jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2401791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GILBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 février 2024, M. C A, représenté par Me Gilbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 décembre 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil et la décision par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône l'a " placé en fuite " ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil à compter de la notification de la décision, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 1 500 euros à Me Gilbert au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des motifs pour lesquels il ne s'est pas présenté à l'aéroport, dès lors qu'il était hospitalisé le même jour ;
- il ne pouvait être déclaré en fuite ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation de sa vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, l'OFII conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, les conditions matérielles d'accueil de M. A ont été rétablies à compter du 20 mars 2024 de sorte que la requête est devenue sans objet ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Simeray ;
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan, a été placé en procédure Dublin le 24 avril 2023 et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile à compter du même jour. Il a fait l'objet d'un arrêté de transfert aux autorités suédoises le 28 septembre 2023. Son départ était prévu le 16 novembre 2023, mais M. A ne l'a pas honoré. Le 28 novembre 2023, il a été informé par l'OFII de son intention de prononcer la cessation des conditions matérielles d'accueil. Le 25 janvier 2024 il a demandé la requalification de sa procédure d'asile en procédure normale, demande renouvelée le 29 janvier. Par une décision du 18 décembre 2023, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation de la décision de placement en fuite :
2. La prolongation du délai de transfert, qui résulte du seul constat de fuite du demandeur et qui ne donne lieu qu'à une information de l'État responsable de la demande d'asile par l'État membre qui ne peut procéder au transfert, a pour effet de maintenir en vigueur la décision de transfert aux autorités de l'État responsable et ne suppose pas l'adoption d'une nouvelle décision. Cette prolongation n'est ainsi qu'une des modalités d'exécution de la décision initiale de transfert et ne peut être regardée comme révélant une décision susceptible de recours.
3. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A à l'encontre de la décision par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a prolongé le délai de son transfert vers la Suède, État responsable de l'examen de sa demande d'asile, sont irrecevables ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction de remise d'une attestation de demande d'asile, et doivent donc être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'annulation de la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil :
4. En premier lieu, la décision contestée vise notamment l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le requérant n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités. La décision comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et, par suite, est suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier () les personnes souffrant de troubles mentaux () ".
6. Il est constant que M. A ne s'est pas présenté à l'aéroport de B pour embarquer sur le vol vers l'aéroport de Roissy prévu le 16 novembre 2023 à 6h02. Il ressort du bulletin d'hospitalisation produit par le requérant que ce dernier s'est présenté aux services d'urgences psychiatriques de l'hôpital de la Timone le 15 novembre 2023 à 23h57 et en est sorti le 16 novembre 2023 à 6h, sans autre précision. Si M. A soutient qu'il souffre de stress post-traumatique, il n'a toutefois évoqué aucun problème de santé spécifique au cours de l'entretien individuel visant à évaluer sa vulnérabilité qui s'est tenu le 24 avril 2023 avec les services de la préfecture. Les éléments médicaux produits, notamment le certificat médical d'une psychologue de l'espace santé jeunes B, daté du 15 décembre 2023, attestant que le requérant souffre d'un état de stress post-traumatique sévère et qu'il est sujet à " des crises d'angoisse paroxystique avec un risque de passage à l'acte suicidaire qui ont conduit à plusieurs hospitalisations " et une lettre de son centre d'hébergement du 19 juillet 2023 indiquant qu'il a fait l'objet d'une crise et d'une hospitalisation le 17 juillet 2023, ne permettent pas de démontrer que son état de santé l'aurait empêché de se rendre à la convocation qui lui avait été régulièrement notifiée le 15 novembre 2023 en langue dari en vue de son transfert aux autorités suédoises. Dans ces conditions, M. A ne justifie d'aucun motif légitime lié à son état permettant d'expliquer son absence le 16 novembre 2023 et doit ainsi être regardé comme n'ayant pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation des motifs pour lesquels le requérant a refusé de se présenter à l'aéroport doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables () ".
8. M. A se prévaut de la situation de vulnérabilité dans laquelle il se trouve du fait de son état de santé. Ainsi qu'il a été dit plus haut, le requérant a fait l'objet d'un entretien de vulnérabilité lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile le 24 avril 2023, au cours duquel il n'a pas mentionné de troubles mentaux. Pour les motifs évoqués au point 6, l'OFII n'a pas commis d'erreur d'appréciation de la vulnérabilité du requérant.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées par Me Gilbert sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. SimerayLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026