jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2402932 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MIALOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés les 26 mars et 16 avril 2024, M. D H, M. I F, M. E B, M. C A, représentés par Me Susini, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n° PC 013 001 23 JO109 du préfet des Bouches du Rhône en date du 5 octobre 2023 délivrant un permis de construire à Aix Marseille université ensemble la décision du 22 janvier 2024 de rejet du recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat et de Aix Marseille Université la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de 13 euros au titre du droit de plaidoirie.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est présumée satisfaite en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, les travaux sont en cours d'exécution et leur réalisation aurait un caractère irréversible ; en outre, la situation résulte du comportement des défendeurs qui n'ont pas attendu l'issue du délai de recours contentieux pour démarrer les travaux, dont le coût avancé en cas de suspension est contestable ;
- tous propriétaires de leurs biens, ils disposent d'un intérêt leur donnant qualité pour agir contre le permis en litige, leurs appartements étant situés face au projet litigieux qui va engendrer de nombreux préjudices altérant les conditions d'occupation, de jouissance et d'utilisation de leurs biens ;
- les conditions de l'article L. 600-1-3 du code de l'urbanisme sont respectées, tout comme celles de l'article R. 600-1 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige :
* elles ont été signées par une autorité incompétente ;
* le maire d'Aix en Provence n'a pas régulièrement formulé d'avis, celui mentionné par la décision n'étant pas daté, et la preuve de la saisine régulière n'étant pas apportée ;
* le projet de décision n'a pas été transmis au maire d'Aix en Provence en méconnaissance de l'article R. 423-74 du code de l'urbanisme ;
* le projet méconnait les dispositions de l'article 1 AU2 du PLU et l'OAP Pont de l'Arc, le parking prévoyant 90 places au lieu des 60 initialement envisagées et engendrant une nouvelle circulation de véhicules incompatible avec ses objectifs ;
* il méconnait l'article 1 AU 5 du PLU, le bâtiment bibliothèque étant prévu sur un espace vert à préserver ;
* il méconnait les articles 1 AU 11 et UM 11 du PLU, ne constituant pas une extension, il ne respecte pas l'identité architecturale de la bastide identifiée comme bâti patrimonial ;
* il méconnait l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en ne s'intégrant pas dans l'environnement remarquable existant ;
* il méconnait les dispositions de l'article 4 applicables aux éléments de patrimoine bâti, la démolition entreprise de la bastide compromet son intérêt historique, culturel et son inscription dans le site ; en outre la réalisation des bâtiments projetés ne peut s'analyser comme une extension ;
* il méconnait l'article 2 relatif aux dispositions applicables dans les secteurs issus du zonage d'assainissement pluvial en prévoyant seulement 315 m3 en capacité de rétention au terme d'un calcul erroné ;
* il méconnait l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, en omettant d'identifier sur le plan de masse les cotes rattachées au système altimétrique de référence des plus hautes eaux, le pétitionnaire n'a pas mis l'autorité compétente à même de s'assurer du respect du niveau des planchers ;
* il méconnait les dispositions de l'article 1.1 du titre III du PLU concernant le risque inondation et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, les bâtiments aggravant la vulnérabilité des lieux et un tel projet représentant un risque sérieux pour la sécurité publique ; à titre subsidiaire, aucun élément ne permet de s'assurer que les mesures de mitigation adaptées ont été prises et que le niveau des planchers soit calé à une cote PHE + 0, 20 m ;
* il méconnait les dispositions de l'article 1.1 A2 du PLU, la clôture sur mur bahut plein en façade nord ne respectant pas ses prescriptions et aucun dispositif permettant l'emportement des véhicules du parking n'étant prévu ; ces vices sont reconnus par la préfecture ce qui a valeur d'aveux judiciaires ;
* il méconnait les dispositions des articles 1 AU 10 et UM 10 du PLU, en prévoyant des hauteurs supérieures à la dérogation autorisée sans qu'il ne soit apporté de justifications pour bénéficier de la dérogation spécifique aux constructions d'intérêt collectif ;
* il méconnait les dispositions des articles 1 AU 5 et UM 5 du PLU, le quota d'arbres n'étant pas atteint ;
* il méconnait les dispositions des articles 1 AU 3 et UM 3 du PLU ainsi que l'article R. 111-2 du code l'urbanisme, la nouvelle voie prévue ne respectant pas la largeur prescrite et la circulation aisée des engins de secours n'étant pas assurée ;
* il méconnait les dispositions de l'article R. 431-16 j) du code de l'urbanisme, le dossier de demande visant la règlementation RT 2012 alors que c'est la RE 2020 qui trouvait à s'appliquer et ce dossier n'étant pas signé ;
* la suspension ne saurait être refusée sur le fondement des jurisprudences citées qui ne trouvent à s'appliquer qu'à titre exceptionnel et lorsqu'il est porté une atteinte à l'intérêt général d'une particulière gravité ;
* une suspension partielle de l'arrêté en litige n'est pas possible.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet des Bouches du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, Aix- Marseille Université, représentée par la SELARL Mialot avocats, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'urgence justifiant la suspension n'est pas établie, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la réalisation de la construction litigieuse, et aux lourdes conséquences financières d'une suspension ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n°2402838 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Salvage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus lors de l'audience publique :
- le rapport de M. Salvage ;
- les observations de Me Susini, pour les requérants, qui conclut aux même fins par les mêmes moyens ;
- les observations de M. G pour le préfet des Bouches du Rhône, qui persiste dans ses écritures ;
- les observations de Me Poulard, pour Aix-Marseille Université, qui persiste dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. H, M. F, M. B et M. A demandent au juge des référés la suspension de l'arrêté du préfet des Bouches du Rhône en date du 5 octobre 2023 délivrant un permis de construire à Aix Marseille université ensemble la décision du 22 janvier 2024 de rejet de leur recours gracieux
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (). ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens développés ci-dessus n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête et sur l'urgence, les conclusions à fin de suspension présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat et Aix Marseille Université, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, versent aux requérants quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y en outre pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants les sommes demandées par Aix Marseille université à ce titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par MM. H, F, B et A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Aix Marseille Université au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. I F, M. E B, M. C A, à Aix-Marseille Université et au préfet des Bouches-du-Rhône
Fait à Marseille, le 18 avril 2024
Le juge des référés,
signé
F. SALVAGE
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026