lundi 9 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2309259 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GUGLIELMI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2023, à 16h34, M. B A, représenté par Me Guglielmi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 septembre 2023 par laquelle la directrice de détention au centre pénitentiaire de Marseille a décidé de le placer à l'isolement, pour la période du 26 septembre au 26 décembre 2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'existe une présomption d'urgence en matière d'isolement ;
- Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision : 1) la décision attaquée est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle ne s'appuie sur aucun élément concret ; 2) le risque d'évasion est inexistant dès lors que le placement en détention ordinaire n'a jamais créé de risque pour la sécurité, qu'il a pu bénéficier d'un poste de confiance, étant en charge du tri sélectif, que la découverte d'un mobile ne saurait justifier à lui seul un placement à l'isolement, qu'aucun matériel susceptible de faciliter une évasion ou de mettre en danger la sécurité de l'établissement n'a été découvert et enfin que la pathologie oculaire dont il souffre rend impossible une évasion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la décision prolongeant le placement à l'isolement du requérant a été prise en raison de circonstances particulières liées tant à son profil pénal qu'à son parcours pénitentiaire, ainsi qu'à la nécessité de préserver l'ordre public, de nature à renverser la présomption d'urgence ;
- le requérant a été mis en examen pour plusieurs infractions notamment complicité et tentative de meurtre, meurtre, extorsion commise avec une arme et détention frauduleuse de faux documents administratifs ;
- la direction interrégionale des services pénitentiaires a été avertie le 21 septembre 2023 de l'intention d'évasion du requérant ;
- la fouille diligentée le lendemain a permis la découverte de deux téléphones portables de marque Samsung et Apple ainsi que d'une montre connectée ;
- un drone a survolé l'unité dans laquelle se trouvait M. A, dans la nuit du 22 au 23 septembre 2023 ;
- la détention ordinaire n'apparaît pas adaptée ;
- la décision attaquée est suffisamment motivée ;
- elle n'a pas méconnu les conditions posées par l'article R. 213-30 du code pénitentiaire.
Vu :
- la requête enregistrée le 3 octobre 2023 à 16h33 sous le n°2309260 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code pénitentiaire,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pecchioli, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 9 octobre 2023, en présence de Mme Ibram, greffière d'audience, M. Pecchioli a lu son rapport et a entendu :
- les observations de Me Guglielmi, représentant M. A, qui reprend et développe ses écritures soulignant que le dossier pour tentative de meurtre sera probablement correctionnalisé, que son client n'a jamais eu l'intention de s'évader, qu'il ne le peut pas au regard de son état de mal voyant, que le survol par un drone n'a pas été mentionné dans la décision attaquée et qu'il s'est bien comporté en détention.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A était incarcéré au centre pénitentiaire de Borgo depuis le 18 juillet 2022. Il a été transféré, en urgence et par mesure d'ordre et de sécurité, au centre pénitentiaire des Baumettes le 26 septembre 2023. Par une décision du même jour, la directrice de détention a ordonné son placement provisoire à l'isolement en raison d'un risque d'évasion fondé sur un appel téléphonique, sur la découverte d'un téléphone mobile lors d'une fouille, sur la possibilité d'avoir accès à des moyens logistiques et financiers et sur le quantum de la peine encourue. Par une nouvelle décision en date du 29 septembre 2023, la directrice de détention a décidé, pour les mêmes motifs, de prolonger son placement à l'isolement pour une durée de trois mois. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge de référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 213-8 du code pénitentiaire : " Toute personne détenue majeure peut être placée par l'autorité administrative, pour une durée maximale de trois mois, à l'isolement par mesure de protection ou de sécurité soit à sa demande, soit d'office. (). / Le placement à l'isolement n'affecte pas l'exercice des droits prévus par les dispositions de l'article L. 6, sous réserve des aménagements qu'impose la sécurité. / Lorsqu'une personne détenue est placée à l'isolement, elle peut saisir le juge des référés en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 213-30 du même code : " Tant pour la décision initiale que pour les décisions ultérieures de prolongation, il est tenu compte de la personnalité de la personne détenue, de sa dangerosité ou de sa vulnérabilité particulière, et de son état de santé. / () ".
3. Saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de mise à l'isolement, le juge administratif ne peut censurer l'appréciation portée par l'administration pénitentiaire quant à la nécessité d'une telle mesure qu'en cas d'erreur manifeste.
4. Aucun des moyens invoqués par M. A, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 29 septembre 2023 par laquelle la directrice de détention du centre pénitentiaire des Baumettes a décidé son placement à l'isolement.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, qu'il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée, ainsi, par voie de conséquence, les conclusions au titre des frais du litige de la requête.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Paris, le 9 octobre 2023.
Le juge des référés,
signé
J.-L. PECCHIOLI
La République mande et ordonne à la garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026