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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2310879

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2310879

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2310879
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTEYSSERRE-ORION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 et 20 novembre 2023, Mme D, représentée par Me Teysserre-Orion, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale des Bouches-du-Rhône a refusé de l'affecter dans un établissement scolaire ;

3°) d'enjoindre au directeur académique des services de l'éducation nationale des Bouches-du-Rhône sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- elle dispose de la capacité pour agir et sa requête est recevable ;

- son absence d'affectation dans un établissement scolaire alors qu'elle a passé son test de positionnement le 16 octobre 2023, en violation de son droit à la scolarisation, caractérise une situation d'urgence ;

- la carence de l'Etat porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'égal accès à l'instruction et à la scolarisation garanti par l'alinéa 13 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 et les articles L. 111-1, L. 131-1 et L. 122-2 du code de l'éducation ;

- la seule allégation du défendeur relative à une potentielle affectation n'est pas satisfaisante en l'absence de perspective de scolarisation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2023, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir que la situation de la requérante est connue des services et qu'elle sera affecté dans un établissement scolaire dans les plus brefs délais.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Le président du tribunal a désigné Mme Jorda-Lecroq, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge des référés.

A été entendu au cours de l'audience publique du 20 novembre 2023, en présence de M. Machado De Andrade, greffier d'audience, le rapport de Mme Jorda-Lecroq, juge des référés, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La juge des référés, à l'issue de l'audience, a prononcé la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. Mme D, ressortissante du Cameroun mineure née le 23 mars 2007, a fait l'objet le 7 septembre 2023 d'un jugement en assistance éducative de la juge des enfants du tribunal pour enfants de A. Elle indique avoir passé le 16 octobre 2023 un test de positionnement en vue de la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus des familles itinérantes et de voyageurs (CASNAV), préalable à son inscription dans un établissement scolaire. Son conseil a adressé le 10 novembre 2023 à la direction des services départementaux de l'éducation nationale un courriel afin de s'informer sur son affectation dans un établissement. Dans le cadre de la présente instance, le recteur de l'académie indique que la situation de la requérante est connue des services et qu'elle sera affectée dans un établissement scolaire dans les plus brefs délais. Si une telle information n'est pas, contrairement à ce qui est relevé en défense, de nature à rendre sans objet les conclusions de la requête, elle confirme, outre que la requérante n'a pas fait l'objet, comme elle le soutient, d'une décision implicite de refus d'affectation, que tout est actuellement mis en œuvre par les services du rectorat afin de procéder à son affectation dans un établissement scolaire dans les plus brefs délais. Dans ces conditions, l'existence d'une carence constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale qui serait portée, à la date de la présente ordonnance, au droit à l'égal accès à l'instruction et à la scolarisation de Mme C, n'est pas établie.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D, à Me Teysserre-Orion et au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.

Fait à A, le 23 novembre 2023.

La juge des référés,

Signé

K. Jorda-Lecroq

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

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