mercredi 17 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2311740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LEFEBVRE-GOIRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2023, M. B D, représenté par Me Lefebvre-Goirand, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) la communication de l'entier dossier de la préfecture :
3°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans et a décidé son inscription au fichier du système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée d'une personne incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
s'agissant du refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- il méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée
- elle méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est disproportionnée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
s'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale dès lors qu'il n'a plus d'attache en Algérie ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 janvier 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, dans sa rédaction issue du troisième avenant signé le 11 juillet 2001 et publié par le décret nº 2002 1500 du 20 décembre 2002 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Busidan pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 janvier 2024 à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de Mme Busidan, magistrate désignée, qui a informé les parties que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'inscription au fichier SIS comme dirigées contre une décision inexistante ;
- les observations de Me Lefebvre-Goirand, pour M. D présent à l'audience et accompagné de la directrice de service éducatif de l'ADDAP 13 ; le conseil du requérant reprend et développe les moyens et arguments articulés dans les écritures ; il insiste sur la circonstance que M. D n'a pas réalisé avoir utilisé un scooter volé, qu'il rêve de devenir apiculteur depuis qu'il a été pris en charge en tant que mineur, qu'il est actuellement accompagné comme jeune majeur et qu'un stage dans ce domaine lui a été trouvé par l'ADDAP qui doit commencer prochainement dans les Cévennes. En réponse aux questions du tribunal, M. D indique qu'en Algérie se trouvent ses parents et ses trois frères et sœur.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'était ni présent ni représenté.
Une note en délibéré, présentée par Me Lefebvre-Goirand pour M. D, a été enregistrée le 12 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant algérien né le 16 septembre 2005, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président.
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. D, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions tendant à la communication du dossier préfectoral :
4. L'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication du dossier détenu par l'administration.
Sur les conclusions à fin d'annulation du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
5. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen () ".
6. Lorsqu'elle prend, à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ce signalement sont irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, par un arrêté n° 13-2023-10-06-00006 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 13-2023-248 du 6 octobre 2023, accessible tant au juge qu'aux parties sur le site internet de la préfecture, Mme A C, signataire de l'arrêté en litige, bénéficie, en sa qualité de cheffe de la section éloignement au sein du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile, d'une délégation à l'effet de signer notamment la décision contestée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.
8. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué cite, outre l'identité de l'intéressé, son lieu de naissance, ainsi que sa nationalité, les circonstances qu'il n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité et ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et qu'il a été interpellé pour recel de vol et défaut de permis et d'assurance. Il reprend les déclarations de l'intéressé selon lesquelles il serait entré en France il y a un an et demi, est hébergé en foyer à Marseille et ne souhaite pas retourner dans son pays. Si le préfet fait une erreur sur la date de naissance de l'intéressé et ne mentionne pas que M. D fait l'objet d'un contrat d'aide à jeune majeur après avoir été pris en charge en tant que mineur isolé, le préfet n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de l'intéressé. Les énoncés de l'arrêté permettent au requérant de comprendre le sens et la portée de la décision attaquée à leur seule lecture, le mettent en mesure de les discuter utilement et permettent au juge d'en contrôler les motifs. Par suite, alors que l'arrêté en litige comporte les considérations de droit qui le fondent, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français attaquée doit être écarté.
9. En troisième lieu, si la date de naissance de M. D mentionnée dans l'arrêté en litige est erronée, l'intéressé étant né le 16 septembre 2005 et non le 16 mai 2005, cette erreur de plume est sans incidence sur l'appréciation de la situation de l'intéressé, qui, en tout état de cause, a la qualité de jeune majeur à la date de la décision contestée. Sont également sans incidence sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français en litige les mentions de l'arrêté relatives à l'absence de garanties de représentation et de lieu de résidence permanent de l'intéressé, alors en outre qu'il ressort notamment du contrat d'aide à un jeune majeur versé au dossier que si M. D est, en principe, hébergé en hôtel, il a connu une rupture de prise en charge de presque deux mois avec départ en Italie.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 453-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance () entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
11. M. D invoque les dispositions précitées pour prétendre que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier, et au regard des dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile gouvernant les délais pour présenter une demande de titre de séjour que le requérant pourrait satisfaire aux conditions gouvernant l'attribution d'un titre de séjour sur le fondement invoqué. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.
12. Alors que M. D est entré en France selon ses déclarations au début de l'année 2022, qu'il ne verse au dossier aucun élément de nature à attester notamment de son implication dans l'apprentissage du français ou des liens amicaux qu'il prétend avoir tissés, et que demeurent dans son pays d'origine ses parents et frères et sœur, les seules circonstances qu'à la date de l'arrêté en litige, il suivait une formation de plaquiste et faisait l'objet d'un contrat d'aide à jeune majeur sont insuffisantes à établir qu'en prenant la décision en litige, le préfet des Bouches-du-Rhône aurait porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée, ni qu'il aurait, par suite, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
13. En premier lieu, M. D n'établissant pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays de destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ". Ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un État pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que celui-ci s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet État, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'État de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.
15. En se bornant à invoquer sa situation en France, le requérant ne fait pas état de motifs sérieux et avérés de croire qu'il se trouverait exposé à un risque réel pour sa personne en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées contre la décision fixant le pays de renvoi, en tant qu'elle fixe l'Algérie comme pays de destination, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
16. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;() 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; ()".
17. Alors que l'arrêté en litige porte obligation de quitter le territoire français, il est constant que le requérant ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. De plus, en réponse aux informations données sur l'éventualité d'une mesure tendant à lui faire quitter le territoire français, M. D a explicitement déclaré aux services de police ne pas vouloir retourner en Algérie. Il entre ainsi dans le champ d'application des articles précités L. 612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant au préfet d'estimer qu'il présente un risque de se soustraire à l'exécution de la mesure d'éloignement. Alors que M. D n'a pas fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français, la seule circonstance qu'il est sous contrat d'aide à un jeune majeur ne saurait suffire à présumer qu'il ne présente pas un risque de se soustraire à l'exécution de la mesure d'éloignement. Par suite, le préfet a pu à bon droit considérer, au regard des articles précités L. 612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le risque était établi, et refuser au requérant un délai de départ volontaire. Par suite, les moyens tirés d'une méconnaissance des articles L. 612-2 et suivants par erreurs de droit, de fait ou erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
18. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () "
19. Il ne ressort ni des termes de l'arrêté en litige ni des pièces du dossier, et le préfet d'ailleurs ne soutient ni même n'allègue, que, malgré plusieurs interpellations par les services de police, M. D présenterait une menace pour l'ordre public. Il n'a pas non plus déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Si, par ailleurs, son entrée en France est récente et sa famille réside en Algérie alors que lui-même est célibataire et sans enfant, le préfet des Bouches-du-Rhône ne pouvait se fonder sur ces seules circonstances pour fixer à l'interdiction de retour sur le territoire français une durée de deux ans, sans entacher, dans les circonstances particulières de l'espèce, cette décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour en France pour une durée de deux ans.
Sur les frais liés au litige :
21. M. D est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que M. D se voit accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif et que Me Lefebvre-Goirand, son avocat, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Lefebvre-Goirand, de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il y a lieu d'admettre M. D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 7 décembre 2023 est annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans.
Article 3 : L'État versera à Me Lefebvre-Goirand une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de M. D à l'aide juridictionnelle et que Me Lefebvre-Goirand renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Lefebvre-Goirand et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2024.
La magistrate désignée,
Signé
H. Busidan
Le greffier,
Signé
R. Machado de Andrade
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026