mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2308446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CARMIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2023, M. et Mme D, représentés par Me Carmier, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'admettre Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 24 juillet 2023 par laquelle le maire de Marseille a rejeté leur demande de dérogation à la carte scolaire en vue d'une inscription de leurs trois enfants au sein de l'école maternelle et élémentaire Malpassé - Les Lauriers, à Marseille, pour l'année scolaire 2023-2024 ;
3°) à titre principal, dans l'attente du jugement à intervenir, d'enjoindre à la commune de Marseille d'inscrire, à titre provisoire, en dérogation à la carte scolaire, leurs trois enfants à l'école Malpassé - les Lauriers ; à titre subsidiaire, de réexaminer leur demande de dérogation ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
Sur l'urgence :
- cette décision doit être urgemment suspendue pour des raisons de santé ; Mme D vient de donner naissance à des jumeaux et souffre de différentes pathologies qui l'empêchent de pouvoir marcher sur moyenne ou longue distance et de conduire ; le jeune A D est également atteint de problèmes de santé ; il est asthmatique et souffre d'un encombrement respiratoire à l'effort ; lui imposer une marche de vingt minutes tous les matins pour se rendre à l'école Saint-Jérôme Village, alors qu'il peut aller à l'école à proximité immédiate de son domicile, semble tout à fait inopportun et dangereux ;
- leur refuser la dérogation scolaire contrevient au respect du droit au respect de la vie privée et familiale, au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dans la mesure où cela les priverait de la possibilité de faire le chemin de l'école ensemble ;
- la décision en litige contrevient à la protection de l'intérêt supérieur de l'enfant, au sens de l'article 3.1 de la convention de New York, dans la mesure où le jeune A devrait faire une longue marche alors qu'il n'a que six ans et une sérieuse maladie respiratoire ; de plus, cela prive les enfants de l'implication de leur mère dans le processus éducatif qui passe notamment par le fait d'emmener ses enfants à l'école ;
Sur l'existence d'un doute sérieux :
- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas démontré que la commission de dérogation a été préalablement saisie ;
- une décision implicite de rejet de la demande de dérogation est née le 24 juillet 2023 ; une demande de communication des motifs a été envoyée au service compétent le 5 septembre 2023 ; en l'absence de communication des motifs dans le délai d'un mois, la décision devra être regardée comme entachée d'un vice de forme ;
- la commune de Marseille a commis une erreur de droit en ne respectant pas les critères de hiérarchisation des motifs de dérogation et la priorité du motif médial, tels que prévus au nouveau règlement des inscriptions scolaires de la Ville de Marseille.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2308446.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'éducation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre provisoirement Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'article L. 522-3 de ce code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. M. et Mme D, qui sont domiciliés dans le 13ème arrondissement de Marseille, ont adressé le 22 mai 2023 au maire de la commune de Marseille une demande dérogatoire tendant à l'inscription de leurs trois enfants, C, née en 2015, A, né en 2016, et Jenna, née en 2020, à l'école maternelle et élémentaire Malpassé - Les Lauriers, en lieu et place de l'école Saint-Jérôme Village. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née le 24 juillet 2023 dont il demande la suspension de l'exécution.
5. Pour établir l'urgence à suspendre l'exécution de la décision précitée, les requérants soutiennent que le trajet entre leur domicile et l'école Saint-Jérôme Village, distante de 1,2 km, est trop éprouvant pour Mme D qui souffre d'un cancer de l'estomac, d'une hernie discale et d'une sciatique l'empêchant de marcher sur moyenne ou longue distance et de conduire. Les requérants invoquent également l'état de santé de leur fils, A, qui souffre d'asthme et d'un encombrement respiratoire à l'effort. Enfin, ils font valoir l'impossibilité dans laquelle se trouve M. D d'assurer les accompagnements quotidiens de leurs enfants compte tenu de ses horaires de travail. Si les pièces médicales produites au soutien de leurs allégations attestent des différentes pathologies présentées par Mme D, celles-ci ne font cependant pas état du cancer invoqué par la requérante. Par ailleurs, alors que le plus récent des certificats médicaux produits dans l'instance est daté de septembre 2022, les requérants ne peuvent être regardés comme établissant la réalité et l'acuité des pathologies présentées par Mme D à la date de la décision contestée. Il en va de même des pièces médicales produites pour justifier de l'état de santé du jeune A dont la plus récente est datée du 29 septembre 2022. Ainsi, au regard des motifs médicaux et de convenance personnelle invoqués, l'exécution de la décision en litige n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, comme susceptible de porter une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation des requérants et à celle de leurs enfants, au regard, notamment, des stipulations susvisées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Dans ces conditions, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas satisfaite.
6. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens invoqués sont de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, les conclusions des consorts D aux fins de suspension ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de leurs conclusions aux fins d'injonction et de celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E D, à Mme B D et à Me Carmier.
Copie en sera adressée à la ville de Marseille.
Fait à Marseille, le 20 septembre 2023.
La juge des référés,
Signé
M. LOPA DUFRÉNOT
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
4
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026