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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2312024

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2312024

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2312024
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBRIAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2023, le Syndicat Mixte des Traversées du Delta du Rhône (SMTDR), agissant par le représentant légal, représenté par la SAS Abp avocats conseils, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de déterminer sur les mesures permettant de remédier aux désordres affectant les ensembles de propulsion du bac " Barcarin 5 ", d'évaluer le coût de ces mesures et d'évaluer le préjudice subi par le SMTDR.

Il soutient que les mesures sont utiles et concernent des faits qui entrent dans le champ d'un litige susceptible d'être porté devant la juridiction administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2024, la société WÄRTSILÄ France, représentée par la Selarlu Briand avocats, conclut à sa mise hors de cause.

Elle soutient que toute action à son encontre est prescrite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, la société Voith turbo, agissant par le représentant légal, représenté par Me Gruber, conclut à sa mise hors de cause et à la mise à la charge de la société requérante de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que sa mise en cause dans l'expertise n'est pas utile dès lors que, d'une part, elle n'a pas de responsabilité dans les désordres et, d'autre part toute action à son encontre est prescrite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, la société SKF Gmbh, agissant par le représentant légal, représenté par la SCP Preel Hecquet Payet-Godel, conclut à sa mise hors de cause.

Elle soutient que sa mise en cause dans l'expertise n'est pas utile dès lors qu'elle n'a pas de responsabilité dans les désordres

Vu l'ordonnance n° 1609893 du 9 octobre 2017, par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a désigné M. A comme expert avec pour mission de décrire les désordres ayant affecté les ensembles de propulsion avant et arrière du bac de " Barcarin 5 " et d'en déterminer l'origine et la ou les cause(s), et de fournir au Tribunal tous les éléments permettant au tribunal d'apprécier les responsabilités encourues dans la réalisation desdits désordres.

Vu le rapport de l'expertise de M. A du 18 avril 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B, pour statuer sur les demandes de référés.

1.Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () " ; que si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher ;

2.Il résulte du rapport de l'expertise de M. A du 18 avril 2021, que les désordres ayant affecté les ensembles de propulsion avant et arrière du bac de " Barcarin 5 ", trouvent exclusivement leur origine dans les opérations effectuées par la société Wärtsilä, relatives notamment à la conception et à l'étude du châssis et au pilotage par cette société de l'intégration des groupes de propulsion dans les salles des machines. Il ne résulte pas de l'instruction que le syndicat requérant aurait eu connaissance de l'étendue des désordres avant la date de dépôt du rapport de l'expertise le 18 avril 2021. En conséquence, il n'est pas établi que toute action relative à ces désordres serait prescrite en vertu de la prescription quinquennale invoquée en défense. Par suite la mesure d'expertise tendant à la détermination des opérations nécessaire pour remédier à ces désordres est utile en tant qu'elle concerne la société Wärtsilä.

3. En revanche, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que les faits concernés par la mesure d'expertise ne sont pas susceptibles de se rattacher à un litige mettant en jeu la responsabilité de la société SKF France, de la société VOITH Turboet de la société des établissements Meere, et que leur prése,ce à l'expertise n'est pas utile. Ces sociétés doivent donc être mise hors de cause. Il a lieu de faire droit la demande d'expertise au contradictoire de la société Wärtsilä et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du SMTDR le versement à la société Voith de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La société des Etablissements Meere, la société Voith turbo et la société SKF France sont mises hors de cause.

Article 2 : Monsieur D C, exerçant 42 rue des Phocéens, 13002 Marseille, est désigné pour procéder, en présence de la société Wärtsilä à une expertise avec la mission

suivante :

1°) de se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utile à l'aboutissement de sa mission et, en particulier, de prendre connaissance de tous les documents contractuels et techniques relatifs aux désordres affectant les ensembles de propulsion avant et arrière du bac de " Barcarin 5 ", constatés, et décrits dans le rapport de l'expertise de M. A déposé le 18 avril 2021 visés par la présente ordonnance, et à l'entretien, la maintenance et l'exploitation de cet ouvrage.

2°) formuler les solutions techniques permettant de faire cesser les désordres et indiquer les travaux nécessaires à la réparation ; en évaluer le coût et la durée ; préciser la plus-value éventuelle apportée à l'ouvrage par ces travaux

3°) fournir tous éléments utiles permettant au juge d'apprécier l'étendue des préjudices subis par le Syndicat Mixte des Traversées du Delta du Rhône du fait de ces désordres et de l'exécution des réparations ;

Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 4 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, cette notification peut s'opérer dans les conditions prévues par l'article R. 621-7-3.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié au Syndicat Mixte des Traversées du Delta du Rhône, à la Société des Etablissements Merre (SEEM), à la Société Wartsila France, à la Société Voith turbo et à la Société SKF France et à l'expert, M. C.

Fait à Marseille, le 17 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

J. B

La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

Le greffier

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