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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2311411

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2311411

vendredi 15 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2311411
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDUMONT-SCOGNAMIGLIO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 1er et 6 décembre 2023, les époux A demandent au tribunal d'annuler la décision en date du 16 février 2023 par laquelle le maire de Marseille a tacitement accordé un permis de construire modificatif n°PC-013055-20-00469MO1 à M. B C.

Ils soutiennent que le permis de construire litigieux méconnaît les dispositions de l'article 11 du règlement de la zone UC du PLUi, en ce qu'il supprime, de fait, les deux places de stationnement exigées par la réglementation et prévues par le projet initial.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le 20 juillet 2020, M. C a déposé une demande de permis de construire en vue de la construction d'une maison individuelle avec garage en sous-sol sur un terrain situé au 11 avenue de la Jarre à Marseille. Par un arrêté n°PC-013055-20-00469P0 en date du 3 novembre 2020, le maire de Marseille lui a accordé l'autorisation sollicitée. Le 15 décembre 2022, le pétitionnaire a déposé une demande de permis modificatif n°PC-013055-20-00469MO1 en indiquant, notamment, vouloir renoncer à utiliser la rampe d'accès aux places de stationnement situées en sous-sol, qui devait initialement être partagée avec les consorts A, également propriétaires d'une maison d'habitation avec garage en sous-sol sur la parcelle voisine. Par une décision en date du 16 février 2023 dont les époux A demandent l'annulation, le maire de Marseille lui a tacitement accordé l'autorisation sollicitée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'abord, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () peuvent, par ordonnance : () / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (). ".

3. Ensuite, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation (). L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux ".

4. Il résulte de ces dispositions réglementaires qu'à défaut de l'accomplissement des formalités de notification qu'elles prévoient, un recours administratif dirigé contre un document d'urbanisme ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol ne proroge pas le délai du recours contentieux. Il ne peut être remédié à l'omission des formalités de notification du recours administratif que dans le délai de quinze jours qu'elles prévoient. Dans ce cas, la date à laquelle a été formé le recours administratif initial constitue le point de départ de la prorogation du délai de recours contentieux résultant de la formation, dans les formes requises, de ce recours administratif. En revanche, la présentation d'un nouveau recours administratif assorti des formalités de notification après l'expiration du délai de quinze jours ne pallie pas le défaut de notification du premier recours et ne permet donc pas la prorogation du délai de recours contentieux. Cette situation ne fait toutefois pas obstacle à ce que la personne intéressée forme, en respectant les formalités de notification propres à ce recours, un recours contentieux dans le délai de recours de droit commun de deux mois qui lui est imparti.

5. Enfin, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ". Aux termes de l'article R.424-15 du même code : " Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. (). Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable ".

6. Il résulte de ces dispositions qu'en principe, il incombe aux bénéficiaires d'un permis de construire de justifier qu'ils ont accompli les formalités d'affichage prescrites par les dispositions précitées, le juge ayant la charge d'apprécier la continuité de l'affichage en examinant l'ensemble des pièces jointes au dossier. Toutefois, l'exercice par un tiers d'un recours administratif ou contentieux contre un permis de construire montre qu'il a connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir le délai de recours contentieux à son égard, alors même que la publicité concernant ce permis n'aurait pas satisfait aux exigences prévues par l'article R.424-15 du code de l'urbanisme.

7. En l'espèce, la décision attaquée a fait l'objet d'un recours gracieux par les époux A le 31 juillet 2023. Si les requérants ont effectivement notifié ce recours administratif par lettre recommandée avec accusé de réception à M. C, titulaire de l'autorisation litigieuse, il résulte des pièces du dossier que ce courrier, daté du 8 août 2023, n'a été déposé auprès des services postaux que le 11 septembre 2023, soit largement après l'expiration du délai de 15 jours qui leur était imparti en application des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Ainsi, à défaut d'accomplissement de cette formalité dans les délais requis, le recours administratif dirigé contre la décision litigieuse n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux à son encontre. Par ailleurs, sans qu'il soit besoin de vérifier si les formalités de publicité prévues à l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme ont été respectées, celle-ci doit être regardée comme ayant été portée à leur connaissance au plus tard à compter de la date d'envoi de leur recours gracieux, soit le 31 juillet 2023. Ainsi, le délai de recours contentieux a commencé à courir à leur égard à compter de cette date. Dès lors, la requête, enregistrée au greffe du tribunal le 1er décembre 2023, soit après l'expiration du délai de deux mois prévu à l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, est tardive.

8. Il résulte de qui précède que la requête des époux A est manifestement irrecevable et doit donc être rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. E A, à

Mme D A, à M. B C et à la commune de Marseille.

Fait à Marseille, le 15 décembre 2023.

Le président,

signé

F. SALVAGE

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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