mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2400380 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LOISEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 et 31 janvier 2024, le syndicat des copropriétaires de la copropriété Faubourg Saint-Barnabé, représenté par Me Dumont-Scognamiglio, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution des effets de l'arrêté du 18 juillet 2023 par lequel le maire de la commune de Marseille a délivré au centre culturel Association Ohr Menahem un permis de construire autorisant des travaux de changement de destination d'habitation en lieu de culte (synagogue), transformation du garage en surface et extension, d'une surface de plancher créée de 65 m², à destination d'autres équipements recevant du public ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Marseille et du centre culturel et cultuel Association Ohr Menahem la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le syndicat requérant soutient que :
- sa requête est recevable en sa qualité de voisin immédiat du projet et dès lors que le projet va être à la source de nuisances sonores, de circulation et de stationnement, relatives au traitement des déchets et de pertes de valeur vénale, de nature à affecter les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien ;
Sur l'urgence :
- l'urgence est présumée ;
Sur l'existence d'un doute sérieux :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- l'arrêté méconnaît les articles R. 423-50, L. 425-3 et R. 425-15 du code de l'urbanisme car la commission communale d'accès aux personnes handicapées n'a pas été saisie à nouveau pour avis à la suite des deux modifications du projet ;
- le projet méconnaît l'article UP7 du règlement de la zone UP, relatif à l'implantation de la construction par rapport aux limites séparatives et ne peut bénéficier des règles alternatives prévues à l'article 7a) de ce règlement ;
- le projet méconnaît l'article UP10 du règlement de la zone UP s'agissant de la surface totale exigée des espaces végétalisés, sans que puisse être soustraite du calcul la surface d'une bande de recul pour la voie future ;
- de plus, aucune pièce du dossier ne vient établir que la surface des espaces de pleine terre serait supérieure ou égale aux deux tiers de la surface totale des espaces végétalisés ;
- le projet méconnaît l'article UP11 du règlement de la zone UP concernant le nombre de places de stationnement requis.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 26 janvier et 1er février 2024, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite :
- les moyens relatifs à la violation des articles UP7 et UP10 du règlement de la zone UP sont inopérants ;
- aucun des autres moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Par deux mémoires enregistrés le 1er février 2024, l'association Ohr Menahem, représentée par Me Loiseau conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 3 600 euros soit mise à la charge du syndicat requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas caractérisée ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2400379.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Hogedez, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er février 2024 à 14 heures, en présence de M. Brémond, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Hogedez, juge des référés ;
- les observations de Me Dupont, représentant le syndicat des copropriétaires de la copropriété Faubourg Saint-Barnabé qui a renouvelé, en les développant ou les précisant, les moyens de la requête ;
- celles de Mme A, représentant la commune de Marseille ;
- et celles de Me Loiseau, pour l'association Ohr Menahem
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins de suspension :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une ordonnance de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion cumulative de l'existence d'une situation d'urgence et d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Sur la condition d'urgence :
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. En l'espèce, le centre culturel et cultuel Association Ohr Menahem a présenté une demande de permis de construire aux fins de changer en lieu de culte la destination d'une habitation existante, située avenue de Saint-Julien, dans le 12ème arrondissement de Marseille, y transformer le garage existant en surface de plancher et y réaliser une extension. Le syndicat des copropriétaires de la copropriété Faubourg Saint-Barnabé, implantée de l'autre côté de la voie publique où elle lui fait face, demande la suspension de l'exécution des effets de l'arrêté du 18 juillet 2023 par lequel le maire de la commune de Marseille a accordé le permis de construire sollicité. Il résulte de l'instruction, et il n'est au demeurant pas contesté, que l'autorisation en cause a été délivrée à titre de régularisation d'une activité déjà existante, que l'essentiel des travaux et aménagements autorisés sont déjà réalisés à la date de la présente ordonnance et que le surplus des travaux non encore exécutés a trait soit à la mise en sécurité des locaux en leur qualité d'établissement recevant du public, soit à une extension modérée du lieu de culte déjà fonctionnel dans un secteur non visible de la copropriété. Dans ces conditions, et alors que les nuisances de toute nature dont se plaint le syndicat requérant, liées au fonctionnement de l'association et aux activités qu'elle poursuit, lui donnent incontestablement intérêt pour agir, la condition d'urgence, telle que requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et explicitée au point 2, ne peut être regardée comme satisfaite. Il s'ensuit que les conclusions à fin de suspension de l'arrêté en litige doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'apprécier si les moyens invoqués seraient de nature à faire naître un doute sérieux sur sa légalité.
Sur les frais liés au litige :
4. La commune de Marseille et l'association Ohr Menahem n'étant pas les parties perdantes à l'instance, les conclusions présentées par le syndicat des copropriétaires de la copropriété Faubourg Saint-Barnabé sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'association Ohr Menahem sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la copropriété Faubourg Saint-Barnabé est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'association Ohr Menahem sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à syndicat des copropriétaires de la copropriété Faubourg Saint-Barnabé, l'association Ohr Menahem et la commune de Marseille.
Fait à Marseille, le 6 février 2024
La vice-présidente désignée,
juge des référés,
signé
I. Hogedez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026