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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2403209

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2403209

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2403209
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVOSKARIDES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 avril 2024 le préfet des Bouches-du-Rhône demande au juge des référés de suspendre l'arrêté n° PC 013 007 23 A0015 du 18 septembre 2023 par lequel le maire de la commune d'Auriol a délivré à Mme A B un permis de construire portant sur une extension d'une habitation existante.

Il soutient que sont propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué les moyens tirés de ce que :

* l'extension projetée ne respecte pas les dispositions de l'article 2 b) de la zone A du PLUi, qui trouvent bien à s'appliquer, en ce qu'elle dépasse les 30 % autorisés ;

* les dispositions de l'article 13 du PLUi et de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme sont méconnues, en l'absence de présentation des attestations nécessaires du SPANC.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Voskarides, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'Etat la somme de 1 000 € au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 avril 2024, la commune d'Auriol, représentée par Me Schwing, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le déféré préfectoral n° 2403208

Vu :

- le code de l'urbanisme,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Salvage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A l'audience publique du 24 avril 2024, en présence de M. Benmoussa, greffier d'audience, ont été entendus :

- le rapport de M. Salvage, juge des référés ;

- les observations de M. C, représentant le préfet des Bouches-du-Rhône, qui abandonne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13 du PLUi, et maintient son argumentation quant au caractère opposable des dispositions de l'article 2b) de la zone A, la nécessité de la présence permanente sur l'exploitation n'étant pas établie ;

- les observations de Me Voskarides, représentant Mme B, présente, qui a développé son argumentation quant à la nécessité d'une présence permanente sur l'exploitation au-delà d'une simple commodité ;

- les observations de Me Schwing, représentant la commune d'Auriol, qui persiste dans ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 18 septembre 2023 par lequel le maire de la commune d'Auriol a délivré à Mme A B un permis de construire portant sur une extension d'une habitation existante. Le préfet des Bouches-du-Rhône demande la suspension de cette décision.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 554-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3ème alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales ci-après reproduit : / " Art. L.2131-6, alinéa 3.- Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. ".

3. Les dispositions de l'article 1 de la zone A du règlement du PLUi autorisent, en secteur A2, dans lequel se trouve le terrain d'assiette du projet, les constructions à usage d'habitations de logement sous condition qu'elles soient nécessaires à l'exploitation agricole. Selon les dispositions de l'article 2 b), " en A2 et nonobstant les articles 1 et 2a sont également admises les extensions et les constructions annexes des constructions légales existantes à la date d'approbation du PLUi de la sous-destination logement qui ne sont pas nécessaires à l'exploitation agricole à condition : () que la surface de plancher totale des extensions soit inférieure ou égale à 30 % de la surface de plancher de la construction à la date d'approbation du PLUi () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que la construction existante dont l'extension est demandée développe une surface de plancher de 98 m2. Le préfet soutient que, la nécessité d'une présence permanente sur l'exploitation n'étant pas démontrée, les dispositions de l'article 2 b) trouveraient à s'appliquer, et non comme la défense le fait valoir celles de l'article 1er, et l'extension ne pourrait être autorisée qu'à hauteur de 29, 4 m2 et non des 52 m2 demandés. Toutefois, dans les circonstances particulières de l'espèce, eu égard à la nature limitée du projet et aux éléments apportés par la défense quant à la nécessité d'une présence permanente l'essentiel de l'année, en l'état de l'instruction, le moyen n'est pas propre, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

5. Il s'ensuit que les conclusions à fin de suspension présentées par le préfet doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

6. Il y a lieu, dans les circonstances, de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 750 euros à la commune d'Auriol et de 750 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : L'Etat versera somme de 750 euros à la commune d'Auriol et de 750 euros à Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet des Bouches-du-Rhône, à la commune d'Auriol et à Mme A B.

Fait à Marseille, le 24 avril 2024.

Le président,

Signé

F. SALVAGE

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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