mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2307556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL WALGENWITZ AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 août 2023, Mme D B, représentée par Me Walgenwitz, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la commune d'Alleins à lui verser une provision de 70 000 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices subis du fait de sa maladie professionnelle ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Alleins une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa créance présente un caractère non sérieusement contestable ;
- compte tenu de la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie, elle est fondée à obtenir réparation des préjudices supportés tant pour la maladie professionnelle de l'épaule gauche que de l'épaule droite ;
- elle a subi plusieurs préjudices qu'elle évalue à 86 781,60 euros au titre des préjudices extra-patrimoniaux pour sa pathologie de l'épaule gauche et à 59 493,20 euros au titre des préjudices extra-patrimoniaux afférents à celle de l'épaule droite.
La procédure a été régulièrement communiquée à la commune d'Alleins, qui n'a pas présenté d'observations en défense.
Par ordonnance du 13 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Hameline, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, adjointe technique territoriale principale de 2ème classe, est employée au sein des services de la commune d'Alleins depuis 2006. Elle a été placée le 15 novembre 2017 en arrêt de travail pour maladie en raison d'une pathologie de l'épaule droite. Par un arrêté du maire d'Alleins du 3 juin 2019, sa maladie a été reconnue imputable au service. Par une ordonnance n° 2006949 du 23 décembre 2020, le tribunal administratif a désigné un expert aux fins de décrire l'état de santé de Mme B et de donner son avis sur l'existence des préjudices allégués. L'expert a remis son rapport le 31 mars 2022. Mme B, après avoir formé une demande indemnitaire préalable datée du 31 juillet 2023 auprès de la commune d'Alleins, demande au juge des référés de condamner la commune à lui verser une provision de 70 000 euros sur la réparation des préjudices causés par sa maladie professionnelle.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant. Il résulte par ailleurs des dispositions précitées que le juge du référé provision statue à titre provisoire, seul le juge du fond ayant compétence pour fixer le montant définitif d'une indemnisation, sans être lié par l'appréciation provisionnelle du juge des référés.
En ce qui concerne l'existence d'une obligation non sérieusement contestable :
4. Les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité, déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les intéressés peuvent prétendre, au titre des conséquences patrimoniales de l'atteinte à l'intégrité physique, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font, en revanche, obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui a enduré, du fait de l'accident ou de la maladie, des dommages ne revêtant pas un caractère patrimonial, tels que des souffrances physiques ou morales, un préjudice esthétique ou d'agrément ou des troubles dans les conditions d'existence, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incomberait.
5. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 3 juin 2019, le maire d'Alleins a reconnu imputable au service la pathologie de Mme B affectant son épaule droite. Dans le cadre de l'expertise ordonnée par le tribunal, le Dr C, chirurgien orthopédiste, a établi un rapport le 31 mars 2022 après examen de l'intéressée. Il a retenu l'existence d'un déficit fonctionnel temporaire partiel du 20 octobre 2017 au 23 juin 2019, date retenue pour la consolidation de son état de santé. L'expert a évalué le déficit fonctionnel permanent dont elle demeure atteinte concernant l'épaule droite à 10 %. Il a par ailleurs évalué les souffrances endurées par Mme B à 2,5 sur une échelle de 1 à 7 et son préjudice esthétique à 0,5 sur 7. Ces éléments ne sont pas contestés par la commune d'Alleins qui n'a pas présenté d'observations en défense dans la présente instance. En revanche, le médecin expert n'a pas reconnu comme imputable au service la pathologie fonctionnelle de Mme B concernant son épaule gauche dont il a estimé qu'elle était sans lien avec son activité professionnelle. Dans ces conditions, et alors même que la requérante se prévaut en outre des conclusions d'un rapport médical établi à sa demande le 27 octobre 2022 par le Dr A qui inclut sa pathologie de l'épaule gauche, l'existence de l'obligation de la commune d'Alleins envers Mme B présente un caractère non sérieusement contestable, au sens des dispositions précitées de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, en ce qui concerne la réparation des seuls préjudices résultant de sa pathologie de l'épaule droite.
En ce qui concerne le montant de la provision :
6. Eu égard à l'âge de la requérante, soit cinquante ans à la date de consolidation de son état de santé retenue par l'expert, à la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel, au taux du déficit fonctionnel permanent fixé à 10 %, aux souffrances endurées et au préjudice esthétique rappelés au point précédent, ainsi qu'à l'absence de justifications du préjudice d'agrément invoqué par Mme B, la créance détenue par celle-ci doit être regardée comme revêtant un caractère de certitude suffisant à hauteur d'une somme globale de 2 000 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, d'une somme de 2500 euros au titre des souffrances endurées, d'une somme de 500 euros au titre du préjudice esthétique et d'une somme de 11 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, soit une somme totale dont la requérante peut se prévaloir de manière non sérieusement contestable de 16 000 euros.
7. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de l'instruction, il y a lieu de condamner la commune d'Alleins à verser à la requérante une provision d'un montant de 16 000 euros.
En ce qui concerne les intérêts :
8. La requérante a droit aux intérêts au taux légal correspondant à cette provision à compter de la date de réception par la commune d'Alleins de sa réclamation préalable du 31 juillet 2023. En revanche, s'agissant de la demande de capitalisation des intérêts formée le 9 août 2023, à la date de la présente ordonnance, il n'est pas dû une année d'intérêts. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de rejeter cette demande.
Sur les frais d'instance :
9. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune d'Alleins une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : La commune d'Alleins est condamnée à verser à Mme B une provision de 16 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception par la commune de sa réclamation datée du 31 juillet 2023.
Article 2 : La commune d'Alleins versera à Mme B une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B et à la commune d'Alleins.
Fait à Marseille, le 5 juin 2024.
La juge des référés,
signé
M-L. Hameline
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026