis à l'école de la deuxième chance, qu'il est suivi par une éducatrice et entend chercher un emploi à l'issue de sa détention. Il fait également valoir qu'il va aller vivre chez son père afin d'être accompagné dans la recherche d'emploi. Il résulte de ce qui précède que, pour regrettables et condamnables que soient les faits ayant justifié les condamnations pénales, le comportement de l'intéressé, compte tenu de l'ensemble des circonstances relatives à sa situation et en particulier son jeune âge, sa durée de présence en France, ses attaches familiales et l'absence de lien avec son pays d'origine, ne peut être regardé comme constituant, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, comme une menace suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision du 29 juin 2023 faisant obligation à M. B de quitter le territoire français doit être annulée ainsi que par voie de conséquence, les décisions le privant d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 29 juin 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône portant obligation de M. B de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office et lui faisant interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 août 2023.
La magistrate désignée
Signé
A. C
Le greffier
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026