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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2309189

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2309189

vendredi 6 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2309189
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCAUCHON-RIONDET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2023, M. C A, représenté par Me Cauchon-Riondet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône d'assurer son accueil provisoire d'urgence, sans délai, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône de réaliser l'évaluation tendant à déterminer son éligibilité à un placement auprès du service d'aide sociale à l'enfance ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il est arrivé en France fin août 2023 et s'est rendu le 28 août 2023 à l'association ADDAP 13 pour être pris en charge au titre de l'accueil provisoire d'urgence ;

- il est actuellement totalement démuni et dort dans un squat surpeuplé où les conditions de vie et d'hygiène sont très problématiques ; cette solution provisoire est incompatible avec sa minorité ;

- il a pris attache avec son conseil qui a saisi, par requête enregistrée le 18 septembre 2023, le juge des enfants près le tribunal judiciaire de Marseille, faisant valoir qu'il se trouvait sans aucune attache familiale et dans une situation de précarité et d'insécurité caractérisant un danger notamment pour sa sécurité ; il a été sollicité qu'il soit confié au département des Bouches-du-Rhône ;

-par ordonnance du 23 septembre 2023 n°2308716, le juge des référés du tribunal a enjoint au département des Bouches-du-Rhône, au besoin avec le concours des autorités de l'Etat, d'organiser son accueil provisoire d'urgence, dans le délai de quatre jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et de procéder aux investigations nécessaires en vue d'évaluer la situation de M. A au cours de la période d'accueil provisoire d'urgence ;

- qu'il a fugué pendant trois jours suite au décès de sa mère et que la sécurité du centre ne l'a pas laissé rentrer ;

- la condition d'urgence est caractérisée, compte tenu de son jeune âge, de son isolement, de l'absence de toutes ressources et de toutes mesures éducatives, de son état de fatigue, de l'absence de solution d'hébergement stable et de ses conditions de vie actuelles caractérisant une grande vulnérabilité ;

- la carence de l'administration a manifestement causé une atteinte grave et illégale à son droit à un hébergement d'urgence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2023, le département des Bouches-du-Rhône, représenté par la SCP VPNG, conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que l'intéressé a été mis à l'abri dès le lundi 2 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gilles Fédi, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 5 octobre 2023, tenue à 14h00 en présence de de Mme Boislard, greffier d'audience :

- le rapport de M. B ;

- les observations de Me Belotti, substituant Me Cauchon-Riondet représentant M.A qui conclut au désistement, sauf en ce qui concerne les frais d'instance,

- les observations de Me Constans, représentant le département des Bouches-du-Rhône qui conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé du requérant, il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l''article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

3. Lorsque le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du même code, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

4. Il résulte de l'instruction que l'accueil provisoire d'urgence organisé pour M. A à compter du 22 septembre 2023 a été interrompu par la fugue de ce dernier le 25 septembre 2023, pendant plusieurs jours, et a repris à la suite de la demande du conseil de l'intéressé le vendredi après-midi et que M. A a été mis à l'abri dès le lundi 2 octobre 2023. Par suite, la présente requête n'a plus d'objet. Toutefois, l'avocat du requérant conclut, à la barre, au désistement de la requête, sauf en ce qui concerne les frais d'instance. Le désistement ainsi présenté est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

5. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône le versement, à M. A, d'une quelconque somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M.A.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, au département des Bouches-du-Rhône et à Me Cauchon-Riondet.

Fait à Marseille, le 6 octobre 2023.

Le juge des référés,

Signé

G. FEDI

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

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