LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2309831

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2309831

lundi 30 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2309831
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantRUDLOFF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 octobre 2023, M. B D A, représenté par Me Rudloff, demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le préfet des Hautes-Alpes a décidé de ne pas renouveler sa carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans avec signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen (SIS) ;

3°) d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le préfet des Hautes-Alpes l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Alpes de lui délivrer une carte de résident 10 ans ou une carte de résident 10 ans mention " résident de longue durée - UE ", dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hautes-Alpes de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer sans délai un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros hors taxes au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions en litige :

- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté avait compétence pour ce faire ;

- elles ont été prises en méconnaissance des droits de la défense ;

En ce qui concerne la décision de refus de renouvellement du titre de séjour :

- elle est entachée d'un détournement de procédure ;

- la menace pour l'ordre public n'est pas caractérisée ; le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation en fondant sa décision de refus de renouvellement sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 424-6 et L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 424-5 et L. 426-17 ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision d'éloignement :

- elle méconnaît son droit au séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, la menace à l'ordre public est inexistante.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'éloignement.

En ce qui concerne l'interdiction du territoire français :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est disproportionnée ;

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision refusant un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour, de la décision d'éloignement, de la décision refusant un délai de départ volontaire et de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 octobre 2023, le préfet des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour et l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction tendant à la délivrance d'un titre de séjour.

Au cours de l'audience publique, la magistrate désignée a présenté son rapport et entendu les observations de Me Rudloff pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

Le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant russe né le 26 mars 1978 à Soulak, déclare être entré sur le territoire français le 26 décembre 2011. Après avoir disposé du statut de réfugié par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 28 février 2013, il a vu son statut de réfugié retiré par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 22 août 2022. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le préfet des Hautes-Alpes a décidé de ne pas renouveler sa carte de résident, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans avec signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.

Sur l'étendue du litige :

3. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. Il est statué sur ce recours selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5 ". Et aux termes de l'article L. 614-4 du même code, " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine ".

4. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la décision litigieuse que le préfet des Hautes-Alpes, après avoir constaté que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait mis fin au statut de réfugié de M. A par une décision du 22 août 2022, a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du refus de titre de séjour doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Marseille.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions en litige :

5. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme Jennifer Rousselle, secrétaire générale adjointe de la préfecture des Hautes-Alpes, qui a reçu par arrêté n°05-2023-05-23-00005 du 23 mai 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture délégation de signature à l'effet de signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.

6. En deuxième lieu, le droit d'être entendu préalablement à toute décision qui affecte sensiblement et défavorablement les intérêts de son destinataire constitue l'une des composantes du droit de la défense, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et fait partie des principes généraux du droit de l'Union européenne ayant la même valeur que les traités. Il garantit à toute personne la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative, afin que l'autorité compétente soit mise à même de tenir compte de l'ensemble des éléments pertinents pour fonder sa décision. Ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

7. Si M. A soutient que l'arrêté en litige a été pris sur la base d'éléments non contradictoires dès lors qu'ils ne lui ont pas été communiqués, notamment une note blanche émanant de la direction générale des étrangers en France et un avis du service national des enquêtes administratives de sécurité, M. A, dont le statut de réfugié a fait l'objet d'une décision de retrait par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, ne pouvait ignorer qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement par les autorités compétentes. De plus, il est constant que la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui détaille le contenu de ces notes, lui a été notifiée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense doit être écarté.

En ce qui concerne la décision d'éloignement :

8. En premier lieu, et ainsi qu'il a été dit au point 4, il est constant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a retiré au requérant son statut de réfugié par une décision du 22 août 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit au séjour de l'intéressé doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

10. M. A soutient qu'il est présent en France depuis fin 2011, qu'il y a résidé de façon régulière, avec une communauté de vie constante depuis lors avec son épouse, que ses deux enfants ont effectué toute leur scolarité en France et sont à ce jour scolarisés à Gap, son fils aîné ainsi que son épouse ayant la qualité de réfugiés. Toutefois, si l'existence d'une vie privée et familiale stable du requérant n'est pas contestée, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 22 août 2022, qu'il n'a pas contestée, que le statut de réfugié lui a été retiré à cette date. Il est ainsi établi que M. A a quitté la France à plusieurs reprises entre 2017 et 2019 pour se rendre en Biélorussie et en Russie, après s'être procuré, aux termes de la décision précitée de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, fondée notamment sur une note de la direction générale des étrangers en France du 25 février 2021 et une note blanche des services de renseignement, un passeport auprès du consulat russe à Nice, pour des motifs qu'il n'a pas clairement explicités auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, alors que tout voyage en Russie lui était interdit au regard de son statut de réfugié. Il ressort en outre d'un avis du service national des enquêtes administratives de sécurité du 10 septembre 2021, sur lequel la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides s'est également fondée, que le requérant a reçu une somme de 220 euros au moyen d'un virement, non contesté, " provenant d'une personne connue pour sa proximité avec les filières tchétchènes de financement du groupe Etat islamique ". Au demeurant, l'arrêté en litige est pris en considération de la menace grave à l'ordre public caractérisée par les éléments précis et circonstanciés ressortant de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de leur mère. Dans ces conditions, eu égard à ses motifs, la décision d'éloignement n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ".

12. Le requérant soutient que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 11, la menace pour l'ordre public est caractérisée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français soulevé à l'appui des conclusions d'annulation de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. Ainsi qu'il a été dit au point 10, M. A a fait usage de son passeport russe pour se rendre en Russie pendant la période où il bénéficiait du statut de réfugié. Par suite, il n'établit pas les craintes qu'il allègue en cas de retour dans son pays d'origine.

En ce qui concerne l'interdiction du territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision refusant un délai de départ volontaire soulevé à l'appui des conclusions d'annulation de la décision prononçant une interdiction du territoire français d'une durée de trois ans doit être écarté.

17. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

18. Il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

19. Bien que le requérant n'ait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, la menace à l'ordre public est, ainsi qu'il a été vu aux points précédents, caractérisée. Dès lors, le préfet des Hautes-Alpes n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ni entaché sa décision de disproportion en prenant à son encontre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

20. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité des décisions d'éloignement, refusant un délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire français pour soutenir que la décision d'assignation à résidence serait elle-même illégale.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête tendant à l'annulation du refus de titre de séjour, ainsi que celles à fin d'injonction, en tant qu'elles s'y rattachent, sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Marseille.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D A et au préfet des Hautes-Alpes.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2023.

La magistrate désignée

Signé

J. C.

Le greffier

Signé

R. Machado

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions