LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2311774

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2311774

mercredi 17 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2311774
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBARREIRO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2023 auprès du tribunal administratif de Toulouse qui l'a renvoyée au présent tribunal par ordonnance n° 2307380 du 7 décembre 2023, complétée par trois mémoires enregistrés le 27 décembre 2023 et le 11 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Barreiro, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler en toutes ses dispositions l'arrêté du 3 décembre 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision a été signée par une personne incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article L. 611-3 9 ° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant du refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- la décision a été signée par une personne incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- la décision a été signée par une personne incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision a été signée par une personne incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les critères posés par l'article L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle justifie de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à une interdiction de retour.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 janvier 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, dans sa rédaction issue du troisième avenant signé le 11 juillet 2001 et publié par le décret nº 2002 1500 du 20 décembre 2002 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Busidan pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 janvier 2024 à l'issue de laquelle l'instruction a été close :

- le rapport de Mme Busidan, magistrate désignée ;

- les observations de Me Lefebvre-Goirand, substituant Me Barreiro, représentant Mme B, absente à l'audience ; Me Lefebvre-Goirand s'en rapporte aux moyens et arguments articulés dans les écritures.

Le préfet des Bouches-du-Rhône n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne née le 7 avril 1990, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président.

3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

4. En premier lieu, par un arrêté n° 13-2023-10-10-00005 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 13-2023-250 du 10 octobre 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône a donné à M. C D, sous-préfet directeur du cabinet dudit préfet, compétence à l'effet de signer les décisions en litige, dans le cadre des permanences devant être assurées par les membres du corps préfectoral débutant à 18 heures les vendredis et veilles de jours fériés et prenant fin le lundi ou le lendemain du jour férié à 8 heures. Alors que M. D a signé l'arrêté attaqué le dimanche 3 décembre 2023 et que la signature apposée sur cet acte est précédée de la mention " Le Sous-Préfet de permanence ", aucun texte ni aucun principe n'impose la formalisation de la décision préfectorale désignant un sous-préfet pour assurer une permanence de fin de semaine. Par suite, et alors que la requérante ne fait état d'aucun élément permettant de douter que M. D avait été désigné par le préfet des Bouches-du-Rhône pour assurer la permanence incluant la journée du dimanche 3 décembre 2023, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté comme manquant en fait.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

6. L'arrêté cite, outre l'identité de l'intéressée, ses date et lieu de naissance, ainsi que sa nationalité, les conditions de son entrée déclarée sur le territoire français, les circonstances qu'elle a été interpellée pour vol à l'étalage, menace de mort et violence en réunion, qu'elle n'allègue pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine dans lequel réside sa famille à l'exception d'une soeur, qu'elle a vu sa demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade rejetée après avis défavorable de l'OFII émis le 27 août 2021, ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, s'est déjà soustraite à une précédente obligation de quitter le territoire français prononcée le 2 novembre 2021, a déclaré ne pas vouloir retourner en Algérie, enfin l'absence des circonstances humanitaires. Reprenant une partie des motifs déjà énoncés, l'arrêté présente également une motivation spécifique concernant l'interdiction de retour sur le territoire et sa durée évoquées par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Alors que le préfet n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de l'intéressée, ces énoncés permettent à la requérante de comprendre le sens et la portée des décisions attaquées à leur seule lecture, la mettent en mesure de les discuter utilement et permettent au juge d'en contrôler les motifs. Par suite, alors que l'arrêté en litige comporte les considérations de droit qui le fondent, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/() 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Aux termes de l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". Il résulte de ces dispositions que, dès lors qu'il dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le préfet doit, lorsqu'il envisage de prendre une telle mesure à son égard, et alors même que l'intéressé n'a pas sollicité le bénéfice d'une prise en charge médicale en France, recueillir préalablement l'avis du collège de médecins de l'OFII.

8. Pour établir qu'en raison de son état de santé la décision en litige méconnaîtrait les dispositions précitées, Mme B verse au dossier une attestation rédigée le 4 décembre 2023 par une psychiatre exerçant au sein de l'Assistance Publique Hôpitaux de Marseille (APHM), selon laquelle ladite psychiatre suit la requérante " pour troubles psychotiques sévères responsables de symptômes résiduels " et indique que la " patiente consulte régulièrement au centre médico-psychologique du 4ème arrondissement de Marseille depuis 2019 et s'inscrit dans une démarche de soins au long cours, justifiée par l'intensité de ses troubles et leurs conséquences sur la vie relationnelle et son autonomie ". Il ressort également des pièces versées au dossier que le service psychiatrique de l'APHM prescrit à l'intéressée la prise de six médicaments en novembre 2023 alors qu'il lui en prescrivait trois en décembre 2020 et octobre 2021. Cependant, s'il est constant que, comme l'indiquait l'avis émis le 27 août 2021 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une extrême gravité, il ne ressort pas des seuls éléments versés au dossier que, comme la requérante l'affirme, sa pathologie se serait aggravée ou que seul le suivi effectué au sein de l'APHM permettrait la prise en charge de sa pathologie. Notamment son affirmation selon laquelle elle aurait été placée en hôpital psychiatrique il y a quelques semaines n'est étayée par aucune pièce versée au dossier. Si elle soutient également que certains des médicaments prescrits ne seraient pas disponibles en Algérie, elle n'établit pas qu'ils ne seraient pas substituables. Enfin, si Mme B prétend ne disposer d'aucun revenu, cela ne saurait suffire à démontrer l'impossibilité dans laquelle elle se trouverait d'accéder aux soins dans son pays d'origine, alors qu'il n'est pas démontré qu'elle ne pourrait pas avoir accès au système d'assurance sociale dans son pays. Dans ces conditions, l'ensemble des éléments du dossier est insuffisant à établir que serait devenu caduc l'avis émis par l'OFII le 27 août 2021 indiquant que l'intéressée pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers l'Algérie, et qu'ainsi le préfet aurait été tenu de recueillir un nouvel avis de l'OFII préalablement à la décision en litige. Dans ces conditions, les moyens tirés du vice de procédure à n'avoir pas saisi l'OFII, de l'erreur de droit ou de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 611-3 9° doivent être écartés.

9. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet des Bouches-du-Rhône a pris l'obligation de quitter le territoire français attaquée sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :/ 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ;/() ". Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fondant la décision attaquée sur la circonstance que Mme B ne présenterait pas de garanties de représentation faute de présenter un passeport en cours de validité ou de justifier d'un lieu de résidence permanent ne peut qu'être écarté.

10. En troisième lieu, la requérante n'établit pas que la décision attaquée méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en se bornant à affirmer, sans présenter aucun argument à l'appui de son moyen, que ladite décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

11. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de la requérante.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

12. En premier lieu, Mme B n'établissant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays de destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ". Ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un État pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que celui-ci s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet État, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'État de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.

14. Pour soutenir qu'elle encourrait des risques en cas de retour dans son pays d'origine, Mme B fait valoir que ce renvoi aggraverait son état de santé déjà fragile et reviendrait à la soumettre à un traitement contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cependant, pour les mêmes motifs que ceux exprimés au point 8 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions et stipulations précitées contre la décision fixant le pays de renvoi, en tant qu'elle fixe l'Algérie comme pays de destination, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, Mme B n'établissant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

17. La décision portant refus de délai de départ volontaire se fonde sur la circonstance que Mme B ne présente pas de garanties de représentation suffisantes faute d'un passeport en cours de validité et sur l'existence d'une précédente mesure d'éloignement non exécutée. Alors que Mme B ne conteste notamment pas la non-exécution de cette précédente décision d'éloignement, elle entre ainsi dans le champ d'application des articles précités L. 612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant au préfet d'estimer qu'elle présente un risque de se soustraire à l'exécution de la mesure d'éloignement. Certes l'intéressée fait valoir sa pathologie psychiatrique pour soutenir qu'un délai lui est nécessaire pour organiser son départ afin d'éviter une rupture de soin à son arrivée en Algérie et assurer la continuité de son suivi thérapeutique. Cependant, alors qu'elle ne verse au dossier, par exemple, aucun échéancier des consultations suivies auprès de l'APHM, il ne ressort d'aucun document versé au dossier qu'en lui refusant tout délai de départ volontaire, le préfet des Bouches-du-Rhône aurait fait une inexacte application des dispositions précitées ou aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour en France pour une durée de deux ans :

18. En premier lieu, Mme B n'établissant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, ni celle du refus de lui accorder un délai de départ volontaire, elle n'est pas fondée à invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de l'interdiction de retour sur le territoire français.

19. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () "

20. Alors que Mme B a été interpellée le 3 décembre 2023 pour vol à l'étalage, menace de mort et violence en réunion, elle ne justifie pas être en France, comme elle l'affirme, depuis le 31 août 2018. Si elle fait valoir la présence en France d'une sœur ainsi que de neveux et nièces, Mme B qui est célibataire et sans enfant, n'établit pas être dépourvue de toute famille en Algérie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans selon ses déclarations. Comme il a été dit plus haut, elle n'a pas exécuté une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, alors que son état de santé ne peut être regardé comme une circonstance humanitaire justifiant que ne soit pas prise une interdiction de retour, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il y a lieu d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2024.

La magistrate désignée,

Signé

H. Busidan

Le greffier,

Signé

R. Machado de Andrade

La République mande et ordonne au préfet des Bouches du Rhône en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions