LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2309123

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2309123

mardi 3 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2309123
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSEKLY-LIVRATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023, M. A B, retenu au centre de rétention administrative de Marseille, représenté par Me Sekly-Livrati, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans assortie d'un signalement dans le système d'information Schengen (SIS) ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil qui renonce dans ce cas à percevoir la part contributive de l'État due au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

- il a été signé par une autorité incompétente ;

Sur la décision portant refus de délai de départ de volontaire :

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence de risque de fuite le concernant dès lors qu'il a remis son passeport et qu'il justifie d'un hébergement à Toulon chez son frère ;

- elle est également entachée d'erreur de droit dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision présente un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle en méconnaissance des dispositions des articles L.612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace actuelle pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 octobre 2023 le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Vu la prestation de serment de Mme D, interprète en langue italienne.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Journoud pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Journoud, magistrate désignée,

- les observations de Me Sekly-Livrati pour M. B qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et qui précise en outre que M. B entretient des liens avecson frère, sa belle-sœur et ses neveux et nièces ;

- les observations de M. B, qui répond aux questions de la magistrate désignée en français, et indique qu'il est entré en France pour la dernière fois en 2018, qu'il n'a introduit qu'une seule demande de titre de séjour. Il précise également qu'il n'est plus en concubinage avec Mme E et que les faits de violences conjugales ayant fait l'objet de deux dépôts de plainte de la part de cette dernière en mars et septembre 2023 ne sont pas avérés.

Le préfet du Var n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 15 mars 1988 à Moncalieri (Italie), de nationalité serbe, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Marseille, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

3. L'arrêté contesté a été signé par M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, sous-préfet de l'arrondissement de Toulon, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté n°2023/47/MCI du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n°156 du même jour, d'une délégation à l'effet de signer notamment tous actes, décisions, recours juridictionnels en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

4. Aux termes de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Par ailleurs, aux termes de l'article L.612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () ;

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B qui serait entré irrégulièrement en France pour la dernière fois en 2018 selon ses déclarations, a fait l'objet d'une décision de refus de titre de séjour sur sa demande de régularisation, assortie d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet du Var le 20 décembre 2019, mesure à laquelle il ne s'est pas conformé puisqu'il s'est maintenu sur le territoire français et qu'il a par ailleurs explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. Par suite, il se trouvait dans la situation où en application du 4° et du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet pouvait refuser pour ce seul motif un délai de départ volontaire, alors même qu'il indique avoir remis son passeport aux services de police dans le cadre de son interpellation et qu'il indique, dans sa requête, bénéficier d'un hébergement à Toulon chez son frère détenteur d'une carte de séjour pluriannuelle sur le territoire français. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B est défavorablement connu des services de police et qu'il est signalisé notamment pour des faits répétés de violences conjugales en mars et septembre 2023, pour des faits de conduite sans permis le 12 octobre 2020 et le 23 août 2018, pour des faits de recel de biens provenant d'un vol le 31 août 2019 et pour des faits de vols en réunion les 18 octobre 2014 et 14 août 2018. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Var aurait commis une erreur d'appréciation en ne lui accordant pas un délai de départ volontaire.

6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 28 septembre 2023 lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

7. Aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L.612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

8. Pour prononcer à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le préfet du Var a indiqué que le requérant, qui ne justifie pas de circonstances humanitaires, ne justifie pas non plus de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et précise en outre qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement du 20 décembre 2019. En l'espèce, M. B qui s'est déclaré célibataire et sans enfant, puis en concubinage avec Mme E avant d'indiquer à l'audience qu'il était à nouveau célibataire, se borne à faire valoir sans l'établir que l'ensemble de la famille qui lui reste réside en France, et la circonstance qu'il produise, au stade du contentieux, une attestation d'hébergement chez son frère, M. C B, en situation régulière à Toulon, n'est pas de nature à justifier de l'intensité de ses liens avec la France. Par suite, M. B ne justifie pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées devant conduire le préfet à s'abstenir d'assortir l'obligation de quitter le territoire français sans délai d'une interdiction de retour, ainsi que le prévoient l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. S'agissant de la durée de ladite interdiction, M. B soutient que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public dès lors que les différents faits ayant donné lieu à son interpellation n'ont pas fait l'objet de poursuites pénales. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B est défavorablement connu des services de police dès lors qu'il a été interpellé et signalisé à sept reprises notamment pour des faits répétés de violences conjugales en mars et septembre 2023, mais également pour des faits de conduite sans permis le 12 octobre 2020 et le 23 août 2018, pour des faits de recel de biens provenant d'un vol le 31 août 2019 et pour des faits de vols en réunion les 18 octobre 2014 et 14 août 2018. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce tenant à l'existence d'une menace à l'ordre public combinée à l'existence d'un refus de titre de séjour assorti d'une précédente mesure d'éloignement prise le 20 décembre 2019 et que M. B n'a pas exécutée, le préfet du Var n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à trois ans.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B à fin d'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2023 du préfet du Var doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Var.

Délibéré le 3 octobre 2023 et lu en audience publique qui s'est tenue le même jour.

La magistrate désignée,

Signé

L. Journoud

Le greffier,

Signé

R. Machado

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions