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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2308915

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2308915

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2308915
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSEBAN AUVERGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Coljé, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 août 2023 par laquelle la section compétente pour le traitement des situations individuelles des étudiants de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Digne-les-Bains a prononcé son exclusion définitive de la formation ;

2°) d'enjoindre à l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Digne-les-Bains de la réintégrer au sein de l'institut, en qualité d'étudiante en troisième année, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre à l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Digne-les-Bains de retirer de son dossier pédagogique toute mention relative à la décision en litige, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Digne-les-Bains la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'y a pas lieu de constater le désistement de la requête ;

- l'auteur de la décision est incompétent ;

- les dispositions des articles 14 et 17 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ont été méconnues ;

- la gravité des vices entachant la décision contestée est de nature à lui conférer la qualification d'acte inexistant ;

- les faits qui lui sont reprochés ne constituent pas des actes incompatibles avec la sécurité des patients et méconnaissent les dispositions des articles 15 et 16 de l'arrêté du 21 avril 2007, la décision contestée est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- un détournement de pouvoir est établi.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2024, le centre hospitalier de Digne-les-Bains, représenté par Me Lantero, conclut à titre principal à ce que le tribunal constate le désistement de la requérante de sa requête, à titre subsidiaire au rejet de la requête, et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans l'hypothèse où il ne serait pas donné acte du désistement d'instance de Mme A.

Il fait valoir à titre principal que la requérante est réputée d'être désistée en application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, et à titre subsidiaire que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 19 mars 2024.

Vu :

- l'ordonnance n°2308954 du 11 octobre 2023 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de suspension de la décision du 22 août 2023 par laquelle la section compétente de l'institut de formation en soins infirmiers de Digne-les-Bains (IFSI) a prononcé l'exclusion définitive de la formation ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;

- l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'infirmier ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ollivaux,

- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,

- et les observations de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, étudiante au sein de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Digne-les-Bains depuis l'année universitaire 2020-2021 a, alors qu'elle venait de débuter le 17 juillet 2023 un stage au sein de l'établissement public de santé " Lumières " à Riez (04), qui devait s'achever le 24 septembre 2023, vu sa formation suspendue par une décision de la directrice de l'IFSI du 3 août 2023. Mme A a été convoquée par un courrier du 3 août 2023 devant la section compétente dans le traitement des situations individuelles de l'IFSI qui, réunie le 22 août 2023, a prononcé son exclusion définitive de la formation, mesure notifiée à la même date par la directrice de l'institut. Mme A demande au tribunal son annulation.

Sur le désistement :

2. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant () de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation () dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. / Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté ". Aux termes de l'article R. 431-1 du même code : " Lorsqu'une partie est représentée devant le tribunal administratif par un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 [avocat], les actes de procédure, à l'exception de la notification de la décision prévue aux articles R. 751-3 et suivants [jugements et ordonnances], ne sont accomplis qu'à l'égard de ce mandataire ". Aux termes de l'article R. 522-12 de ce code, applicable aux ordonnances du juge des référés statuant en urgence : " L'ordonnance est notifiée sans délai et par tous moyens aux parties ". Il ressort de ces dispositions que même si une partie est représentée par un mandataire, la décision juridictionnelle doit être notifiée à la partie elle-même et qu'en conséquence, il ne peut être donné acte du désistement d'une demande à fin d'annulation que si la notification de l'ordonnance de référé a été adressée au requérant et comporte la mention prévue au second alinéa de l'article R. 612-5-2 de ce code.

3. Il ressort des pièces du dossier que, par une ordonnance n°2308954 du 11 octobre 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de suspension formé contre la décision de la section compétente dans le traitement des situations individuelles de l'IFSI du 22 août 2023. Le courrier de notification annexé à la copie de cette ordonnance de référé qui a été adressée à Mme A par le greffe du tribunal ne comporte pas la mention qu'à défaut de confirmation du maintien de son recours en excès de pouvoir dans le délai d'un mois, elle serait réputée s'en être désistée, en application de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir soulevée par le défendeur, tirée du désistement d'office de la requérante, doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux : " La section rend, sans préjudice des dispositions spécifiques prévues dans les arrêtés visés par le présent texte, des décisions sur les situations individuelles suivantes : / 1. Etudiants ayant accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge () ". Et aux termes de l'article 16 du même arrêté : " Lorsque la section se réunit, en cas de suspension ou non, elle peut proposer une des possibilités suivantes : / -soit alerter l'étudiant sur sa situation en lui fournissant des conseils pédagogiques pour y remédier ou proposer un complément de formation théorique et/ ou pratique selon des modalités fixées par la section ; / -soit exclure l'étudiant de l'institut de façon temporaire, pour une durée maximale d'un an, ou de façon définitive ". Enfin, aux termes de l'article 17 de cet arrêté : " Les décisions de la section font l'objet d'un vote à bulletin secret. Les décisions sont prises à la majorité. Tous les membres ont voix délibérative, () / Le directeur notifie, par écrit, à l'étudiant la décision prise par la section dans un délai maximal de cinq jours ouvrés après la réunion de la section. Elle figure à son dossier pédagogique () ".

5. Il résulte de la combinaison des articles 15 à 17 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux que la section compétente dans le traitement des situations individuelles des étudiants est seule compétente, dans les cas limitativement énumérés, pour prononcer une mesure d'exclusion de l'institut à l'encontre d'un étudiant, pour une durée n'excédant pas une année ou à titre définitif, par une décision notifiée par le directeur de l'institut de formation. Il résulte des termes de la décision attaquée et du courrier de notification à l'intéressée qu'en application de ces dispositions, la mesure contestée d'exclusion à titre définitif a été prononcée par la section compétente pour ce faire à l'encontre de Mme A, puis notifiée à l'intéressée par la directrice de l'institut. Alors même qu'aucune disposition du règlement intérieur de l'IFSI ne fait état de la procédure d'exclusion, les moyens tirés de l'incompétence de la directrice de l'institut et de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants doivent être écartés.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 14 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux visé ci-dessus : " Cette section se réunit après convocation par le directeur de l'institut de formation. / Elle ne peut siéger que si la majorité de ses membres est présente. / Si le quorum requis n'est pas atteint, la réunion est reportée. Les membres de la section sont à nouveau convoqués dans un délai maximum de quinze jours calendaires. La section peut alors valablement délibérer, quel que soit le nombre de présents. / Les membres de l'instance sont convoqués dans un délai minimum de quinze jours calendaires ". Et aux termes de l'article 17 du même texte : " Les décisions de la section () sont prises à la majorité. / Tous les membres ont voix délibérative, sauf les membres invités. En cas d'égalité de voix pour l'examen d'une situation individuelle, la décision est réputée favorable à l'étudiant. () ".

7. De plus, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

8. Il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, qui s'est réunie le 22 août 2023 pour étudier le dossier de Mme A, que onze sur dix-neuf de ses membres étaient présents, soit la majorité requise par les dispositions précitées de l'article 14 de l'arrêté du 21 avril 2007. Le quorum était ainsi atteint. En outre, il est d'une part constant que Mme A a été convoquée le 3 août 2023, soit plus de quinze jours avant la réunion de la section compétente. D'autre part, le défendeur ne justifie pas, faute de verser au dossier la convocation adressée aux membres de la section compétente, du respect du délai de quinze jours calendaires entre la saisine de la section et la tenue de la réunion. Or, à supposer que les membres de la section aient été convoqués moins de quinze jours avant la réunion, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de sa nature et sa portée, l'irrégularité alléguée aurait, en l'espèce, privé Mme A d'une garantie ou aurait exercé une influence sur le sens du vote. De plus, il est également constant que le rapport circonstancié communiqué à Mme A l'a également été aux membres de la section, aucune disposition n'imposant la mention, dans la décision en litige, du détail du vote des membres de cette section. Enfin, il résulte du compte-rendu de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants que l'ensemble des éléments du dossier de Mme A, soit son dossier scolaire, le rapport circonstancié de la cadre de santé du lieu du stage suspendu et le rapport motivé de la suspension de stage de la directrice de l'institut a été transmis aux membres de la section afin de délibérer de manière éclairée sur sa situation. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté dans l'ensemble de ses branches.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 visé ci-dessus, dans sa version alors applicable : " La section rend, sans préjudice des dispositions spécifiques prévues dans les arrêtés visés par le présent texte, des décisions sur les situations individuelles suivantes : / 1. Etudiants ayant accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge ; / (). ". Et aux termes de l'article 16 du même texte : " Lorsque l'étudiant a accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge, le directeur de l'institut de formation, en accord avec le responsable du lieu de stage, et le cas échéant la direction des soins, peut décider de la suspension du stage de l'étudiant, dans l'attente de l'examen de sa situation par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. Cette section doit se réunir, au maximum, dans un délai d'un mois à compter de la survenue des faits. / Lorsque la section se réunit, en cas de suspension ou non, elle peut proposer une des possibilités suivantes : / -soit alerter l'étudiant sur sa situation en lui fournissant des conseils pédagogiques pour y remédier ou proposer un complément de formation théorique et/ ou pratique selon des modalités fixées par la section ; / -soit exclure l'étudiant de l'institut de façon temporaire, pour une durée maximale d'un an, ou de façon définitive ".

10. Il ressort des pièces du dossier que la décision contestée est fondée sur des motifs tirés de l'accomplissement d'actes incompatibles avec la sécurité des patients, qui se sont traduits par des oublis ou des hésitations répétées, ainsi que par la méconnaissance, à plusieurs reprises lors de son stage de rattrapage de troisième année à l'établissement public de santé " Lumières " à Riez, de gestes d'asepsie par Mme A. Ainsi, il ressort du rapport circonstancié du 2 août 2023 de la cadre de santé, joint à la décision de la section, que Mme A a, le 17 juillet 2023, changé un pansement sans remettre au patient l'attelle prescrite, le 19 juillet 2023, souhaité mettre un tablier et ne pas se munir de gants pour réaliser une toilette intime, puis changé à plusieurs reprises de gants stériles pendant le soin, omettant également, selon le rapport de la cadre de santé, et bien que l'intéressée le conteste, de prévenir la patiente de la piqure qu'elle devait accomplir. De plus, il ressort également de ce rapport que les 25 juillet et 2 août 2023, Mme A a changé à maintes reprises de gants stériles durant des soins, omis de sécuriser un point de ponction, fait une erreur de dosage dans une injection le 24 juillet 2023, et mal posé un cathéter ainsi qu'un pansement " piccline " le 26 juillet 2023. La circonstance que Mme A souffrirait d'une allergie au latex, corroborée par un certificat médical de janvier 2024 versé aux débats, dont l'intéressée n'a pas fait état durant toute sa scolarité, ni durant la procédure de suspension puis devant la section compétente, n'est pas de nature à justifier les actes reprochés. En outre, il ressort du rapport motivé de la directrice de l'IFSI, suite à la suspension de stage, que devant la section, Mme A a expressément reconnu avoir multiplié les erreurs d'asepsie, et admis être en difficulté sur les soins techniques. Eu égard à leur nature, leur portée et leur répétition, les manquements reprochés à Mme A constituent des actes incompatibles avec la sécurité des personnes dont la prise en charge lui avait été confiée, au sens et pour l'application de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007, de nature à justifier la mesure prononcée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 15 et 16 et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.

11. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que l'exclusion de Mme A repose, contrairement à ce qui est soutenu, sur une décision prise par une autorité compétente pour la prendre. Par suite, les moyens invoqués tirés de l'inexistence de l'acte et du défaut de base légale doivent être écartés.

12. En dernier lieu, en se bornant à soutenir que compte tenu de sa sévérité, la mesure d'exclusion est entachée d'un détournement de pouvoir, la requérante n'établit pas l'existence d'un tel détournement.

13. Il s'ensuit qu'en prononçant l'exclusion définitive de Mme A de la formation d'infirmière, la section compétente pour le traitement des situations individuelles des étudiants de l'institut de formation en soins infirmiers de Digne-les-Bains, n'a pas entaché sa décision d'illégalité.

14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en litige. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Digne-les-Bains, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par le centre hospitalier au même titre.

D E C I D E

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Digne-les-Bains présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier de Digne-les-Bains et au centre hospitalier de Digne-les-Bains.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Niquet, première conseillère,

Mme Ollivaux, première conseillère,

Assistées de M. Giraud, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 12 juillet 2024.

La rapporteure,

Signé

J. Ollivaux

La présidente,

Signé

M. Lopa Dufrénot

Le greffier,

Signé

P. Giraud

La République mande et ordonne au préfet des Alpes de Haute-Provence en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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