Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de Mme A... qui contestait le refus de la métropole Aix-Marseille-Provence de lui accorder une aide au maintien dans les lieux via le fonds de solidarité pour le logement (FSL). Le juge a constaté que le taux d'effort de la requérante, calculé entre ses ressources et son loyer, dépassait largement le plafond de 40 % fixé par le règlement intérieur métropolitain du FSL, en application de la loi du 31 mai 1990 et du décret du 2 mars 2005. La grande précarité financière invoquée par Mme A... ne pouvait justifier l'octroi de l'aide, car elle expliquait précisément le dépassement du taux d'effort réglementaire. La solution retenue est donc le rejet de la demande d'annulation de la décision de refus.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 janvier 2024, et régularisée le 15 février 2024, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 9 janvier 2024 par laquelle la présidente de la métropole Aix Marseille Provence a refusé de lui accorder une aide au maintien dans les lieux par le fond de solidarité logement (FSL), ainsi que le rejet de son recours gracieux.
Elle soutient que :
- elle se trouve dans une grande précarité financière ;
- elle ne comprend pas les raisons du refus qui lui a été opposé ;
- elle est sans emploi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2025, la métropole Aix Marseille Provence conclut à l’irrecevabilité de la requête, et à titre subsidiaire à son rejet au fond.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante sont inopérants.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2005-212 du 2 mars 2005 relatif aux fonds de solidarité pour le logement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience publique.
Le président du tribunal a désigné Mme Caselles, première conseillère, pour statuer sur le litige en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience publique, en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Ont été entendus à l’audience publique:
- le rapport de Mme Caselles, première conseillère,
- Mme A... et la Métropole Aix Marseille Provence n’étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après l’appel de l’affaire à l’audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A... a demandé auprès de la Métropole Aix Marseille Provence le bénéfice d’une aide financière au titre du fonds de solidarité logement. Par décision du 9 janvier 2024, la présidente de la métropole Aix Marseille Provence a refusé de lui accorder cette aide. Mme A... demande l’annulation de cette décision.
2. Aux termes de l’article 1er de la loi du 31 mai 1990 visée ci-dessus, visant à la mise en œuvre du droit au logement : « (…) / Toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, en raison notamment de l'inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d'existence, a droit à une aide de la collectivité, dans les conditions fixées par la présente loi, pour accéder à un logement décent et indépendant ou s'y maintenir et pour y disposer de la fourniture d'eau, d'énergie et de services téléphoniques. / (…) ». L’article 6 de cette loi prévoit quant à lui : « Il est créé dans chaque département un fonds de solidarité pour le logement. / Le fonds de solidarité accorde, dans les conditions définies par son règlement intérieur, des aides financières sous forme de cautionnements, prêts ou avances remboursables, garanties ou subventions à des personnes remplissant les conditions de l'article 1er et qui entrent dans un logement locatif ou qui, étant locataires, sous-locataires ou résidents de logements-foyers, se trouvent dans l'impossibilité d'assumer leurs obligations relatives au paiement du loyer, des charges et des frais d'assurance locative, ou qui, occupant régulièrement leur logement, se trouvent dans l'impossibilité d'assumer leurs obligations relatives au paiement des fournitures d'eau, d'énergie et de services téléphoniques. ». Aux termes de l’article 1er du décret du 2 mars 2005 : « Le règlement intérieur du fonds de solidarité pour le logement et les règlements intérieurs des fonds locaux créés en application de l'article 7 de la loi du 31 mai 1990 susvisée précisent les conditions dans lesquelles ces fonds mettent en œuvre les dispositions des articles 6, 6-1 et 6-2 de la loi précitée. (…) ».
3. En application de l’article L. 5217-2 du code général des collectivités territoriales, une convention cadre définissant les transferts de compétences entre la métropole et le département des Bouches-du-Rhône a été approuvée par délibération du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône le 30 juin 2016 et signée le 29 novembre 2016. Un avenant a été adopté par délibération de la commission permanente du conseil départemental n° 230 du 16 décembre 2016 et signé le 27 décembre 2016 relatif au transfert de la compétence en matière de FSL. Aux termes du b) du 3. « Aides au maintien » du chapitre 6 du règlement intérieur métropolitain du fonds de solidarité pour le logement de la métropole Aix Marseille Provence : « le montant des échéances du prêt d’accession représente un taux d'effort adapté aux ressources du ménage, soit 40 % maximum ». »
4. La commission réunie le 9 janvier 2024, pour examiner la demande d’aide au maintien présentée par Mme A..., a constaté que ses ressources s’élevaient à 557,33 euros, alors que son loyer, après déduction de l’aide personnalisée au logement, s’établissait à 560,48 euros, Dès lors le taux d’effort déterminé par le ratio entre le montant du loyer et le montant des ressources du ménage est supérieur au taux de 40 % fixé par les dispositions précitées. A supposer même que la Métropole prenne en compte les allocations de retour à l’emploi dont Mme B... verse plusieurs relevés au dossier, le taux d’effort évalué à 74% resterait supérieur au plafond cité plus haut. En tout état de cause, la grande précarité financière dont Mme A... se prévaut, ne peut que justifier le refus en litige, dès lors qu’il explique que le taux d’effort admis par les textes soit largement dépassé.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et à la métropole Aix Marseille Provence.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 08 juillet 2025.
La magistrate désignée,
Signé
S. Caselles
La greffière,
Signé
S. Lakhdari
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,