jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2400185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI-HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2024, et un mémoire enregistré le 30 janvier 2024, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de l'arrêté n° DP 013 001 23J0923 en date du 13 septembre 2023 par lequel le maire de la commune d'Aix-en-Provence s'est opposé à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile en vue de l'installation d'antennes sur un pylône treillis de 24 mètres, 1 770 chemin de Saint Hilaire à Aix-en-Provence ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Aix-en-Provence, à titre principal, de lui délivrer une attestation de décision implicite de non-opposition à déclaration préalable dans le délai d'un mois à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande et de prendre une décision dans le délai d'un mois à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir, aux mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est constituée compte tenu des effets de la décision en litige qui porte atteinte à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile et à l'intérêt de la société Free Mobile de tenir ses engagements relativement à cette couverture.
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité :
- le signataire n'est pas compétent ;
- le motif de refus fondé sur la méconnaissance de l'article 11-1 du règlement de la zone UC2, est illégal ;
- substitution de motif sollicitée par la collectivité territoriale doit être écartée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2024, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Andreani conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- elle sollicite une substitution de motif tirée de ce que le projet méconnaît l'article A 10 du règlement du plan local d'urbanisme qui prévoit une hauteur maximale de 10 mètres pour les équipements collectifs ou à des services publics dès lors que le projet a une hauteur de 26,20 mètres.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2310619.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gilles Fedi, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 janvier 2024 à 9 heures 30, en présence de Mme Ibram, greffier d'audience :
- le rapport de M. Gilles Fedi ;
- les observations de Me Mirabel, se rapportant au bénéfice de ses précédentes écritures, précisant que la substitution de motif n'est pas fondée dès lors que l'article A 10 n'est pas applicable et, en tout état de cause, le projet rentre dans l'exception prévue par l'article 8 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- les observations de Me Tosi, qui ne revient pas sur la condition d'urgence, et se rapportant au bénéfice de ses précédentes écritures ; précisant que l'installation méconnait les dispositions de l'article A 10 qui trouve à s'appliquer, l'exception prévue par l'article 8 n'est pas opposable.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été enregistrée le 30 janvier 2024 pour le société Free Mobile et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free a déposé une déclaration préalable relative à l'installation d'antennes sur un pylône treillis d'une hauteur totale de 26,2 mètres comprenant un paratonnerre. Par arrêté du 13 septembre 2023, dont la société demande au juge des référés de suspendre les effets, le maire d'Aix-en-Provence s'est opposé à cette déclaration préalable au motif que le projet situé en zone agricole, à proximité d'une zone boisée, a un impact fort sur le paysage environnant et ne présente pas une bonne insertion, en méconnaissance de l'article A 11-1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile 5G et aux intérêts propres de la société Free Mobile, qui a été autorisée le 12 novembre 2020 par l'autorité de régulation des télécommunications électroniques, des postes et de la distribution de la presse à utiliser des fréquences dans la bande de fréquence 3,4 - 3,8 GHz pour le déploiement de son réseau 5G et qui est soumise à un cahier des charges lui imposant notamment d'assurer l'accès à son réseau 5G à partir de 3 000 sites à compter du 31 décembre 2022, à partir de 8 000 sites à compter du 31 décembre 2024 et à partir de 10 500 sites à compter du 31 décembre 2025, et en particulier à la circonstance que la partie de territoire en cause de la commune d'Aix-en-Provence n'est pas couverte par le réseau de téléphonie mobile 5G de la société Free Mobile dans la bande de fréquence 3,4 - 3,8 GHz, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
Sur l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur de droit entachant le motif de refus fondé sur la méconnaissance du 1) de l'article A11, par le projet d'antennes, auquel ne sont opposables que le 8) de cet article est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
6. La commune sollicite une substitution de motif tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article A 10 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet excède une hauteur maximale de 10 mètres. Toutefois, il ne ressort pas, en l'état de l'instruction, que ce nouveau motif serait susceptible de fonder légalement la décision. Par suite, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de procéder à la substitution de motif demandée par la commune.
7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état de l'instruction aucun autre moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. En l'état de l'instruction, la présente ordonnance implique nécessairement d'enjoindre au maire d'Aix-en-Provence de délivrer, à titre provisoire, un certificat de non opposition à déclaration préalable à la société Free Mobile dans le délai de quinze jours à compter de la notification.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence le versement à la société Free de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 13 septembre 2023 s'opposant à la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête de la société Free Mobile tendant à son annulation.
Article 2 : Il est enjoint au maire d'Aix-en-Provence de délivrer, à titre provisoire, un certificat de non-opposition à déclaration préalable à la société Free Mobile dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune d'Aix-en-Provence versera à la société Free Mobile la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune d'Aix-en-Provence.
Fait à Marseille, le 1er février 2024.
Le juge des référés,
signé
G. Fédi
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026