lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2402351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUINSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 mars 2024 et le 23 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Quinson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de carte de séjour pluriannuelle mention " passeport talent " ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle mention " talent profession médicale " ou, subsidiairement, mention " passeport talent ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait l'article L. 421-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle remplit les conditions posées par ces dispositions ;
- elle méconnait l'article L. 421-13-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle remplit les conditions posées par ces dispositions ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de son statut.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête à fin d'annulation et au rejet des conclusions présentées par la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que Mme B a obtenu satisfaction en cours d'instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Delzangles.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, de nationalité béninoise, est entrée en France en 2020 sous couvert d'un visa D de long-séjour étudiant, valable du 16 octobre 2020 au 16 mai 2021 puis s'est vu délivrer un titre de séjour mention " étudiant " valable du 15 octobre 2021 au 14 octobre 2022. Par un courrier reçu le 26 septembre 2023 par les services de la sous-préfecture d'Istres, Mme B a demandé à bénéficier d'une carte de résident ou d'une carte de séjour temporaire mention " passeport talent ". Le 17 janvier 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône lui a délivré une carte de séjour temporaire mention " stagiaire " ne l'autorisant pas à travailler et a ainsi implicitement rejeté ces demandes. Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet des Bouches-du-Rhône :
2. Le préfet des Bouches-du-Rhône fait valoir qu'il n'y aurait plus lieu de statuer sur la requête présentée par Mme B dès lors que, postérieurement au présent recours, la demande de modification de titre de séjour de la requérante a été enregistrée le 8 avril 2024 et que l'intéressée s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail valable du 8 avril au 7 juillet 2024. Toutefois, M. B ayant sollicité la délivrance d'une carte de résident ou d'une carte de séjour temporaire mention " passeport talent ", les conclusions aux fins d'annulation de la décision en litige n'ont pas perdu leur objet. Par suite, contrairement à ce que soutient le préfet en défense, il y a lieu de statuer sur la requête présentée par M. B.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " L'étranger qui exerce une activité professionnelle salariée et a obtenu, dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national, un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " d'une durée maximale de quatre ans, sous réserve de justifier du respect d'un seuil de rémunération fixé par décret en Conseil d'Etat. / Cette carte permet l'exercice de l'activité professionnelle salariée ayant justifié sa délivrance () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a demandé, par un courrier reçu le 26 septembre 2023 par les services de la sous-préfecture d'Istres, à bénéficier d'une carte de résident ou d'une carte de séjour temporaire mention " passeport talent ". D'une part, la requérante établit être titulaire d'un diplôme universitaire " urgence vitales et situations critiques " délivré par l'université de Nantes en août 2023 qui doit être regardé comme un diplôme au moins équivalent au grade de master dès lors qu'il n'est accessible qu'aux personnes titulaires ou en cours d'obtention d'un diplôme d'État de docteur en médecine ou aux personnes titulaires d'un diplôme de médecine hors Union Européenne. D'autre part, à la date de la décision attaquée, Mme B était affectée au centre hospitalier de Martigues en qualité de praticienne associée depuis le 1er juillet 2022, pour la réalisation d'un parcours de consolidation des compétences d'une durée de deux ans et y occupait le poste de praticienne associée dans un service agréé pour la formation des étudiants de 3ème cycle de médecine de spécialité " médecine d'urgence ". Il ressort également des pièces du dossier que, après service fait, l'intéressée a bénéficié d'émoluments forfaitaires de praticien associé de 1er échelon, soit une rémunération annuelle de 36 083,21 euros brut, à laquelle se sont ajoutées des indemnités et primes afférentes à son statut. Il ressort ainsi des bulletins de salaires versés au dossier par la requérante que celle-ci a perçu, pour l'année 2023, une rémunération nette moyenne de 3 688 euros par mois. Ainsi, que Mme B remplissait, à la date de la décision litigieuse, les conditions posées par l'article L. 421-9 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour bénéficier d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent ". Il s'ensuit qu'en refusant de délivrer le titre de séjour sollicité par l'intéressée, le préfet des Bouches-du-Rhône a méconnu les dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la décision implicite du 17 janvier 2024 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de carte de séjour temporaire mention " passeport talent " de Mme B.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Eu égard à la création par la loi du 26 janvier 2024 d'une carte pluriannuelle portant la mention " talent - profession médicale et de la pharmacie ", dont les conditions de délivrance sont fixées par l'article L. 421-13-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et en application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer la situation de Mme B dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 8 jours, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 17 janvier 2024 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de Mme B de bénéficier d'une carte de séjour temporaire mention " passeport talent " est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer la situation de Mme B dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 8 jours.
Article 3 : L'État versera une somme de 1 200 euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024
La rapporteure,
Signé
B. Delzangles
Signé
Le président,
P-Y. GonneauLa greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026