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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2306269

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2306269

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2306269
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGUEYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 26 juin, 1er septembre et 4 septembre 2023, M. D A, représenté par Me Gueye, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 juin 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", en qualité de conjoint de français, dans le délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil, qui s'engage dans ce cas à renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence de son auteur ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur de droit au regard des articles 6 et 7 de la convention franco-sénégalaise ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa vie conjugale était récente et qu'il ne justifiait pas d'une entrée régulière en France :

- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale ;

- et méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est illégale par exception de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les dispositions des articles L. 611-1 et L. 611-3 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

La décision portant délai de départ volontaire :

- méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale ;

- est illégale dès lors que sa situation justifie qu'un délai " raisonnable " lui soit accordé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 9 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 septembre 2023.

Par une décision du 8 septembre 2023, la demande d'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 et son avenant du 25 février 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Hameline, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D A, ressortissant sénégalais né le 8 septembre 1988, déclare être entré en France le 11 janvier 2018 et s'y être maintenu continuellement depuis. Le 6 mars 2023 il a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour en qualité de conjoint de français, sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 juin 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué du 3 juin 2023 a été signé par Mme B E, cheffe de section des affaires juridiques au sein du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile à la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui bénéficiait d'une délégation, accordée par arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône n° 13-2023-05-16-00003 du 16 mai 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 13-2023-114 du même jour, à l'effet de signer notamment les refus de séjour et les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit dès lors être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. Les décisions contestées visent les textes dont elles ont fait application, notamment les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles de la convention franco-sénégalaise, ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elles exposent, par ailleurs, avec suffisamment de précision les éléments déterminants de la situation personnelle et familiale du requérant. Cette décision comporte ainsi de façon circonstanciée et non stéréotypée, l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de refus de séjour doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; () ". L'article L. 412-1 du même code prévoit que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance de la carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. () ". Aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

6. Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite une première demande de titre de séjour en tant que conjoint de français doit justifier notamment de son entrée régulière en France. En l'espèce, M. A, qui se borne à déclarer qu'il est entré régulièrement dans l'espace Schengen via le Portugal, le 23 novembre 2017, puis aurait résidé chez sa sœur au Luxembourg, avant d'arriver en France le 11 janvier 2018, ne justifie ni d'un visa de long séjour, ni d'une entrée régulière sur le territoire français lui permettant de se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la seule circonstance qu'il se soit vu délivrer un visa de court séjour par les autorités consulaires belges valable du 21 novembre 2017 au 16 janvier 2018 ne permettant pas par elle-même de démontrer la date d'une entrée régulière de l'intéressé en France. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône, qui n'a pas commis d'erreur de fait ni d'appréciation en relevant que le requérant ne justifiait pas d'une entrée régulière en France, n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française.

7. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1.Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

8. En l'espèce, M. A, qui déclare être entré sur le territoire français le 11 janvier 2018, soutient avoir fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France auprès de son épouse, Mme C, de nationalité française, avec lequel il s'est uni en mariage le 14 janvier 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la communauté de vie entre le requérant et son épouse n'est justifiée qu'à compter du mois d'avril 2022 et présente donc un caractère récent à la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, M. A ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident ses parents et une partie de sa fratrie, alors même qu'il allègue, sans en justifier, que sa mère est décédée. Enfin, M. A ne se prévaut d'aucune insertion professionnelle particulière dans la société française. Le requérant ne fait ainsi état d'aucun obstacle à ce qu'il retourne au Sénégal pour y solliciter un visa de long séjour en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française. Dans ces conditions, la décision contestée ne saurait être regardée comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle et familiale du requérant.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal sur la circulation et le séjour des personnes du 1er août 1995 : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle () doivent être munis du visa de long séjour prévu à l'article 4 après avoir été autorisés à exercer cette activité par les autorités compétentes de l'Etat d'accueil ". Et aux termes de l'article 7 de cette même convention : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de s'établir sur le territoire de l'autre Etat sans y exercer une activité lucrative doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier de la possession de moyens d'existence suffisants. ".

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français, ait demandé au préfet des Bouches-du-Rhône un titre de séjour sur le fondement de l'une ou l'autre des stipulations précitées de l'accord franco-sénégalais, et notamment en vue d'exercer une activité professionnelle, salariée ou libérale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut en tout état de cause qu'être écarté.

11. En sixième lieu, le requérant ne saurait invoquer utilement à l'encontre de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour, qui ne constitue pas par elle-même une mesure d'éloignement, la méconnaissance des stipulations aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 4, l'arrêté contesté est suffisamment motivé en tant qu'il rejette la demande de titre de séjour formée par M. A. Par ailleurs, le préfet y examine expressément la situation du requérant quant à l'édiction d'une mesure d'éloignement, tant au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme que des protections instituées par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile contre l'édiction d'une telle mesure. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

13. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 11 qu'aucun des moyens soulevés par M. A à l'encontre de la décision du préfet des Bouches-du-Rhône rejetant sa demande de titre de séjour n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 6° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française () ".

15. Ainsi qu'il a été dit au point 8, M. A a célébré son mariage avec une ressortissante française le 14 janvier 2023, il ne peut dès lors pas soutenir qu'il est marié depuis au moins trois ans. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 6° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut, par suite, qu'être écarté.

16. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle du requérant.

17. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

18. En se bornant à soutenir que le préfet des Bouches-du-Rhône a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le requérant n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il n'établit pas qu'il serait exposé à un risque sérieux et actuel de subir des traitements prohibés par les stipulations précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations par l'arrêté contesté en tant qu'il fixe le pays de destination pour l'exécution forcée de la mesure d'éloignement doit être écarté.

Sur la décision portant délai de départ volontaire :

19. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".

20. Il résulte de ces dispositions que le délai de trente jours, accordé à un étranger pour exécuter une obligation de quitter le territoire français correspond au délai de droit commun. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait demandé à bénéficier d'un délai de départ supérieur à trente jours. Par ailleurs, si M. A se prévaut de ses liens familiaux, sociaux et professionnels intenses avec la France, il n'établit pas qu'il serait dans l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement dans le délai de droit commun de trente jours. En tout état de cause, ces seules circonstances ne constituent pas, compte tenu de ce qui a été dit au point 8, des éléments de nature à justifier un délai de départ volontaire d'une durée supérieure. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché d'illégalité sa décision en ne lui octroyant pas un délai de départ volontaire plus long et les moyens tirés de ce que le préfet des Bouches-du-Rhône aurait commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation doivent donc être écartés.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris en ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que ses conclusions présentées au profit de son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Doro Gueye et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Hameline, présidente,

- Mme Fabre, première conseillère,

- Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

signé

E. FabreLa présidente-rapporteure,

signé

M-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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