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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2307266

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2307266

mardi 12 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2307266
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP LESAGE BERGUET GOUARD-ROBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 et 3 août 2023, le Gaec Notre Dame de Crau, représenté par la SCP Lesage Berguet Gouard-Robert demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à l'ASA des Arrosants d'Eyguières de rétablir, sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, les tours d'eau dont il est en droit de bénéficier, conformément aux quantités d'eau effectivement facturées et au règlement d'arrosage ;

2°) d'ordonner à l'ASA des Arrosants d'Eyguières de lui communiquer les éléments de répartition et quantité de l'attribution d'eau sur ses parcelles, ainsi que les jours exacts d'arrosage, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ainsi que les documents relatifs au périmètre d'arrosage de l'ASA ;

3°) de mettre à la charge de l'ASA des Arrosants d'Eyguières une somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée, dès lors que ses parcelles, au 31 juillet 2023, sont complètement sèches ;

- il ne bénéficie de l'eau à laquelle il a droit en méconnaissance du règlement de service de l'ASA ;

- les pièces communiquées ne lui permettent pas d'identifier ses parcelles dans le tour d'eau rattaché aux fillioles mais seulement de connaître la période d'arrosage ; il existe des incohérences dans les documents communiqués

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2023, l'ASA des Arrosants d'Eyguières, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du GAEC de Notre Dame de la Crau une somme de 2500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- le Gaec ne justifie pas de l'urgence des mesures sollicitées ;

- les mesures sollicitées ne sont pas utiles, sont imprécises pour certaines et dépourvues d'utilité ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Josset pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Le Gaec Notre Dame de la Crau demande au juge des référés, saisi sur le fondement des disposition de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à l'ASA des Arrosants d'Eyguières de rétablir, sans délai, les tours d'eau dont il est en droit de bénéficier, conformément aux quantités d'eau effectivement facturées et au règlement d'arrosage, de lui communiquer les éléments de répartition et quantité de l'attribution d'eau sur ses parcelles, les jours exacts d'arrosage, ainsi que les documents relatifs au périmètre d'arrosage de l'ASA.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Il résulte de ces dispositions que, saisi d'une demande présentée sur ce fondement, qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. D'une part, s'il résulte de l'instruction et notamment du constat d'huissier du 24 juin 2022 établi à la demande du Gaec Notre Dame de la Crau que les parcelles du Gaec requérant sont desséchées, celui-ci n'établit, au vu des photos annexées au constat réalisé le 31 juillet 2023, ni que tel serait également le cas à cette dernière date, et à fortiori à une date ultérieure, ni que cette situation résulterait d'une suppression de tours d'eau en défaveur du Gaec requérant, alors que l'ASA des Arrosants d'Eyguières fait valoir, sans être sérieusement contredite, que les tours d'eau Paradis établis à la suite de la réunion du 5 avril 2023 ont été respectés. Dans ces conditions, le Gaec requérant ne justifie ni de l'urgence à ce qu'il soit enjoint à l'ASA d'Eyguières de rétablir les tours d'eau dont il bénéfice, ni de l'utilité de la mesure demandée, au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. D'autre part, il résulte de cette même instruction, que le règlement d'arrosage communiqué le 23 juillet 2023, par l'Asa de l'Eyguieres au Gaec Notre Dame de la Crau permet à ce dernier de connaître les périodes d'arrosage pour chaque section, lequel précise, selon les cas, les périodes d'arrosage par série de section, les périodes d'arrosages par partie de série pour chaque secteur, jours et heures d'arrosage, l'ASA soutenant, en outre, qu'elle ne dispose pas d'autres documents que celui-là. Dans ces conditions, outre que le Gaec requérant ne justifie pas, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point précédent, de l'urgence à la communication des documents demandés, la mesure sollicitée ne présente pas de caractère utile au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

6. Enfin, l'ASA des Arrosants d'Eyguières fait valoir, sans être contredite, que si effectivement plusieurs sections cadastrales, comme l'affirme le Gaec requérant, ne sont pas mentionnées dans la liste annexée à ses statuts, cette situation et le document graphique relatif au périmètre de l'ASA sont en cours d'actualisation et de régularisation. Par suite, et alors qu'il n'est pas d'avantage justifié de l'urgence à obtenir la communication des documents relatifs au périmètre d'arrosage de l'ASA, la mesure sollicitée par le Gaec Notre Dame de la Crau ne présente pas, en l'état de l'instruction, de caractère utile.

7. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par le Gaec Notre Dame de la Crau et celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions de l'ASA d'Eyguières présentées sur le même fondement.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du Gaec Notre Dame de la Crau est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'ASA d'Eyguières sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article3: La présente ordonnance sera notifiée au Gaec Notre Dame de la Crau et à l'ASA des Arrosants d'Eyguières.

Fait à Marseille, le 12 septembre 2023.

La juge des référés,

signé

M. Josset

La République mande et ordonne au ministre de la santé et des préventions en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

Le greffier,

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