mercredi 24 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2308448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2023, M. C A B, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2023 par lequel la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a prononcé à son encontre une sanction d'exclusion définitive du service ;
2°) d'enjoindre à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur de rétablir ses droits et de reconstituer sa carrière dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas démontré que Mme D disposait d'une délégation lui permettant de signer la décision litigieuse ;
- les faits reprochés ne sont pas établis, dès lors qu'il n'est pas démontré que les négligences constatées dans l'entretien de son secteur lui sont imputables, que c'est le personnel de la loge qui a ouvert le portail à une personne extérieure au lycée le 2 décembre 2022 et que, s'il a signé l'autorisation de sortie de sa cousine de l'établissement le 12 janvier 2023, c'est avec l'autorisation d'un personnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2023, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. Adjoint technique territorial des établissements d'enseignement stagiaire au sein de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis le 1er septembre 2022, M. A B occupait un poste d'agent de service général au sein d'un lycée de Marseille. A la suite de trois rapports adressés les 9 décembre 2022, 26 janvier 2023 et 2 février 2023 par la direction du lycée à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, cette dernière l'a suspendu à titre conservatoire à compter du 15 février 2023. Le 16 juin 2023, M. A B a été convoqué à un conseil de discipline qui a rendu un avis favorable à une exclusion définitive du service. Par arrêté du 7 juillet 2023, notifié à l'intéressé le 17 juillet 2023, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur l'a sanctionné d'une telle exclusion définitive. M. A B demande au tribunal d'annuler cet arrêté et qu'il soit enjoint à son ancien employeur de le rétablir dans ses droits et de reconstituer sa carrière.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, Mme E D, directrice générale des services, disposait d'une délégation, consentie par l'arrêté n° 2021-1721 du 17 septembre 2021 du président du conseil régional, certifié affiché le 29 septembre 2021, à l'effet de signer tous les actes et correspondances à l'exclusion d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions relatives aux sanctions disciplinaires des agents. Par suite, le moyen tiré de son incompétence doit être écarté.
3. En second lieu, il incombe à l'autorité investie du pouvoir disciplinaire d'apporter la preuve de l'exactitude matérielle des griefs sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public et il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de la faute.
4. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que pour prendre la sanction en litige, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur s'est fondée sur le fait que M. A B ne respectait pas ses horaires, n'effectuait pas la mise en place avec ses collègues lorsqu'il prenait son service à la demi-pension, quittait régulièrement son poste à cette demi-pension pour aller téléphoner ou discuter avec des élèves, n'effectuait pas ses tâches de nettoyage et avait commis deux fautes professionnelles particulières, le 2 décembre 2022, ayant été surpris à 16h30 dans une salle de classe avec un tiers qu'il a présenté comme son cousin et qu'il avait fait introduire sans autorisation d'un personnel de direction dans l'enceinte scolaire, et le 12 janvier 2023, en ayant signé pour une enfant de 5ème une autorisation de sortie à la suite de l'absence d'un professeur alors qu'il n'était pas le représentant légal de l'enfant et n'avait pas l'autorité parentale sur elle.
5. Si le requérant indique qu'aucun élément n'attesterait que des manquements dans l'entretien des locaux puissent lui être imputés, l'administration produit plusieurs constats de tels manquements écrits et datés, établis par des professeurs et assistants d'éducation sur des périodes de plusieurs jours, lesquels correspondent au planning hebdomadaire de ses tâches et à son planning annuel de service, dont l'un, notamment, fait état d'un incident le 16 janvier 2023, à l'occasion duquel il a été surpris en train d'écouter de la musique plutôt que d'effectuer les tâches de nettoyage demandées. La matérialité des faits ainsi reprochés est donc établie. Quant à l'incident du 2 décembre 2022, alors que M. A B reconnait dans sa requête avoir méconnu les procédures, le fait que ce soit le personnel de la loge et non lui-même qui ait procédé physiquement à l'ouverture du portail pour permettre à l'individu de rentrer est sans incidence sur la matérialité des faits reprochés, qui est également établie. S'agissant de l'incident du 12 janvier 2023, alors que M. A B reconnait également dans sa requête avoir méconnu les procédures et ne démontre pas avoir été destinataire d'une autorisation du représentant légal de l'enfant ou d'un personnel de la vie scolaire, la circonstance qu'il se serait adressé préalablement, pour connaitre la procédure applicable, ainsi que cela ressort des pièces du dossier, au personnel de la loge, qui l'aurait orienté vers le personnel de la vie scolaire, est sans incidence sur la matérialité des faits reprochés, qui est aussi établie. Par suite, le requérant, qui ne conteste pas la proportionnalité de la sanction retenue, n'est pas fondé à soutenir que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur se serait fondée sur des faits matériellement inexacts pour le sanctionner d'une exclusion définitive du service.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2024.
La rapporteure,
signé
H. Forest
La présidente,
signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026