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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2307624

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2307624

lundi 18 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2307624
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMORA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 août et 14 septembre 2023, M. C B, représenté par Me Mora, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles le préfet s'est fondé pour prendre les décisions contestées ;

2°) d'annuler la décision portant obligation de quitter le territoire français du 13 août 2023 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et l'a inscrit dans le système d'information Schengen (SIS) ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'arrêté pris dans son ensemble :

- il est insuffisamment motivé ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation, notamment eu égard aux circonstances particulières de sa garde à vue et plusieurs erreurs sur la matérialité des faits ont été retranscrites dans les procès-verbaux d'audition ;

- il a été signé par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il a été pris en méconnaissance des principes de loyauté et du contradictoire.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'il ne représente pas une menace actuelle à l'ordre public ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle ;

- ses droits ont été méconnus lors de son interpellation et au cours de procédure dès lors qu'il a n'a pas eu accès à une assistance effective d'un avocat et qu'il a été privé arbitrairement de liberté ;

- le préfet aurait dû s'abstenir de prendre une décision portant obligation de quitter le territoire à l'encontre d'un étranger initialement venu déposer plainte, il a ainsi entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation emportant des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle et professionnelle.

Sur la décision lui refusant le bénéfice d'un délai de départ volontaire :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à raison de son caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle ;

- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation et porte ainsi une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée, familiale et professionnelle ;

Sur la décision portant inscription dans le système d'information Schengen :

- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2023, le préfet des

Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de F a désigné M. Secchi pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 septembre 2023 :

- le rapport de M. Secchi ;

- les observations de Me Mora, avocate de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens mais abandonne les conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire ;

- les observations de M. B ;

- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant algérien né le 18 mars 1995, a fait l'objet le 13 août 2023 d'un arrêté par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de l'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. B sollicite, par sa demande, l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions tendant à la communication par l'administration de l'ensemble des pièces sur lesquelles elle s'est fondée pour prendre les décisions contestées :

2. L'affaire est en état d'être jugée, le principe du contradictoire a été respecté et il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles s'est fondé le préfet des Bouches-du-Rhône pour prendre les décisions contestées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".

4. L'arrêté du 13 août 2023 vise la réglementation applicable à la situation de M. B, notamment l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne la circonstance que le requérant ne justifie ni disposer d'un titre de séjour en cours de validité, qu'il est célibataire et sans enfant. Dans ces conditions, l'arrêté en litige est suffisamment motivé au regard des exigences du code des relations entre le public et l'administration et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. B, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté litigieux, que le préfet des

Bouches-du-Rhône, qui n'est pas tenu de faire figurer l'ensemble des considérations de fait sur lesquelles il a fondé sa décision, aurait omis de procéder à un examen particulier de sa situation personnelle. La circonstance que les conditions de sa garde à vue et que les procès-verbaux d'audition comporteraient plusieurs erreurs ou omissions étant en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision en litige dès lors que celle-ci n'est pas fondé sur de tels faits.

6. En troisième lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme A E, sous-préfète, qui a reçu, par un arrêté du 10 février 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Bouches-du-Rhône du même jour, délégation de signature à l'effet de signer tous les actes en matière d'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées manque en fait et ne peut qu'être écarté.

7. En dernier lieu, si, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

8. M. B soutient avoir été empêché de présenter les éléments tirés de sa situation personnelle en lien avec son séjour en France. Il ressort pourtant des pièces du dossier et des déclarations faites à l'audience que le requérant a pu faire valoir les éléments essentiels de sa situation, liés d'une part à sa situation affective puisqu'il mentionne avoir " une copine qui s'appelle Audrey " et d'autre part sur son activité professionnelle puisque suite à ses déclarations, son employeur a été convoqué à l'occasion de son audition par les services de gendarmerie le 13 août 2023. M. B a également confirmé à cette occasion qu'il était informé d'avoir fait l'objet d'une mesure d'éloignement en date du 28 mai 2022 assortie d'une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de trois ans. Si le requérant soutient que certaines omissions ou erreurs figurent au procès-verbal de son audition, ces dernières ne caractérisent ni un défaut de loyauté ni une méconnaissance du principe du contradictoire dès lors que les éléments essentiels de sa situation ont été portés à la connaissance du préfet avant l'adoption de la décision en litige, nonobstant la circonstance que l'arrêté a été pris le même jour que son audition. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure dans le cadre de l'adoption de la décision en litige manque en fait et doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

9. En premier lieu, M. B soutient qu'il ne constitue plus une menace de trouble à l'ordre public. Il ressort cependant des pièces du dossier qu'il a été condamné sous une autre identité par le tribunal pour enfants de F le 28 janvier 2021 à une peine de 12 mois d'emprisonnement pour fausse déclaration sur l'état civil d'une personne, destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes et vol avec violence. Il a également été condamné le 26 mai 2021 par le tribunal pour enfants de D à une peine de 6 mois d'emprisonnement pour des faits de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance. Compte tenu du caractère récent, grave et répété des agissements commis, qui ont justifiés des peines d'emprisonnement pour un quantum total de 18 mois et dont l'exécution a pris fin seulement 20 mois avant la décision en litige, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il constituait une menace pour l'ordre public.

10. En deuxième lieu, si M. B soutient qu'il aurait été privé de l'assistance effective d'un avocat, il ressort cependant des pièces du dossier que deux avocats l'ont assisté successivement au cours de sa garde-à-vue. S'il invoque le fait que ce changement d'avocat était à l'initiative de l'officier de police judiciaire en charge de son audition, cette circonstance est en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision en litige.

11. M. B soutient en troisième lieu avoir été arbitrairement privé de liberté. Le juge administratif est cependant incompétent pour se prononcer sur un tel moyen alors qu'en tout état de cause le juge des libertés et de la détention a mis fin à sa rétention par une ordonnance du 16 août 2023.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. Si le requérant fait valoir au titre de sa vie privée et familiale une relation avec une ressortissante française depuis trois années, la seule attestation d'hébergement produite qui n'est assortie d'aucune pièce justificative est à cet égard insuffisante pour pouvoir considérer comme établie cette communauté de vie alors que le requérant se déclare dans plusieurs pièces de la procédure sans domicile fixe et mentionne de multiples adresses postales. Il doit dès lors être regardé comme étant célibataire et sans enfant. S'il justifie être employé dans une boulangerie depuis seize mois, ce motif est à lui seul insuffisant pour pouvoir considérer qu'il aurait fixé le centre de sa vie privée et familiale en France. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. En dernier lieu, M. B soutient que le préfet aurait dû s'abstenir de prendre une décision portant obligation de quitter le territoire à l'encontre d'un étranger initialement venu déposer plainte et qu'il a ainsi entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation emportant des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle et professionnelle. Aucune disposition ou stipulation ne prévoit que le préfet doive s'abstenir d'agir dans un tel cas de figure, la vérification d'identité n'étant aucunement conditionnée au statut de victime ou de plaignant. Pour les mêmes motifs que ceux cités au point 13, le préfet n'a ainsi pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une disproportion sur les conséquences que celle-ci emporte sur la situation du requérant.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

15. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " L'article L. 612-3 du même code prévoit : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser à M. B un délai de départ volontaire, le préfet des Bouches-du-Rhône a notamment retenu que l'intéressé se maintient irrégulièrement sur le territoire depuis sa dernière entrée alléguée en mars 2018, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes et que son comportement représente une menace pour l'ordre public. Si le requérant soutient disposer d'un hébergement stable en France, il se contredit lui-même en indiquant à de multiples reprises être sans domicile fixe alors qu'en tout état de cause il représente une menace à l'ordre public et qu'il est entré et se maintient irrégulièrement sur le territoire national malgré les décisions d'éloignement prises à son encontre. Dès lors, entrant notamment dans le champ des dispositions du 1° de l'article L. 612-3 précité, le risque de fuite de M. B, qui s'est précédemment soustrait à une mesure d'assignation à résidence est établi. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions précitées en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

17. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, M. B n'est pas fondé à exciper que la décision portant interdiction de retour serait privée de base légale.

18. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

19. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

20. Il ressort des pièces du dossier que pour interdire à M. B de retourner sur le territoire français pendant une durée de trois ans, le préfet a retenu que l'intéressé, très défavorablement connu des services de police sous plusieurs identités, constitue une menace pour l'ordre public ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent jugement, avait déclaré être entré en France depuis 2018 et ne démontre pas y avoir habituellement résidé depuis cette date, qu'il ne justifiait pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il est sans enfant et qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement. Le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir que le préfet des Bouches-du-Rhône aurait méconnu les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni entaché à cette occasion sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou d'une quelconque disproportion au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle familiale ou professionnelle tant sur le principe de la mesure que sur la durée.

En ce qui concerne la décision portant inscription dans le système d'information Schengen :

21. Les décisions portant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour n'étant pas illégales, M. B n'est pas fondé à exciper que la décision portant inscription dans le système d'information Schengen serait privée de base légale

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

L. Secchi

Le greffier,

Signé

T. Marcon

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour une expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier

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