jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2311777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CARLINI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2023, Mme A B épouse C, représentée par Me Archenoul, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2023 par lequel le préfet des Alpes de Haute-Provence a rejeté sa demande d'admission au séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet des Alpes-de-Haute-Provence de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros à Me Archenoul en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant rejet de sa demande de titre de séjour :
- la décision n'est pas suffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet a commis une erreur de droit dès lors qu'il aurait dû faire application des stipulations de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien et des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle satisfaisait les conditions d'obtention d'un titre de séjour en sa qualité de conjoint de français et de parent d'enfant français ;
- le préfet a également commis une erreur de droit en rejetant sa demande en raison de l'absence de visa de long séjour alors que ce visa n'est pas requis ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'elle satisfaisait aux conditions d'obtention d'un titre de séjour en sa qualité de conjoint de français et de parent d'enfant français en vertu des dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- la décision n'est pas suffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant rejet de sa demande d'admission au séjour ;
- le préfet porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît également les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant délai de départ volontaire et celle fixant le pays de destination :
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont illégales par voie d'exception de l'illégalité des décisions portant rejet de sa demande d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique : le rapport de M. Gonneau, président-rapporteur, et les observations de Me Archenoul pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante tunisienne, a sollicité le 9 novembre 2023 son admission au séjour en qualité de conjoint de français et de parent d'enfant français. Par un arrêté du 21 novembre 2023, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Mme B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant rejet de sa demande de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est mariée le 20 juin 2022 avec un ressortissant français et de leur union est né un enfant le 3 mai 2023. Leur communauté de vie est établie depuis cette date par la production de pièces concordantes telles que des factures d'électricité, une attestation de responsabilité civile, des relevés bancaires d'un compte bancaire commun et des avis d'impôts. Dès lors, Mme B justifie qu'elle satisfait aux conditions posées par les dispositions précitées. Il en résulte le préfet des Alpes-de-Haute-Provence en a fait une mauvaise application.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés par la requérante, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 novembre 2023 par lequel le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a rejeté sa demande de titre de séjour. Par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination doivent également être annulées.
Sur les conclusions présentées à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ".
6. La présente décision, eu égard aux motifs qui la fondent, implique nécessairement que le préfet des Alpes-de-Haute-Provence délivre à Mme B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", ce dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées au titre des frais de l'instance :
7. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Archenoul, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à Me Archenoul.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Alpes-de-Haute-Provence du 21 novembre 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Alpes-de-Haute-Provence de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à Mme B épouse C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera une somme de 1 200 euros à Me Alice Archenoul, avocate de Mme B, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Archenoul renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B épouse C, à Me Alice Archenoul et au préfet des Alpes-de-Haute-Provence.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
signé
A. NiquetLe président-rapporteur,
signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026